‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 319 sur 396 · Cron., I · texte numérisé non relu

Cron., I

sainte ardeur pour la reforme de 1'Iiglise dont temoigne le consilium aureum, et cette cordiale amitie pour Ignace qui jamais ne se dementit. On devine comment un pareil ami dut et sut s'employer aupres de Paul III, pour que le Pontife accordat a Ignace la plus entiere confiance. II devait infailliblement reussir.

Du long conclave de 70 jours qui s'acheva le 7 fevrier 1550, sortit pape le cardinal Giovanni Maria del Monte, qui prit le nom de Jules III. II n'etait pas un ascete; et son premier soin fut de donner la pourpre a quatre de ses neveux a peine adolescents, dont un surtout meritait plus de corrections que d'honneurs. Mais cette faiblesse n'empecha pas Jules III de s'occuper de la reforme de 1'figlise. Sous son predecesseur, il avait etc legat a Trente. Des la premiere annee de son regne, il decida la reprise des travaux conciliaires. Du i er mai 1551 au 28 avril 1552, les Peres assembles tinrent six sessions. Puis des bruits de guerre les disperserent 1 .

Le Pontife usa envers la Compagnie de Jesus de la plus grande bienveillance. Tandis qu'il presidait le Concile de Trente, il avait vu a 1'oeuvre Laynez, Salmeron, Le Jay, Canisius. Le savoir et 1' esprit evangelique de ces hommes avait conquis sa confiance a jamais. Aussi la premiere audience accordee a Ignace de Loyola fut-elle pleine de cordialite. Lorsque le pape, entendit de la bouche du chef de la Compagnie, le recit des merveilles accomplies par ses fils dans les missions des Indes, du Bresil et de 1'Afrique, il ne put retenir ses larmes; bien volontiers il etendit a ces chretientes nouvelles le benefice de la grace du Jubile, a la seule condition, ajouta-t-il aimablement, que les missionnaires auraient pleine autorite pour 1'application de ces faveurs spirituelles. Comme Ignace se retirait comble, le pape se mit a parler des besoins temporels de la maison professe, interpella un des prelats presents pour lui dire de lui rappeler ce point; et commanda, au general confus, au nom de Tobeissance due an Pontife

i. Pastor(tr. fr.), XII, 46-51, 76-85, 97-118,

romain, de lui exposer a lui-meme toutes les necessites de la communaute 1 .

Quelques mois apres, la bulle Exposit debitum (21 juillet 1550) confirma 1'approbation donnee par Paul III a 1'Ordre naissant. Considerant, dit le pape, que la Compagnie, dans son louable institut, la vie exemplaire d'Ignace et de ses compagnons, ne contient rien qui ne soit pieux et saint, et que tout y est achemine au salut de ces. religieux et des autres fideles du Christ et a 1'exaltation de lafoi...nous les recevons sous notre protection et celle du Siege apostolique, nous approuvons, confirmons et revalidons, avec une plus grande force et pour jamais, la fondation et institution de la Compagnie et I'accroissement du nombre de ses membres et 1'admission de coadjuteurs, et tous les privileges, immunites, exemptions, licences, et la faculte de faire et modifier les statuts et ordonnances, et tous les autres indults et graces accordees par notre predecesseur, sous quelque forme et teneur que ce soit 2 ...

Difficilement, Jules III aurait pu mieux temoigner combien lui agr6ait 1'ceuvre d'Ignace de Loyola. Celui-ci repondit a cette extreme bienveillance, en maintenant les liens de fidelite, par lesquels, des la premiere heure, il avait attache sa Compagnie au service du Siege apostolique. Dans les Constitutions qui furent elaborees sous le pontificat de Jules III il n'omet aucune occasion de rappeler a ses enfants 1'obligation du devouement le plus absolu au vicaire de Jesus- Christ. Pas une entreprise ne se fit, a Rome ou ailleurs, sans 1'agrement et la benediction du Pontife; qu'il s'agit de fonder le college germanique, ceux de Naples, de Lorette, de Burgos, de Chypre, de Constantinople ou de Jerusalem 3 ; d'evangeliser la Corse ou 1'lithiopie; de collaborer a 1'Universite d'Ingolstadt ou aux deliberations du concile de Trente. Sur un seul point, les desirs de Jules III se heurterent a une resistance d'Ignace.

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