Ep. Nadal, I
recitassent les sept Psaumes penitentiaux avec les Litanies des saints, aux intentions de S. A. Mais le conseil de ville, aux premiers travaux entrepris, intervint avec colere et contesta la validite de la donation ducale, vu que la muraille appartenait a la cite, non au prince. Un malin ajouta a cette chicane une mauvaise plaisanterie : les fondations creusees pour la batisse des jesuites furent comblees. Le due Hercule eut beau se mettre en courroux, les conseillers citerent les jesuites a comparaitre, leur reprocherent d'etre des etrangers et des intrus. Le recteur du college se contenta de repondre : Si nous vous laissons ce terrain conteste, nous en offrirez-vous un autre ? Les magistrats se turent. Le mauvais vouloir etait evident et semblait irreductible. En outre, les Freres Precheurs, qui avaient d'abord consent! a la vente d'un jardin attenant a la concession ducale, finirent par s'y refuser, faisant sonner leurs privileges. En depit de la grande amitie qu'il temoignait aux jesuites, le due Hercule conseilla de tout laisser en suspens 1 .
Quand il se rendait en Allemagne avec Laynez, Nadal avait passe deux jours a Bologne (mars). II etait alors question de transferer le college dans une maison voisine de Peglise Saint- Andre. Les revenus de cette eglise, appartenaient a la cathedrale; mais 1'application de ce benefice au college avait etc concede par Jules III. La mort du pape ayant precede 1' expedition du bref pontifical, tout fut remis en question. Nadal passant la (23-31 aout 1555) jugea, vu les difficultes soulevees a Bologne par la cession du benefice, qu'il fallait conserver 1'ancien domicile, a Sainte-Lucie. II ne valait pas, loin s'en faut, celui qu'on aurait eu a Saint-Andre, mais la paix meritait ce sacrifice; et d'ailleurs, les proprietaires des maisons voisines etaient disposes a les vendre pour donner aux Peres le local suffisant pour les classes. Nadal ne voulait pas de construction nouvelle, mais une simple adaptation des maisons achetees. Tandis que les travaux etaient en cours, de maitres
i- Ci-on., V, 147; Ep. Nadal, I, 328-329.
murs s'ecroulerent ; 1'architecte fut d'avis qu'il fallait tout abattre pour batir a nouveau. Le recteur de Bologne, Francois Palmio, trouva, aupres des amis du college, les 700 ecus d'or necessaires pour payer les frais de ces constructions imprevues 1 .
A Genes, des heurts s'etaient produits entre le recteur Antoine Soldevilla, et le surintendant, Jean-Baptiste Viola. Ignace, saisi de 1' affaire par Viola, avait remplace Soldevilla par Loarte. Celui-ci, d'abord triste en face des difEcultes qu'il redoutait, se fit peu a peu une ame courageuse.. La situation pourtant n' etait guere brillante : 1'eglise du college avait ete prise par la confrerie qui en avait cede 1'usage, la maison etait incommode et ruineuse, les ressources, insuffisantes et precaires. L'archeveque Sauli offrait bien une rente annuelle 2 ; mais tout etait encore a regler, lorsque Nadal quitta Genes, au milieu de decembre 1555.
Partout la question fmanciere etait douloureuse. En Allemagne, le roi des Romains et le due de Baviere rivalisent de zele, et ils pourvoient, en principe, a la fondation des colleges. L'execution des promesses a grand peine a suivre. Les jesuites doivent se debattre avec les agents du tresor, qui se plaignent des dettes publiques et alleguent les depenses que necessite la preparation de la guerre contre les Turcs 3 .
A Barcelone, Nadal avait conclu qu'il fallait vivre d'aumones, en ferveur de charite , jusqu'a ce qu'on fut a meme d'obtenir les revenus d'une abbaye pour le college 4 . A Cordoue, malgre un contrat passe avec la ville, et la bonne volonte de Jean de Cordoue et de son frere Antoine devenu jesuite, beaucoup de rentes demeurent in spe 5 . Le docteur Vergara aide beaucoup le college d'Alcala et le P. Villenueva cleploie une grande activite; ce neanmoins, la maison a pres de 500 du-