‹ Saint IrénéeChapitre 90 sur 181 · SAINT JEAN · texte numérisé non relu

SAINT JEAN

n'est donc pas extérieur à lui, nous Tavons montré dans le livre précédent; si notre univers est extérieur à leur Plérôme,... leur Plérôme n'est donc pas toute chose. — Jean a supprimé toute difficulté en disant encore (I. 10, 11) : « /« hoc mundo erat, et mundus per ipsutn factus est et mundus eum non cognovit. In sua propria venit et sut eum non receperunt, » Or, d'après Marcion et ses émules, le monde n'a pas été fait par lui, et il n'est pas venu chez lui...; d'après certains Gnostiques, ce monde a été fait par les Anges, non par le Verbe de Dieu; d'après les Valentiniens, il a été fait, non par le Verbe, encore, mais par le Démiurge!... D'après eux, ni le Verbe, ni le Christ, ni le Sauveur ne s'est incarné ; ni le Verbe, ni le Christ n'est venu en ce monde ; ni le Sauveur ne s'est incarné et n'a souffert... : le Sauveur est descendu sur Jésus sous la forme d'une colombe, et, après avoir annoncé le Père inconnu, il est remonté au Plérôme... Nulle doctrine hérétique ne reconnaît que le Verbe de Dieu s'est fait chair... Tous sont donc convaincus de faux témoignage par le disciple du Seigneur qui a dit : « Et Verbum caro factum est et inhabitavit in nobis. »

Et, afin que nous n'ayons pas à chercher de quel Dieu est le Verbe qui s'est fait chair, Jean nous apprend encore : « Fuit homo m issus a Deo.,. }^ Mais, (dira-t-on), quel Dieu a envoyé Jean le Précurseur "î* C'est évidemment celui dont Gabriel est l'Ange..., qui a promis par ses Prophètes d'envoyer son Ange devant la face de son Fils pour lui préparer le che-

min... C'est donc le créateur et Fauteur de ce monde qui a envoyé Jean.

Passant en revue les quatre évangiles, Irénée est naturellement amené à montrer que ce chiffre est sacré : il n'y a pas plus, il n'y a pas moins de quatre évangiles [884-892]. Les Ebionites ne se servent que de Matthieu, Marcion que de Luc — encore y fait-il des suppressions — ; ceux qui distinguent Jésus du Christ ne se servent que de Marc; les Valentiniens font le plus grand usage de Jean. Or il y a quatre, il n'y a que quatre évangiles; comme il y a quatre régions du monde, et quatre esprits et quatre colonnes dans l'Eglise, il est clair que le Verbe nous a donné un Evangile tétramorphe. Les Chérubins qui le portent n'ont-ils pas quatre formes, celle du lion,, celle du veau, celle de l'homme et celle de l'aigle? Le veau est le symbole de Luc, l'homme le symbole de Matthieu, l'aigle le symbole de Marc. De même, il y a quatre Testaments, ceux d'Adam, de Noé, de Moïse et de Jésus. Puisqu'il en est ainsi, on voit quelle est l'audace ignorante de ceux qui touchent au chiffre quatre : tel Marcion, tels les adversaires du quatrième Evangile, tels encore les Valentiniens qui se glorifient d'avoir plus de quatre évangiles.

6** Les autres Apôtres [892-910] auxquels revient Irénée ne connaissent, comme les évangélistes, qu'un seul et même Dieu. Ainsi Pierre, d'après les Actes des Apôtres, salue dans Jésus de Nazareth le fils du Dieu d'Israël annoncé par les Prophètes et qui est ressuscité des morts : il ne connaissait rien d'un second Dieu et d'un second Christ; lorsque, avec Jean, il guérit un boiteux de naissance et prêche ensuite le peuple, c'est encore de la même foi qu'il témoigne : « Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son Fils que vous, vous avez livré en jugement et

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