‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 274 sur 396 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

malades, il n'epargnait rien pour, les soigner. II aurait rougi d'envoyer a I'hopital, meme un novice de quelques jours et sans instruction; ceux qui ont tout laisse pour suivre le Seigneur lui paraissaient meriter toutes les depenses. A la fin de sa vie, lorsqu'il etait deja decharge d'une part de son fardeau de general, il voulut garder le gouvernement de 1'infirmerie. Quoique tres soucieux de la pauvrete, de ses exigences, de ses rigueurs meme, il n'aimait pas, et il reprenait, les ministres ou les procureurs, etroits dans leurs vues et plaignant leur bourse 1 .

Les ames tentees avaient en lui un medecin admirable, sagace en ses observations, fertile en ressources, heureux et varie dans ses ordonnances, et d'un devouement a toute epreuve 2 . Avec ses conseils, il donnait des veilles saintes, des prieres prolongees, des jeunes; le cas echeant, il racontait sa vie, pour eclairer 1'esprit obscurci et soutenir le coeur defaillant des religieux en detresse. Combien sa main adroite et forte en a retenus dans leur vocation, alors que, le diable aidant, ils allaient la delaisser pour revenir au monde.

Sa discretion dans le gouvernement etait sans pareille. II tenait en principe que les reglements sont indispensables dans une communaute. II en fit de bonne heure, pour les Iniguistes, meme avant de savoir si jamais il fonderait un . Ordre religieux. Mais jamais homme ne fut moms persuade que lui, que les reglements suffisent a tout. Appliques mecaniquement, ils entravent la vie qu'ils devraient developper. Gouverneur eminent, Ignace de Loyola apportait, dans son action de chef, un discernement rare. On aurait dit que son regard percevait, au dedans des ames, les ressorts caches de leurs mouvements. De cette connaissance exacte du naturel propre on de 1'etat d'ame actuel de chacun, il deduisait comment se conduire, avec une fermete et une souplesse incomparables 3 .

Pour les coadjuteurs temporels, il n' etait pas ami d'une instruction developpee, craignant avec raison que la vanite du

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