Ibid., I
moralite de 1'histoire de Rodrigues contee au long plus haut. Dans cette volonte d^bile un reste d'esprit religieux fumait comme une meche mal eteinte. En souvenir des jours ardents de Lisbonne et de Montmartre, en souvenir de Jean III aussi, Ignace fit comme s'il esperait voir se rallumer le feu sacre d'autrefois.
C'est a la lumiere des memes pensees de foi, qu'il traite les affaires, avec les grands ; et de la la noblesse, la souplesse et la fermete de sa conduite; il sait a la fois menager les puissants et garder, avec 1'independance de son gouvernement, la liberte apostolique de son Ordre.
Certes, il a pour les papes et les rois un souverain respect. II leur parle et il parle d'eux, avec les formules les plus deferentes; son langage n'est pas Pobservance d'une politesse courtisanesque; il est 1' expression de son Sme feodale et chretienne. Les princes et les pontifes sont pour lui comme des images de Dieu ; sa foi voit etinceler sur leur front un reflet d'en haut, devant quoi il s'incline. Toutefois, il est persuade que certains points de Tlnstitut sont tellement voulus de Dieu qu'il trahirait Dieu en les livrant. Et il ne les livre point.
Telle, par exemple, Pexclusion des dignites ecclesiastiques. Dans les missions, parmi les paiens, un eveche est un lieu de travaux et de souifrances, sans aucun danger d'honneur mondain et de revenus tentateurs. Ignace ecrira des lettres pressantes 1 a Ovie"do, a Nunez, pour qu'ils se laissent sacrer patriarches d'fithiopie. Mais, en Europe, la question est autre. Autre sera la resolution du saint. Le roi des Remains, Ferdinand, ne put jamais obtenir de lui qu'il consentit a ce que Le Jay devint eveque de Trieste 2 , et Canisius 3 eveque de