‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 284 sur 396 · Ibid., IV · texte numérisé non relu

Ibid., IV

464 LE FONOATEtm D'ORDSE

concilie J'amitie du roi eternel. Elle fait des homines', elle protege les consciences et les couvents mieux qu'un fosse ou uii rempart ne font une ville assiegee; elle donne le secret d'une joie que les richesses ne donneront jamais. Quiconque ne sait pas s'accommoder d'etre meprise, d'etre mal couche, mal nourri et mal vetu, n'aime la pauvrete qu'en paroles 1 .

L'obeissance est aux yeux du fondateur, la marque distinctive des vrais jesuites. C'est une pensee qui lui est chere, familiere; il n'en est point qu'il ait inculquee aux siens plus souvent, avec plus de force et jusqu'a la fin de sa vie 2 . Tout le monde sait qu'il y a de lui sur 1'obeissance une lettre fameuse qui est devenue, pour ainsi parler, classique parmi les Ordres religieux modernes. Mais ce document defmitif (1553) a ete precede de plusieurs esquisses (1547-1548) dans lesquelles se retrouvent la meme doctrine, les memes raisonnements, la meme persuasion que nul indocile n'est a sa place dans la Compagnie de Jesus 3 . L'annee qui precede sa mort, 1'homme de Dieu manda un jour pres de lui, le P. Philippe Vito, collaborateur de Polanco au secretariat de 1'Ordre, et il lui dicta quelques reflexions sur 1'obeissance 4 . Comme si les Constitutions la-dessus n'etaient pas assez claires; comme s'il craignait que ses enfants ne comprissent jamais assez a quel prix ils devaient estimer cette vertu.

Pour revenir a la lettre de 1553, jamais personne n'a parle de 1'obeissance avec plus de noblesse, de vigueur et de penetration. Polanco a tenu la plume, insere les citations utiles, cherche les exemples, aligne les raisons. L'inspiration de cette le?on magistrale a jailli du cerveau et du cceur d'Ignace. Cette forte et chretienne conception du principe d'autorite est a demeure dans son esprit. Sous le coup douloureux des f&cheuses nouvelles re9ues de Lisbonne, il a cru de son devoir

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