Scr. de S. Ign., I
jusqu'a ii ou 12 seolastiques, parmi lesquels le fils du due de Bivona. La mme annee, il se separa aussi de don Theotonio, frere du due de Braganee. Le jeune prince etait entre dans la Compagnie en 1547. Fervent, mortifie, il fut au debut F edification de tout le noviciat. Quand vint la crise provoquee par I' affaire de Rodrigues, il s'enteta, revoke qu'on cut enleve de Lisbonne un pareil homme. Un sejour a Alcala, le voyage de Rome ne changerent rien a eette humeur obstinee. Ignace perdit son temps a medicamenter ce malade orgueilleux; ni sa patience, ni sa fermete ne purent plier cette tete dure. A la fin, fatigue des rigueurs de la discipline religieuse, Theotonio demanda a sortir de 1'Ordre 1 . Ignace pria 1'ambassadeur de Portugal d'en informer Jean III, et il ecrivit au due de Bragance, frere du religieux infidele :
Votre Seigneurie Illustrissime peut en etre assuree x nous avons eu ici un tres special desir, et nous avons en consequence pris les moyens qui ont paru les meilleurs, pour qu.e don Theotonio trouv^t la paix et se regl^t comme il convient a un veritable religieux et serviteur de Dieu; d'autant que son sang meme robligeait a se signaler plus qu'un autre en tout ce qui est de notre institut, s'il voulait y rester. Mais, apres avoir tente tout ce que Dieu Notre-Seigneur nous donnait de connaitre, nous n'avons pas reu.ssi a ce que nous pretendions. II ne nous reste plus qu'a prier la divine bonte, afin que par un autre chemin don Theor tonio regie sa vie au service du Seigneur 2 .
Mandant la penible nouvelle a D.ona Isabel, femme du due de Bragance, Ignace ajoutait :
Quel que soit Fetat qu'embrasse don Theotonio, la Compagnie et moi 1'aimerons toujours, et par nos prieres et tous autres moyens en notre pouvojr, nous tacherons de l'aid;er a servir Dieu Notre-Seigneur et a sauver son arne. La charke nous y porte; ainsi que le temps et la peine que jusqu'ici
1. Cron., VI, 742, 750. Ep. et instr., IX, 545, 546; Cartay,IIl, 164, 165.