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LE NÉO-PAGANISME

Gnosticisme et Christianisme

La christianisation du monde gréco-romain était merveilleusement préparée par la transformation du Paganisme, le développement du Judaïsme, l'apparition d'un syncrétisme judéo-païen. Durant les trois siècles qui précèdent et les deux siècles qui suivent la naissance de Jésus, les Païens renient le Paganisme. Leur conscience lentement transformée se libère à la fin de Terreur irréligieuse : elle retrouve peu à peu le sentiment de la fraternité humaine, et, par là, le sentiment de la paternité divine, en même temps qu'elle reprend connaissance de son insuffisance radicale et ressent à nouveau le besoin de Dieu. Elle accueille avec faveur les religions orientales (Isisme, Mithriacisme), elle se forge une religion * à elle propre : la matière, conçue comme un principe de déchéance, est séparée par un abîme infini de Dieu, absolument transcendant ; l'homme misérable doit tâcher à remonter de l'une à l'autre, de la mort à la vie ; il peut compter sur l'aide de médiateurs bienfaisants (les démons de Plutarque et d'Apulée).

En même temps, le Judaïsme se concentre dans

I. C'est ce qu'on appeUe la religion hellénique. Sur toute cette question, cf. notre Avenir du Christianisme. Introduction. La vie et la pensée chrétiennes dans le passé, [Paris, Bloud. 1904, in-8.] 2® édition, p. 59-87.

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