LE GNOSTICISME JUIF
fait connaître le Dieu transcendant et ineffable, et qui sauve les hommes par cette connaissance qu'il leur donne ; ils forgent de merveilleux poèmes métaphysiques où s'expriment leur amour et leur foi ; mais ils méconnaissent le continuateur des Prophètes, le Messie d'Israël, le second Adam, le Verbe incarné ; ils méconnaissent donc le Père, et le Fils et l'Esprit ; ils méconnaissent la vérité.
Le Gnosticisme primitif est très mal connu. Il est antérieur au Christianisme puisque la religion révélée n'a pas commencé avec Jésus et que la religion hellénique lui est également antérieure. Il est né, sans doute, du culte des Anges*. La foi juive entoure Jahvé d'une cour d'êtres célestes, exécuteurs de ses volontés ; la religion hellénique imagine des intermédiaires entre Dieu et l'homme ; les deux, croyances devaient se combiner, elles se combinèrent en effet. — L'activité de ces Anges ne laisse pas de place à aucune activité de Dieu ; ce sont eux que les hommes connaissent, eux qui les secourent, euxmêmes, ou l'un d'entre eux, qui créent le monde : on les appelle les « Trônes », les « Dominations », etc. — Afin de mériter leur protection, les hommes doivent pratiquer l'ascétisme, s'abstenir de certains aliments, parfois même s'abstenir du mariage : la matière est souillure, l'homme doit en éviter l'usage
I. Sur les autres racines de la Gnose juive, cf. FRiEDLANDBR:-D<rr vorckristliche Jûdische GnosticismuSj Gottingen, 1898. — Lorsque je dis que le Gnosticisme est antérieur au Christianisme, je parle de ces tendances syncrétistes qui ont trouvé leur expression la plus connue dans les systèmes religieux de Philon et de Valentin.