Ibid., XII
gner, aux jeunes jesuites qui sont la, les sciences superieures ; ils seraient mal formes par des maitres insuffisants; il faut que cette jeunesse s'instruise dans les Universites de la Compagnie; la elle aura la ressource de professeurs distingu&s, et 1'emulation et 1'activite que donne le nombre des eleves assembles autour d'une meme chaire 1 .
II est naturel qu'il y ait eu un peu de flottement, au debut, dans cette organisation. C'est Nadal qui fait les premieres et les plus completes experiences 2 , au college de Messine. Un 6crit de sa main nous permet de connaitre la distribution des cours, des horaires et dies programmes, depuis les abecedaires jusqu'aux gradues en theologie 3 . De Sicile, le sysleme a passe en Portugal, en Espagne, a Rome, en Allemagne.
A tous les degr6s du cycle scolaire, les classes journalieres sont nombreuses; et, comme & I'Universite' de Paris, chacune d'elles est suivie de repetitions en presence du maitre et de discussions entre les eleves. Dans les classes de grammaire et d'humanites, on apprend par cceur les preceptes et les plus belles pages des auteurs. Mais on a le souci de reserver aux 61eves du temps pour rediger leurs notes, dresser leurs sommaires, exercer leur style par des compositions en vers et en prose. On pretend meme a ce que les meilleurs puissent, sur un theme donne, improviser un r^cit, un discours, un poeme. Le grec est en honneur, autant que le latin; on y consacre une demi-heure tous les jours a la premiere annee d'humanites, une heure a la seconde; 1'explication des auteurs commence des que les elements de la grammaire sont acquis et on la continue, en graduant les difficultes, jusqu'en rh&orique ou les eleves expliquent Demosthene, Pindare, Sophocle. L'^tude de 1'hebreu est prevue, pendant une annee entiere, apres que les eleves possederont bien le latin et le grec; et on s'exerce a ecrire dans cette langue.
Pour exciter Fardeur au travail, aucun moyen d' emulation