Ibid., I
d'autant que celui-ci avait les voix de tous ses collegues 1 .
La mort d'Olivier, la mort d'Ignace, le rappel de Ribadeneyra a Rome, mirent fin aux tribulations et a la mission du commissaire.
Cependant Nadal etait reparti pour 1'Espagne. Sa mission consistait surtout a recueillir des ressources pour le college remain. Son autorite etait limitee en Espagne par celle de Borgia, en Portugal par celle de Gonzales de Camara. Tout en se rendant compte des choses, il ne devait rien faire qu'en accord avec ces deux Peres, en qui Ignace avait la plus entiere confiance 2 . En fait, la correspondance de Nadal jusqu'a la date de la mort d'Ignace, ne contient rien de saillant sur 1'Espagne, si ce n'est le desir intense qu'il garde au coeur de travailler, si on 1'y emploie, au salut de I'Allemagne 3 .
Par tout le recit qu'on vient de lire, on se rend compte que, jusqu'a la fin, Ignace demeure I'&me vivante de son Ordre. II a beau deleguer son autorite dans sa plenitude a des hommes de sa confiance, Ribadeneyra, Nadal lui-me'me n'agissent que dans les limites de leur mandat; s'ils ont des plans d'action, ils les soumettent humblement et se rangent aux decisions re9ues de Rome.
Quant a la Compagnie de Jesus, elle est, suivant les lieux et les hommes, plus ou moins exactement dans la ligne tracee par le fondateur; mais en general, la bonne volonte est grande partout. Pendant treize ou quatorze ans, 1' Ordre a vecu sur la formule de 1540, laquelle laisse beaucoup a determiner. Ignace a supplee a cette indetermination par des decisions particulieres, multipliees selon les besoins. A mesure que le nombre aaugmente, etque les entreprises apostoliques se sont etendues, la difficulte est apparue plus grande de reduire a 1' unite un si grand corps. Le texte du code redige par Ignace, les commentaires que Nadal en a faits ont enfin rendu partout preserite, nette et efficace, la pensee du fondateur.