‹ Saint IrénéeChapitre 45 sur 181 · LE PLEROME DES OPHITES · texte numérisé non relu

LE PLEROME DES OPHITES

coup d'influence ; celui des Ophites qui devait voir une longue histoire. Voici ce qu'en dit Irénée,

Il y a, (disent les Ophites), une certaine Lumière Primitive dans la vertu de FAbîme, heureuse, incorruptible, infinie : c'est le Père de toutes choses, ils rappellent le Premier Homme. La pensée qu'elle émet, ils l'appellent son Fils, le Fils de l'Homme, ou le Second Homme. Au-dessous d'eux, il y a Y Esprit Saint ; sous cet Esprit d'en haut, les éléments séparés, l'eau, les ténèbres, l'abîme, le chaos : l'Esprit est porté sur eux ; ils l'appellent la Première Femme *. Ensuite, disent-ils, le Premier Homme avec son Fils, travaillant à la beauté de l'Esprit, c'estâ'-dire de la Femme, l'illumine et engendre d'elle la Lumière incorruptible, le Troisième Mâle : c'est ce qu'ils appellent le Christ., fils du Premier et du Second Homme et de l'Esprit Saint, Première Femme.

Le Père et le Fils s'unirent (donc) à la Femme, qu'ils appellent la Mère des Vivants : trop faible, elle ne put absorber la grandeur des Lumières, dont la plénitude surabondante jaillissait dans ses parties de gauche ; ainsi le Christ seul, leur enfant, comme étant de la partie droite et supérieure, a été enlevé avec sa mère (pour revenir) à l'incorruptible Eon. La vraie, la sainte Eglise, c'est l'assemblée et l'union du Père de toutes choses le Premier Homme, de

I. Dans les langues sémitiques, le mot esprit est du féminin. — Comme dans le système de Simon, on trouve ici un décalque de la Trinité chrétienne.

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