LOYAUTE DES APOTRES I
renié devant Pilate. > Pour lui, le Christ était Jésus crucifié ; pour lui, le Dieu qui l'avait ressuscité était le Dieu qui avait envoyé les Prophètes et qui, en Jésus, avait donné le salut aux hommes... Et c'est ce qu'expliquait encore Philippe à l'eunuque de la reine d'Ethiopie, et le diacre Etienne à ceux qui le massacraient.
Les Gnostiques ripostent, sans chercher à se rendre compte des vraies causes qui expliquent la différence des deux Testaments :
S'accommodant aux circonstances, les Apôtres ont conformé leurs doctrines à la capacité de leurs auditeurs et leurs réponses à la disposition d'esprit de ceux qui les interrogeaient; en sorte que, au mépris de la vérité et en parfaite hypocrisie, ils ont prêté à chacun ce qu'il était disposé à entendre.
Irénée répond : depuis qu'ils ont reçu l'Esprit-Saint, les Apôtres sont devenus parfaits et l'on ne peut, sans absurdité^ les accuser de mensonge; ils ont connu et prêché l'Evangile à une époque où il n'était pas plus question de Marcion que de Valentin; enfin ne connaîton pas leur conduite?
Qu'y avait-il de plus choquant pour les Juifs que de s'entendre dire publiquement : cet homme que vous avez attaché à une croix, c'est le Christ, le Fils de Dieu, notre Roi éternel. Il est donc évident que les Apôtres ne parlaient pas aux Juifs d'après les idées reçues parmi ces derniers ; ils avaient le courage de les appeler en face meurtriers du Seigneur (898-899; 907).