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d'autres patrons. Les pourparlers furcnt longs. Deux freres venitiens, du nom dc Contarini, avaient un gros et solide navire. Pressentis, ils demanderent 15 ducats par personne. Cbmrhe les amis d'lnigo disaient a ccs hommes de lucre : Vous devriez bien prendre gratis ce saint a votre bord , Tun des Contarini repliqua : s'il est saint, qu'il fasse le voyage comme saint Jacques . II y avait la d'autres bateaux, et, entre autres, celui du patron Bigarelli; mais celui-ci n'etait pas non plus tres accommodant. Quand les trois Suisses essayerent de s'arranger avec lui, il demanda pour les trois 50 ducats 1 .
Pour tromper leurs ennuis, etparce que les bateliers n'avaient pas termine leurs chargements, les pelerins se riiirent a visiter les curiosites de Chypre. Au couvent de Saint- Jean de Montfort, un Franciscain allemand proposa a Fussli de s'entremettre, aupres du gouverneur de Tile, Gabriel Cornaro. Gabriel Cornaro se montra affable et obligeant. Surses instances, Bigarelli se laissa convaincre et consentit a un rabais :
11 prendrait les trois Suisses pour 40 ducats et Inigo pour rien. Le dimanche i er novembre, jour de la Toussaint, Inigo et ses compagnons monterent sur le bateau de Bigarelli 2 .
Dans la nuit, on quitta Salinas pour le port de Limisso, ou Ton devait completer le chargement;,et le mardi matin (3 novembre) on prit la haute mer. Une tempete affreuse eclata vers le soir; au milieu du fracas de la foudre et par une pluie battante, le navire fut rejete 1 sur Salinas, ou il resta jusqu'au vendredi (6 novembre). Le lendemain, a Limisso, les passagers apprirent que le gros vaisseau des Cantarini s'etait brise et avait coule contre les rochers de Baffo, ainsi que deux navires turcs. Le mauvais temps dura cinq jours.^Le jeudi
12 novembre, apres le repas du soir, Bigarelli leva Tancre. Le samedi (14 novembre) il etait en vue de Paphos. Trois jours apres, la violence du vent contraire poussa le bateau vers la c6te turque; on n'atteignit Rhodes que le vendredi 20 novem-