X PREFACE
leur %ele apostolique, et mme refoivent les encouragements des pouvoirs publics, nefaut-ilpas qu'ils se souviennent que les appuis terrestres sont fragiles et insuffisants ; que lafaveur divine doit indispensablement s'ajouter a celle des homines? Sans quoi, ni les ceuvres entreprises ne seront fecondes pour le salut des dmes, ni elks ne resisteront a la. morsure du temps. Combien de pages de la me de saint Ignace inculquent a ses fils cette ntcessaire lecon ! Le temps ou nous sommes, en depit du grand effort de dechristianisation poursuivi dans la vieille Europe, est remarquable par V expansion du catholicisme au loin. Jamais plus de colonnes de missionnaires ne sillonnerent les contreespa'iennes. Dans cette armee de la conquSte evangelique, les jesuites sont partout : dans VAmerique du Sud et du Nord ; au Japon, en Chine et aux Indes ; a Ceylan, aux Philippines et en Australie ; en figypte, en Syrie, en Armenie et a Constantinople; dans VAfrique du Nord, au Congo et au Cap. Plus vivement encore qu'au xvi e siecle, les contrecoups de la politique europeenne se font sentir aujourd'hui dans le monde d'outre-mer. Des gouvernements qui traquent les religieux en Europe s'interessent a leur apostolat lointain, a mains qu'ils ne s'ingenient a transporter, dans les colonies, les instruments de torture Ugale fabriqufo a Vusage des metropoles dites cimlisees et libres. Au milieu des difficultes qui compromettent leur recrutement, des resistances oil Us se heurtent, de la pauvrete dont Us souffrent, et sous les climats meurtriers qui les deciment, les missionnaires ne sauraient connaitre rien d'aussi lumineux pour leur esprit, ni d'aussi chaud pour leur cceur, que Vhistoire du chef, dont Vardeur crea leur milice, afin de conqudrir le monde a Jesus- Christ.
Au jugement de Vexacte histoire, Ignace de Loyola est un grand homme ; Vfiglise a infailliblement proclame qu'il est-un grand saint. Une si noble vie meriterait un ecrvuain genial. Bans doute les choses merveilleuses parlent d'elles-mtimes ; mats combien elles parlent phis haut, lorsque la langue du conteur s'egale (i