‹ Saint IrénéeChapitre 7 sur 181 · ESSENCE DU GNOSTICISME · texte numérisé non relu

ESSENCE DU GNOSTICISME

pour la spéculation pure ; mais — et ceci est le trait essentiel — toutes obéissent à un esprit sincèrement religieux* et sentent profondément la grandeur transcendante de Dieu, la misère infinie de Thomme, et que Thomme a besoin de Dieu; toutes relient Thomme déchu au Dieu inaccessible et tout-puissant par des intermédiaires, êtres ou idées, communément appelés Eons (alwve;) ; toutes attribuent la création de notre monde à ces intermédiaires et rangent parmi leur troupe Jahvé et Jésus-Christ. D'un mot, le Gnosticisme est ce syncrétisme imparfait qui est appelé à disparaître devant ce syncrétisme providentiel qu'est le Christianisme,

Le principe de son imperfection est son invincible tendance à volatiliser Thistoire. Les Gnostiques ne comprennent pas que Dieu parle à Thomme dans les faits de Thistoire aussi bien que dans les révélations de la conscience ; ils ne comprennent pas que l'histoire d'Israël signifie une doctrine ^ ; ils ne peuvent donc pas la comprendre, non plus que celle de l'Eglise, le nouvel Israël, Et, parce qu'ils ne comprennent pas ces faits, ils tendent à s'en débarrasser : ils acceptent Jésus, mais ils le coupent, si j'ose ainsi dire, de l'Eglise et d'Israël ; leurs âmes transfigurées lui rendent un émouvant hommage, mais leurs pensées, toujours indociles, l'expliquent selon leurs traditions intellectuelles : ils adorent en lui le Révélateur qui

I. On se trompe lorsqu'on voit dans le Gnosticisme une pure philosophie. C'est bien une religion, qui tâche de procurer à l'homme le salut, au moyen de rites, de sacrements.

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