Id., n
n'avaient point echapp6 a son entourage. Sarts qu'il se fut, senibk-t-ily ouvert si ses proches de ses veritables desseins, teux-ci en soup9otiriaient quelque chose. Le voyage du dbmestique envoye a Miraflores permetta'it de supposer qu'Inigo songeait a quitted le monde, beauebup plus qu'a reprendre sa place dan's la maison de Fancien vice-roi de Navarre. Celui-ci d'ailleurs avait perdu la faveur de Son sbuverain. Ni les chaleureux plaidoyers de Famiral de Castilk, ni meme le glorie'ux succes de Noam qui avail boute les Fran9ais hof s dfc Navarre, ni Fimportan<ie de la maison des Manrlque de Lara n'avaient pii proteger Fancien chef d'Ignace y centre ks plus calomnieux soup9ons. San& dbute, le detail de cette lamentable histoife d'un grand d'Espagne reduit & rien, et tfaite en suspect dans ses tertfes, n'etait pas venu ati chateau de Loyolav On y savait du moing que, des le 2i aout de 1521, les gouverneu'rs du royaume 1 , encore a Logrono 6u deja a Pampelune,' avaietit choisi pour vice-roi de Navarre k cbmte de' Miranda; et que I'empereur Gharles-Quint, en depit de tous les mdmoires de Manrique de Lara, avait confirme lechoixdes gouverneurs. De quelle vraisemblance pouvait-il etre que le soldat de Pampelune, gueri de sa blessure, suivit la fortune d'un vice-roi de"chu ! ?
Aussi Martin Garcia soup9onna-t-il que ce voyage a Navarete voilait un autre projet. Aux premieres ouvertures d'Inigo, il le prit a part et le mena dans une chambre, puis dans une autre, afin sans doute de mieux assurer le secret de 1'entretien. Dans ce tete-a-tete, il se mit a lui representer son etonnement, a le prier instamment de ne pas se perdre; tout le pays fondait sur lui les plus grandes esperances, et lui-meme, apres tout, devait bien savoir tout ce qu'il valait. Longtemps, Martin Garcia s'epancha en semblables propos, qui tous tendaient a detourner Inigo du desir qu'il avait de quitter le manoir de ses peres z . Comme Fon pense, ces eloquents appels se bri-
i. Salazar de Castro, Hist, de la casa de Lara, II, 175. Sandoval dit que les gouverneurs du royaume passerent a Pampelune les mois de juillet et a oiit 1521.