‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 296 sur 396 · Ep. et instr., II · texte numérisé non relu

Ep. et instr., II

Le livre fut imprime avec le nom de Fauteur, Ignace s'en etant remis la-dessus a la decision de ses conseillers, et les ouvrages anonymes n'etant pas toleres dans les litats pontificaux, Polanco y mit, sans la signer, une courte preface, a quoi il ajouta les attestations romaines. Le libraire Antoine Blado mit le livre en vente, le u septembre 1548. Le 20, six exemplaires partirent a 1'adresse de Borgia, c'etait justice ; on lui devait le bref de Paul III et il avait paye* les 22 ducats que coutait 1'impression 1 .

La cause semblait finie. Pour des homines aussi passionnes que Siliceo et Cano, elle rie pouvait 1'etre. La bulle Regimini Ecclesice militantis ne suffisait pas a leur imposer le respect de la Compagnie de Jesus ; comment un simple bref leur aurait-il impose le respect des Exercices? Et qu'importait a Cano que deux dominicains, Foscarari et Alvarez de Toledo, se fussent portes garants de 1'orthodoxie d'Ignace ? De sa main il chargea les marges du livre de censures, qu'il communiqua au primat d'Espagne 2 . Siliceo nomma une commission ou le dominicain Thomas Pedroche joua le principal role. Nous avons le texte de ses conclusions motivees 3 ; il trouve a redire a quinze passages du livre, a la preface et meme au bref pontifical. Bien que non imprimees, ces remarques desobligeantes et mal fondees firent leur chemin a travers les Espagnes.

Des amis de Valladolid en avertirent Araoz, lequel prevint (20 decembre 1553) Borgia et Nadal 4 et aussi Ignace 5 . Outre les objections de Cano et de Pedroche il y avait encore celles du P. Mancio, lecteur de la chaire de Saint-Thomas, a Alcala 6 . Inquiet de cette coalition de trois dominicains avec Parcheveque de Tolede, Araoz songeait a quelques moyens de defense ; il conviendrait, pensait-il, de provoquer un jugement de PUniversite de Coi'mbre, quelque lettre de Jean Avila, et du fameux

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