Id., n
jour sans connaissance. Les dames qui constaterent le fait allerent chercher du secours. Des hommes accourus accompagnerent Inigo a Thopital Sainte-Lucie ou on lui donna quelques soins. Le chef de la famille Amigant estimant que 1'etat du malade demandait plus, le fit transporter chez lui. II passa la de longs jours, entoure de la veneration et du devouement de tous; le malade fut tres mal, disent les te'moins 1 . C'est alors, sans doute, que se passa au fond de son me, la scene intime que nous rapportions tout a 1'heure.
L'enfance spirituelle d'Inigo prit fin avec ses tourments de scrupuleux. Une fois la paix re"tablie, Dieu le mena par d'autres chemins. Les hommes ne lui avaient pas jusqu'ici etc* de grand secours; ils le seront moins encore a 1'avenir. Le Seigneur qui voyait, dans cette &me ardente, le desir intense et la ferme volonte d'un service g&nereux, daigna 1'instruire comme fait un maitre d'ecole . L' expression est d'lnigo lui-meme 2 . II se confond toujours en reconnaissance pour la bonte qui condescend a 1'ignorance d'un esprit sans culture. Jamais, en sa vie, il ne douta que le Pere des lumieres 1'ait conduit alors; a douter de cette Providence attentive, il cut pense offenser la Majeste divine 3 .
Pour savoir comment, et a quel point, Dieu illumina Tintelligence de ce soldat sans lettres, et de ce penitent encore novice dans 1'ascese chretienne, il n'est que de Tecouter lui-meme. Nul ne saurait parler plus exactement.
II avait une grande deVotion a la Tres Sainte Trinite; et ainsi, il faisait une prtere chaque jour a chacune des trois personnes divines et, en outre, une quatrieme priere a la Sainte Trinite; et parfois il se demandait pourquoi il agissait de la sorte et la question ne laissait pas de lui donner du souci,