Ibid., 34, 35, 39, 40; Cartas, VI
Ignace mort; tous, en leur cceur, disent avec une devotion confiante, comme le P. Fulvio Andreozzi 1 : Saint Ignace, priez pour nous. Tous sont persuades qu'un jour 1'figlise accordera a leur Pere les honneurs des autels. Et ce n'est certes pas Philippe de N6ri, le fondateur de 1'Oratoire, qui aurait taxe de temeraire un pareil espoir.
En attendant cet acte solennel de 1'figlise, on pouvait ecrire la biographic d'Ignace. Les renseignements surs ne manquaient pas. Entre tous, les phis precieux e*taient enfermes dans les dictees faites a Gonzales de Camara en 1555. Laynez 2 , a la priere de Polanco, avait mis par ecrit, des 1543, ses souvenirs sur Ignace. Pierre Le Fevre 3 avait laisse un touchant Memorial de sa propre vie. En 1554, Ribadeneyra avait note une foule de details par lui observes ou a lui contes. Nadal 5 et surtout Gonzalez de Camara 6 avaient fait un recueil semblable. Enfin, dans les archives de 1'Ordre, les papiers du saint et sa correspondance etaient conserves ; et Polanco les connaissait par le menu.
Muni de toutes ces ressources, un ecrivain de talent ne pouvait pas etre embarrasse d'ecrire une histoire veridique et interessante. Choisi pour ce travail, Pierre de Ribadeneyra se mit a 1'oeuvre avec joie. En 1572, parut a Naples une Vie latine, que son auteur traduisit dix ans apres en espagnol, avec des retouches et des additions (1583). L'ouvrage fut lu avec une pieuse avidite; il provoqua aussi, de la part des quelques jesuites eminents, tels que Araoz, Manare et Canisius, des remarques de detail qui sont venues jusqu'a nous "'.
i. Cartas, VI, 407.
a. Scr. de S. Ign., I, 98-152.