‹ Saint IrénéeChapitre 32 sur 181 · TRANSFORMATIONS · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS

rÉglise. Et quant à rEsprit-Saînt, il dit qu'il émane de rÉglise pour examiner et féconder les Eons : il entre en eux d'une manière invisible et leur fait produire des fruits de vérité.

D'après Secundus, la première Ogdoade comprend une Tétrade de droite et une Tétrade de gauche, que l'on appelle l'une Lumière, l'autre Ténèbres ; la puissance qui s'éloigne (du Plérôme) et dépérit^ ne vient pas des trente Eons, 'mais de ce qu'ils ont produit.

Un autre de leurs docteurs, qui, lui aussi, est illustre ^ étend plus haut sa science et décrit ainsi la première Tétrade : avant toutes choses, il y a un Premier Principe, absolument inintelligible (itpoavewdYjTo;) ineffable et innommable que j'appelle l'Unité. Avec cette Unité coexiste une puissance que j'appelle le Singulier. Et cette Unité et ce Singulier, étant une unité, émirent sans s'en séparer (? TtpoïîxavTo \Lii irpoéiJLevai) le principe de toutes choses, intelligible, inengendré et invisible, principe qu'il appelle la Monade. Une force consubstantielle coexiste avec^ cette Monade que j'appelle l'Un. Et ces forces, c'est-àdire l'Unité et le Singulier, là Monade et l'Un ont émis le reste des Éons.

D'autres (docteurs) (568) ont encore donné

ces noms à la primitive Tétrade : d'abord le Premier Principe, ensuite l'Inintelligible, en troisième lieu l'Ineffable, en quatrième lieu l'Invisible. Du Premier

I. D'après Théodore! et Epiphane, ce serait Epiphane. Harnack songe à Héracléon {Ueherlieferungj p. 175), sans doute à tort.

DU VALENTINIANISME 5 I

Principe émane en premier et cinquième lieu le Principe ; de Flnintelligible émane en second et sixième lieu l'Incompréhensible; derineflfable émane en troisième et septième lieu Tlnnommable ; de Finvisible émane en quatrième et huitième lieu Tlnengendré. Voilà la Plénitude de la première Ogdoade. Voilà les puissances qui coexistent avec TAbîme et le Silence, afin qu'ils apparaissent comme les plus parfaits d'entre les parfaits, les plus gnostiques (savants) d'entre les gnostiques

Les plus savants (569) des disciples de Ptolémée disent que l'Abîme a deux épouses, qu'ils appellent aussi ses affections, à savoir la Pensée et la Volonté : car il a d'abord conçu l'émanation qu'il a, ensuite, voulu opérer. C'est pourquoi ces deux affections, ces deux puissances, à savoir la Pensée et la Volonté, s'étant combinées entre elles ont produit par leur union l'émanation du Monogène et de la Vérité. Ces types, ces images faisaient voir les invisibles affections du Père en sortant (de son sein) : la Volonté apparaissait dans l'Intelligence, la Pensée dans la Vérité. L'image de la Volonté formée en second lieu était une semence mâle, l'image de la Pensée inengendrée était une semence femelle ; la Volonté était devenue la puissance de la Pensée : la Pensée pensait émettre une émanation, mais, par elle-même, elle ne pouvait réaliser sa pensée ; survint alors la puissance de la Volonté ; alors elle émit ce qu'elle pensait

Ceux (573) qui ont la réputation d'être les plus

sages parmi les disciples de Ptolémée, ne conçoivent pas que Témanation des Eons de la première Ogdoade s'est opérée par degrés, Tun émettant l'autre ; c'est tout ensemble et d'un seul coup que s'est faite l'émission des Eons enfantés par le Premier Père et par sa Pensée : on dirait, (à entendre) leurs affirmations, qu'ils ont fait l'accouchement 1 D'après eux, ce n'est pas le Verbe et la Vie qui ont engendré l'Homme et l'Eglise, c'est l'Homme et l'Eglise qui ont engendré le Verbe et la Vie. Ils raisonnent ainsi : lorsque le Premier Père eut la Pensée d'émettre quelque chose, ce quelque chose fut appelé Père ; comme ce qui était émis était vérité, cette émanation fut nommée Vérité ; lorsqu'il voulut se montrer, il fut dit Homme ; lorsqu'il eut émis ceux qu'il avait conçus d'abord, on les appela Eglise. L'Homme dit le Verbe, qui est le fils premier-né, et la Vie suit le Verbe. Ainsi fut achevée la première Ogdoade. Ils disputent beaucoup au sujet du Sauveur. Les uns disent qu'il est issu de tous les Eôns : c'est pourquoi on l'appelle le bienvenu, parce que tout le Plérôme a voulu par lui honorer le Père. Les autres le font sortir des seuls dix Eons qui ont été émis par le Verbe et la Vie ; c'est pourquoi il a été appelé le Verbe et la Vie : il a gardé les noms de ses parents. Pour d'autres, il vient des douze Eons qui ont été faits par l'Homme et l'Eglise ; et c'est pourquoi il se dit Fils de l'Homme : il est issu de l'Homme. D'autres disent qu'il a été fait par le Christ et par le Saint- Esprit, émis afin de confirmer le Plérôme ; et c'est

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