‹ Saint IrénéeChapitre 123 sur 181 · LE DÉVELOPPEMENT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

LE DÉVELOPPEMENT RELIGIEUX

liberté est plus grande que la législation de servitude, et c'est pourquoi elle n'a pas été donnée à une seule nation, mais au monde entier. Il n'y a qu'un seul et même Seigneur qui est plus que le Temple, et qui donne aux hommes plus que Salomon et plus que Jonas, c'est-à-dire sa présence et sa résurrection d'entre les morts ; mais il ne change pas Dieu, il ne prêche pas un autre Père. C'est toujours le même. Seulement il a toujours à donner davantage aux gens de sa maison : plus s'accroît leur amour pour Dieu, plus grands sont les dons qu'il leur fait ; selon ce qu'a dit le Seigneur à ses disciples [Joan., I, 50] : ^ parce que tu verras de plus grandes choses:^, et Pau {aux Philippiens y iii^ 12): ^Non que faie déjà (tout) reçu y ou que je sois justifié y ou que je sois parfait :^q\. [aux Corinthiensl^ xiii, 9-10) :« ^^r c^est en partie que nous connaissons et en partie que nous prophétisons. Mais quand viendra le parfaity ce qui n'est qu'en partie disparaîtra.:^ Ainsi donc, lorsque le parfait sera venu, nous verrons non pas un autre Père, mais celui-là même qu'aujourd'hui nous désirons voir... ; nous n'attendrons pas un autre Christ et Fils de Dieu, mais celui-là même qui est né de la Vierge Marie et qui a souffert... ; et nous ne recevrons pas un autre Esprit-Saint que celui qui est avec nous et qui crie : ^Abba^ P^r^»[i?ow.,viii, 15]. Et c'est en eux queno us aurons accroissement et progrès, de sorte que nous ne verrons plus comme dans un miroir et par énigmes, maisque nousjouironsfaceà facedes présentsdeDieu. ...Il n'y a qu'un salut, comme il n'y a qu'un Dieu ;

l86 LA BÉNÉDICTION

mais nombreux sont les préceptes qui forment rhomme, et nombreux sont les degrés qui le font monter jusqu'à Dieu... C'est donc avec raison que, ainsi quejeannous le rappelle [V, 39-40], le Seigneur dit aux Juifs : « Scrute^ les Ecritures puisque vous croye^ avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Pourtant vous ne voule^ pas venir à moi pour avoir la vie, » Comment les Ecritures lui rendent-elles témoignage, si elles ne viennent pas du même Père (que \m)^,,.^Sivous croyie:{ à Moïse^ disait encore Jésus [Joan., V, 46], vous croirie^i aussi à moi ; car c'est de moi qu'il a écrit, » C'est dire que partout dans les Ecritures on trouve le germe du Fils de Dieu... Pas n'est besoin de dire tous les endroits où Moïse révèle le Fils de Dieu : il connaissait même le jour de sa passion; il l'a annoncé d'une manière figurée en nommant la Pâque ; et c'est en accomplissant cette même Pâque, prédite si longtemps avant par Moïse, que le Seigneur a souffert. Mais il n'a pas seulement indiqué le jour : il a décrit encore l'endroit, la date, le signe du soleil qui se couche [Deut, xvi, 5-6]... Il a aussi révélé sa venue, lorsqu'il a dit [Gen,^ xlix, 10] : «Z^ prince ne sera point ôté à Juda, ni le chef ne sera enlevé de ses cuisses^ y jusqu'à ce qu'il obtienne ce qui lui revient et

I. Irénée parle ici de la fameuse bénédiction de Juda. Au lieu de dux de femore eius, il faut lire ni le hâton de commandement d'entre ses pieds. — Irénée donne quoadusque veniat repositum ; Novatien repromissum, Jérôme donne mittendus. On sait que, dans le mystérieux SckilOy M. Bickell a sii reconnaitre le mot Schaal : il faut donc lire jusqtCa ce que vienne le désiré.

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