ET SES DISCIPLES
àcpôapTo; xal àyaôi?! àpx*'^ » ^^ nature est àcpOapaCx te xal <pt5; aOTOôv, àicXouv ts xxl {iovosi8é;. Il est parfait, il est le Bien, le seul Bien, le Père. En tant que àpjç^Vj, le Dieu bon a produit deux cpùasi*;, qui — chose curieuse — sont àvo|jLooiSatot : c'est le Créateur, ou Démiurge, image du Père, Dieu juste, non pas Dieu bon, qui a donné la Loi ; c'est ensuite le Diable, l'adversaire du Père et qui en est séparé par le Créateur. En tant que Père, le Dieu bon a produit un Fils qui est le Sauveur : le Sauveur participe à la substance du Père, il est yévvYJiia Ô[jlooij(îiov ; c'est lui qui a parlé dans l'Evangile, qui a perfectionné et couronné l'œuvre du Créateur ; c'est lui qui nous a apporté le salut en nous donnant la connaissance du Père, c'est-à-dire de l'être. — Tout cela ne rappelle que de loin la description d'Irénée.
La théorie des Trente Eons est passée sous silence, plutôt que rejetée, dans la Lettre; le Père, dont elle parle, présente à peu près la même physionomie que le Premier Père d'Irénée ; si le Sauveur est, d'après la Lettre, consubstantiel au Père, et, d'après Irénée, consubstantiel aux Eons, c'est peut-être que les Eons étaient consubstantiels au Père. Mais comment concilier la double théorie du Créateur telle que la présente Irénée, telle qu'elle ressort de la Lettre : ici, le Créateur est frère ennemi du Diable ; là, le Créateur est une œuvre d'Hachamoth, avec laquelle il n'est pas sûr qu'on puisse identifier le Diable*... Je ne vois qu'un moyen de s'en tirer : admettre qu'Irénée s'appuie ici sur des documents où le système de Ptolémée n'a pas intégralement retenu la physionomie que lui avait donnée le maître, sur des documents émanant de ses disciples.
Il est vraisemblable que les théories attribuées à Ptolémée au pays d'Irénée n'étaient plus tout à fait les