Péris teph,, iv
roccasion de parler de l'apôtre national. A coté de la littérature ecclésiastique d'Espagne, la littérature ecclésiastique de Rome est bien peu de chose, si l'on en défalque la correspondance officielle des papes. Et pourtant quelle place n'y tient pas le souvenir des princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul? Les auteurs ecclésiastiques d'Egypte sont-ils muets sur saint Marc? A Éphèse n'est- il jamais question de saint Jean? En Espagne même, depuis qu'il est admis que le christianisme y a été porté par saint Jacques, faut-il chercher longtemps dans les écrits ecclésiastiques pour y trouver des allusions nettes et claires à l'apôtre du pays ?
Ce silence espagnol se renforce de celui des voisins de Gaule, bien placés pour être renseignés sur des traditions de ce genre, avides même de les recueillir, exacts à les enregistrer. Le martyrologe hiéronymien trahit, dans sa recension gallicane, exécutée à Auxerre vers 595, comme aussi dans sa rédaction première, une très vive préoccupation de ce qui touche aux apôtres. Il ne prononce, à propos de saint Jacques le Majeur, d'autre nom de lieu que celui de Jérusalem ^ Grégoire de Tours, dans son De Gloria martyr um, se montre très bien informé sur les sanctuaires d'Espagne; il n'en mentionne aucun qui soit en rapport avec le souvenir de saint Jacques. Il consacre des notices spéciales aux apôtres Jacques, frère du Seigneur, Pierre, Paul, Jean, André, Thomas, Barthélémy. Au nombre de ceux dont il ne dit rien figure Jacques, fils de Zébédée. Fortunat, dans son poème sur la Virginité ^, énumère les lieux saints des douze apôtres; pour les deux Jacques, il indique la Palestine, terra beata. Mais ce qui est plus fort, c'est que, dans une lettre écrite a un évêque espagnol, à un évêque galicien, à saint Martin de Braga-\ il parle des églises évangélisées par les apôtres sans y com-
1. Il lui assigne deux fêles, le 25 juillet et le 27 décembre, celle-c commune à lui et à son frère saint Jean ; mais il est évident qu'à cette date il confond saint Jacques, fils de Zébédée, avec saint Jacques, frère du Seigneur.