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Saint Jacques en Galice

La question de saint Jacques en Galice, en tant qu'elle intéresse l'histoire, comprend l'étude de deux traditions relatives : l'une, au voyage de l'apôtre en Espagne, avant son martyre, qui eut lieu à Jérusalem en 44; l'autre, à son tombeau, que l'on vénère à Santiago de Compostelle depuis le IX® siècle.

SAINT JACQUES, APÔTRE DE l'ESPAGNE.

La première de ces deux traditions ne s'est manifestée que tardivement dans les documents écrits ; encore cette apparition tardive est-elle entourée de circonstances peu propres à l'accréditer.

En Espagne, il faut le dire tout d'abord, elle est précédée d'un long silence, et d'un silence auquel l'on ne saurait opposer les fins de non-recevoir cavalières qui servent aux hypercritiques à se débarrasser des arguments négatifs. L'histoire religieuse d'Espagne depuis le iv« siècle est assez connue. En ce qui regarde spécialement les souvenirs hagiographiques, ce pays a produit un auteur qui n'aurait certes pas négligé de recueillir celui du premier apôtre, si le premier apôtre eîit été connu de lui. Prudence nous a transrais des noms et des tra-

ditioas martyrologiques d'un intérêt biea secondaire en comparaison de Criile-là. S'il avait eu connaissance des rapports de l'apôtre Jacques avec ses compatriotes, il n'eût pas manqué de le compter au nombre de ces témoins du Christ que les cités d'Espagne produiront au dernier jour devant le tribunal de Dieu\ et dont, en attendant, elles se glorifient ici-bas.

En dehors des documents à proprement parler hagiographiques, la littérature de l'Espagne chrétienne pour les iv®, ye, vi®, VII® et viiie siècles forme un ensemble imposant de documents très divers de forme, de sujet et de provenance, dans lesquels on est autorisé à chercher quelque trace de la tradition nationale. La Galice, en particulier, où cette tradition a, depuis le ix« siècle, son principal sanctuaire, occupe une place importante dans l'histoire connue et bien documentée. Les phases de la crise priscillianiste qui agita cette contrée depuis l'année 380 jusqu'à la fin du vi® siècle, peuvent être étudiées dans une suite presque ininterrompue de pièces authentiques. Un prêtre de ce pays, Orosede Braga, publia au début du v® siècle une histoire universelle qui va jusqu'à son temps. Moins d'un demi-siècle après, Idace, évêque d'Aquae Flaviae, non loin de Compostelle, écrivait une chronique pleine de détails sur l'histoire de la Galice à ce moment critique où se fondait la monarchie suève. Peu d'années avant la disparition de celle-ci vivait l'illustre saint Martin de Braga, dont la plume élégante nous a laissé plus d'un écrit estimé. Sous les rois wisigoths, l'Espagne a compté bien des auteurs ecclésiastiques en tout genre de littérature ; saint Isidore est le plus important, mais à côté de lui on peut compter Braulio, Taio, Jean de Biclar, Julien, Hildefonse et bien d'autres, qui se sont succédé jusqu'à l'invasion musulmane. Tous se taisent sur l'apostolat espagnol de saint Jacques, au moins dans leurs écrits authentiques, dans ceux dont ils sont responsables et qui seuls peuvent être cités en un tel débat comme engageant leur autorité. Et qu'on ne dise pas que les sujets qu'ils ont traités ne leur fournissaient pas

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