‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 325 sur 396 · Ibid., VI · texte numérisé non relu

Ibid., VI

monarchic espagnole etait notoire? II faut sans doute expliquer, par ce soup9on, la perquisition que le gouverneur de Rome vint faire un jour a la maison professe, pour savoir s'il n'y avait pas des armes cachees. Plein de veneration pour le p. Ignace, le gouverneur fit sa commission fort confus; et laissa a la porte les soldats qui I'accompagnaient. Mais Ignace, qui avait la conscience nette et le geste naturellement chevaleresque, voulut que Polanco conduisit le gouverneur dans tous les coins; et Ton ne trouva pas meme une arquebuse '. Depuis 1552, les Constitutions etaient redigees et le P. Jerome Nadal avait execute la commission d'Ignace de les promulguer dans toutes les provinces. Le pape n'allait-il pas les soumettre a son examen personnel, revoir, corriger, ces textes medites devant Dieu ? Ceci etait dans 1'ame de tous 2 . Ignace avait trop 1'habitude du respect et de la discretion pour trahir ses craintes secretes. Mais il craignait. Et les difficultes e'prouvees a Paris pour y introduire la Compagnie de Jesus, n'etaient pas sans aviver ses inquietudes. Avec Paul III, Jules III ou Marcel II, il en eut appele peut-etre au pape du jugement miserable de la Sorbonne et d'Eustaehe du Bellay, qui se refusaient a reeonnaitre un Ordre religieux approuve par les bulles formelles des Pontifes romains et des lettres patentes du roi de France. Vu les dispositions de Paul IV, il aima mieux accumuler les temoignages qui, de partout, honoraient la Compagnie naissante. Cette sorte de plebiciste mettrait les opposants parisiens en ridicule posture. Et il se pourrait aussi la remarque est de Polanco 3 que le Saint Pere, voyant les jesuites en faveur par toute TEurope, en vint a penser que leur Institut n'avait pas ete beni a tort par Jules III et Paul III.

Ignace savait en outre, et probablement par les entretiens de Venise en 1536 combien Paul IV tenait au choeur.

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