‹ Saint Jacques en GaliceChapitre 10 sur 13 · Jaffé · texte numérisé non relu

Jaffé

collection, les deux premières pièces, la Translatio et la lettre du pape Léon, sont les seules dont il y ait lieu de s'occuper

La Translatio ^ raconte que saint Jacques vint en Espagne après l'ascension du Sauveur, qu'il y convertit quelques personnes, que, notamment, sept disciples le suivirent quand il re. partit pour Jérusalem. Après son martyre, ils recueillirent son corps et s'embarquèrent sur un navire qui, en sept jours, les transporta à Ida. Désireux de donner à l'apôtre un tombeau convenable, ils allèrent trouver une matrone appelée Luparia et lui demandèrent de leur céder un temple situé dans une de ses propriétés. Cette personne, païenne et mal disposée, les adressa au roi [de la contrée, qui leur fit le plus mauvais accueil. Les disciples prirent la fuite, poursuivis parce mécbant prince. Sur leur route se trouvait un pont : ils le traversèrent et il s'écroula au moment où les persécuteurs étaient en train de le passer à leur tour. Cet accident fit réfléchir Luparia; cependant, pour se débarrasser des solliciteurs, elle les envoya dans la montagne, où ils eurent aiTaire d'abord à un dragon, puis à des bœufs sauvages. Ils triomphèrent et des dragons et des bœufs. La montagne s'appelait mons Ilicinus'^', les disciples changèrent son nom en celui de Mont sacré.

Leur succès finit par convaincre la matrone, qui se convertit et entraîna la population par son exemple. Le temple fut

1 . Publiée par les Bollundisles dans le Catalogue des mss. hagiographiques de Bruxelles, l. I, p. 66 La flernière phrase, Haec sunt nomina septem discipulorum, manque dans d'autres exemplaires; elle est sûrement étrangère au texte prinjitif. — Remarquer le rythme de ce document; il rappelle tout à fait celui de la Chronique de Tolède (Isidorus Pacensis). — Les anciens Bollandistes avaient cru bien faire en éliminant comme trop absurde ce texte, qui est probablement le plus ancien document espagnol du culte galicien. Le P. Fita disserte longuement sur le Codex calixtinus {Recuerdos, L c), mais il parle à peinede la Translation. Dans son appendice, p. 126, il en réédite un remaniemenl oratoire, publié en 1605 dans la Bibliotheca Floriacensis de Jean Dubois.

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