‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 374 sur 396 · LES CERTIFICATS DOMINICAINS DE 1534 ET DE · texte numérisé non relu

LES CERTIFICATS DOMINICAINS DE 1534 ET DE

Les Freres prScheurs s'^tablirent a Paris du vivant m6me de saint Dominique; en 1217, au Parvis Notre-Dame, et en 1218, dans un hospice b9ti

en face de l'E~glise Saint-J-Stienne des Gres, par Jean de Baranton, chapelain du roi. En 1229, 1'enseignement de la the'ologie est inaugure" a Saint- Jacques, par la volonte" de Guillaume d'Auvergne, e've'que de Paris; et malgre 1 1'opposition de I'Universite". Ce studium generate servit de type dans tout 1'Ordre. II e"tait dirige" par un r6gent de the'ologie qui avait sous lui deux bacheliers, Toulouse (1231), Montpellier (1248), n'eurent que plus tard leurs dcoles de the'ologie, lesquelles ne furent point, comme celle de Paris, internationales. Celles de Valladolid (1488) et de Salamanque (1515) sont encore poste"rieures. (Mortier, O. P., Hist, abrege'e de 1'Ordre de saint Dominique en France, 54-59-)

Ignace de Loyola, au tdmoignage de Polanco, fre'quenta Te'cole de the'ologie du couvent des prScheurs de la rue Saint- Jacques. Ses 6tudes durerent de la Saint Remi de 1533 a la fin de mars 1535, c'est-a-dire pendant un an et demi. Ce curriculum est attest6 par un certificat du 14 octobre 1536, de"livr6 par le doyen de la Sorbonne, et par la se trouve precise' ce que dit Ignace au P. Gonzales, a savoir qu'il avait e'tudie' quelques amides la the'ologie a Paris; et ce que dit Polanco, a savoir qu'il avait suivi le cours de the'ologie jusqu'en 1535 (G. de Camara, n. 84; Cron., I, 45).

Des dominicains, Ignace cut un autre te"moignage sur lequel il convient de s'expliquer brievement.

Ignace, dans ses dictdes au P. Gonzales de Camara, dit ceci : iStant sur le point de partir (pour 1'Espagne), le pelerin apprit qu'on 1'avait accus aupres de 1'Inquisiteur et forme 1 proces centre lui. Sachant cela, et voyant qu'on ne Pappelait pas, il alia trouver 1'Inquisiteur, lui dit ce qu'il avait appris et qu'il allait partir pour 1'Espagne et qu'il avait des compagnons, et il le pria de prononcer sa sentence. L'Inquisiteur lui re"pondit qu'il e"tait vrai qu'on 1'avait accuse", mais qu'il ne voyait pas que la chose fut d'importance. II de"sirait seulement voir ses Merits (les Exercices) et les ayant vus, il les loua beaucoup et pria le pelerin de lui en laisser copie, ce qu'il fit. Malgr6 tout cela, le pelerin recommen9a a faire des instances pour que le proces fut acheve' jusqu'a prononcer une sentence, Et comme 1'Inquisiteur s'excusait de le faire, lui, avec un notaire public, des te'moins, se rendit au couvent et prit acte de tout cela.

Dans son Edition espagnole de 1' Autobiographie de Saint Ignace, le P. March dit (p. 70) que cette piece est celle qui figure a la page 3 du tome II des Scripta de Sancto Ignatio. Le P. Tacchi Venturi assure, au contraire (II, 76), que cet acte notarig n'est pas venu jusqu'a nous. Le P. Fouqueray (I> S3) avait auparavant fait la mSme remarque. Tous deux ont raison. Le texte publid par les Monumenta, a 1'endroit cite", est de trois ans poste"rieur au de'part d'Ignace. La piece est de'livre'e par 1'Inquisiteur de i537> et non par un notaire public. Elle n'est done pas, elle ne peut Stre, le document vis6 par Ignace dans son re"cit a Gonzales. Mais elle authentique ce re"cit tout de m6me. Car 1'Inquisiteur, Frere Thomas Laurent, y atteste que son pre"de"cesseur, Frere Valentin LieVin, avait eu a s'enque"rir de vita, moribus et doctrina, d'Ignace; et que, apres enqute, ledit Inquisiteur n'avait rien d^couvert dans le d6nonc6 qui ne fut catholique et chre'tien De quoi, Frere Thomas Laurent tdmoigne avec d'autant plus de comp^' tence qu'il 6tait, in illo tempore, secretaire de Frere Valentin Lie"vin. H

ajoute deux attestations personnelles. Ignace, Le Fevre et leurs compagnons lui sont connus; il les a vus vivre toujours catholiquement et vertueusement ; jamais il n'a remarque" en eux qu'une conduite qui convient a des hommes chr6tiens et excellents . En outre, les Exercices que donne ledit Inigo Loyola, pour autant qu'il a pu les connaitre, lui paraissent catholiques .

Les te'moins qui souscrivent la piece de'livre'e par 1'Inquisiteur de 1537, sont trois Espagnols, deux clercs se"culiers, gradue's maitres es arts, Laurent Daosta, et Diego de Caceres; un r6gulier, Frere Alonso de San Emiliano.

A la date du 23 Janvier 1537, Ignace est depuis tres longtemps a Venise. II a 6t6 rejoint par ses compagnons de Paris, le 8. Le document sign6 par Frere Thomas Laurent a 6t6 certainement sollicite" par Ignace, au plus tard vers la fin de 1536. Et cette demande nous autorise a conclure que, des 1536, avaient du commencer centre lui les calomnies sur lesquelles Gaspard de Doctis porte un jugement en date du 14 octobre 1537. C'est pour 6clairer 1'auditeur de la nonciature de Venise qu'Ignace aura demande" une attestation parisienne de bonne vie, mceurs et doctrine, pour ses compagnons et pour lui, et un certificat d'orthodoxie pour les Exercices.

II va sans dire qu'en afBrmant que 1'acte de Frere Thomas est comme le laissez-passer de la Compagnie nouvellement fonde'e a Paris me'me , le P. Mortier (Hist, abregee de I'Ordre de S. Dominique en France, 199 ), pare somptueusement la simplicity des faits. Le 23 Janvier 1537, personne au monde ne sait s'il y aura jamais une Compagnie de Jesus.

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