‹ Saint Jacques en GaliceChapitre 13 sur 13 · Ibid , p. 395, charte de l'année · texte numérisé non relu

Ibid , p. 395, charte de l'année

sième rédaction de la lettre de saint Léon, mais inconnu des écrivains antérieurs.

Je ne crois guère que, en ceci, la chancellerie asturienne relève directement des catalogues, et je suis porté à croire qu'elle s'est inspirée, pour ce détail, de la lettre de Léon ^ Celle-ci serait donc, au plus tard, des dernières années du 'ix« siècle, et la Translation, qui lui est antérieure, remonte assez haut dans ce siècle, environ vers le milieu.

Je conclus :

i^ La croyance à Tapostolat espagnol de saint Jacques remonte, en dernière analyse, à un remaniement latin des catalogues apostoliques rédigés en grec vers le commencement du vii« siècle. Ces catalogues ne sont, à aucun degré, des documents traditionnels sur lesquels on puisse faire fond.

2*^ Vers l'année 830, on découvrit, sur le territoire à'Amaea, dans le diocèse épiscopal d'Iria Flavia, une tombe antique qui fut considérée comme celle de saint Jacques. Le culte dont elle fut bientôt entourée est attesté par le martyrologe d'Adon, compilé en France vers l'année 860.

3® Vers le même temps, c'est-à-dire vers le milieu du IX* siècle, fut rédigé un récit de la Translation de l'apôtre, de Jérusalem en Galice. D'après cette pièce, le corps aurait été rapporté par les sept saints des environs de Grenade, que l'on présente comme des disciples de saint Jacques; ce récit suppose la prédication de l'apôtre en Espagne.

4« Vers la fin du ix® siècle, on fabriqua une lettre du pape Léon, non de Léon III, mais d'un Léon imaginaire, qui aurait été contemporain de saint Jacques. C'est le premier document galicien où les catalogues apostoliques ont laissé une trace littér'aire évidente, la mention des arçus m.arm,aricî.

5° Au déclin du xi^ siècle ou au commencement du siècle

\. La lettre d'Alphonse III au clergé de Tours, datée de l'année 906, d épend iûremenl de la lettre de saint Léon; mais il y a des raisons de croire que cette pièce est apocryphe.

suivant, la lettre de saint Léon fut l'objet d'un remaniement grave, qui écarta le rôle des sept saints et produisit pour la première fois les deux disciples assesseurs, Athanase et Théodore; en même temps fut éliminé le terme sub arcis marmaricis^ que l'on remplaça par l'appellation Liberum Donum.

6° Vffistoria Compostellana, terminée en 1139, relève de ce remaniement et le consacre. Depuis lors, la tradition peut être considérée comme fixée.

70 De tout ce que l'on raconte sur la prédication de saint Jacques en Espagne, la translation de ses restes et la découverte de son tombeau, un seul fait subsiste, celui du culte galicien. Il remonte jusqu'au premier tiers du ix« siècle et s'adresse à un tombeau des temps romains, que l'on crut alors être celui de saint Jacques.

Pourquoi le crut-on? Nous n'en savons rien. L'autorité ecclésiastique intervint; on peut croire qu'elle ne se détermina que sur des indices graves, à son estimation. Ces indices ne nous ayant pas été transmis, nous n'avons pas à les apprécier; les connaîtrions-nous qu'ils échapperaient peutêtre à notre compétence ^

4. En 1589, lors de l'expédilion de l'amiral Drake contre la Gorogne, les reliques de saint Jacques et de ses deux compagnons, Athanase et Théodore, furent extraites de leur tombeau sous le maître-autel et cachées sous le pavé de l'abside. On les a retrouvées en 1879. La reconnaissance en a été faite dans une série d'enquêtes conduites d'abord par l'archevêque de Compostelle, puis par la Sacrée Congrégation des Rites. Les décisions de ces autorités ont été ratifiées et proclamées dans la bulle Deus omnipotenSf du 1" novembre 1884.

loulouse, Imp. Doulauoure-Privat, rue St-Rome, 39. —8907

7800ti6 •

Duche3ne, Louis Marie Olivier, DP

.S23 Saint Jacques en Galice. d8

Page 1