Ep. et instr., VIII
II arriva un jour au P. Ponce Cogordan de raconter a table qu'un cardinal, chez lequel il avait dine pen auparavant, avait regale de lamproie ses invites. Vous parajt-il juste, reprit ignace, que vous mangiez des lamproies, pendant que vos freres mangent des sardines ? Vous acheterez des lamproies pour tous YOS freres. Par cette saillie, le general voulait dormer une 169011 a la pa.rcimonie habituelle 4e Cogordan 1 , Mais il eut etc tres fache que le procureur, re'agissant contre sa nature, se fut preoccupe d' organiser des menus ordinairement somptueux. Une fois, quelques Peres de la maison professe re9urent, pour tout plat, deux ou trois oeufs par convive ; apres quoi on leur apporta quelques cure-dents converts de feuilles de gauge. Qn nqus offre de quoi nettoyer nos dents, observa plaisarnment 1'un des Peres, alors que nous n'avpns pas eu de qiaoi les salir. Lorsqu'on lui conta 1'aventure, Igiiace la gouta fort. II voulait pour les siens une table propre, mais pauvre 2 .
Quand on lui ecrit de Ferrare, de Mo4ene, de Palerme, de Naples, de Barcelpne, d'Alcala, de Louvain, de Paris, que les bourses sont vides, les aumones rares, les fondations insufr fisar;tes, les santes ebranlees, il anime ceux qui souffrent a offrir leurs privations au Seigneur et a compter sur la Providence. A Rome non plus, on n'est pas riche, et les vivres sont chers; le personnel est nombreux et la pitance est maigre; on vit tout de meme. Dieu y pourvoit, il y pourvoira partput ? . Les superieurs ne doivent absolument pas laisser souffrir les malades ; et il faut que les scolastiques aient les forces requises par leurs etudes. Si, maigre la diligence des superieurs, on manque du necessaire, que Ton se souvienne des exemples de Jesus- Christ et du denument des missionnaires, pour garder son Sme dans une paisible patience 4 . La pauvrete aide dominer les vices, ouvre la porte aux inspirations du Saint-Esprit,