Arch, de Simancas, Est. Nov., 158, Leg. i
pris qu'on ne vous e'crivit pour obtenir des faveurs; les faveurs que m6ritent ces gens c'est qu'on leur coupe la tete.
Le vieux soldat exprime la toute 1'indignation de la fierte castillane. Herrera ne tardera pas a plaider aupres de 1'Empereur et a demander, pour prix de ses services, les fonctions de gouverneur d'Aragon. Inigo, sans taxer peut-etre de lichete le commandant de la forteresse de Pampelune, devait ressentir en son coeur une amertume pareille a celle de Pamiral de Castille. II dut subir avec douleur et honte un denouement aussi penible que la reddition de la capitale du royaume. Mais sa loyaute lui fait un devoir de constater 1 que les Fran9ais, maitres de la place, prirent tres grand soin de lui, usant a son egard de precedes courtois, et amis; de tres bons medecins de 1'armee fran9aise le soignerent dans la maison qu'il habitait avant de s'enfermer dans la forteresse ; C'est d'ailleurs ainsi que lui-meme comprenait la guerre, en chevalier.
Quelques lignes de Polanco 2 nous 1'apprendraient si nous ne le devinions de nous-memes. Pendant les jours que dura son traitement a Pampelune, Inigo re9ut de frequentes visites des gentilshommes et des soldats fran9ais; Pour leur temoigner sa reconnaissance, il leur fit cadeau de ce qu'il avait d'armes de prix et d'objets precieux.
Tandis qu'il est la, dans sa maison de Pampelune, la jambe brisee et aux mains des chirurgiens, regardons en face Inigo de Loyola. C'est un gentilhomme fier, un' soldat sans peur, un homme de commandement et d'action, un ferme croyant, un chretien mediocre. Dans le manoir paternel, a la cour des rois catholiques, dans la famille des dues de Najera, il a vu de pres de graves scandales; les mauvais exemples ont attise en lui le feu des passions. Nadal a dit : II ne pensait alors ni a la religion ni a la piete 3 . La formule est excessive. Polanco 4 note avec plus de precision et de justesse : Bien que tres
i. Gonzal&s de Camara, n. z.