‹ Saint Jacques en GaliceChapitre 12 sur 13 · Cad. el · texte numérisé non relu

Cad. el

MàNuscRiT DE Saint-Martial (Snile). Mandscbit de l'I^scurial (Suile).

sinodum relulerunt. Vos oninis et reversi fî\m{ acf/ir/orem II ierosochrislianitasqui ividem iliitis pièces liinani. El dum essent paritcr, flaa Deo offerre , (juia cerlinn esl luiii dracoiiis deslruxcrunt per mequia ibi recondiliim est corpus rilum beati lacohi et eins inulrusancli lacobi aposioli in j)are. menta disruperunl in monlein qui

ab inilio vocalus /uera^ lllicinnsel ex lune vocabimus eum monleni Sacrum. Vos vero, fratres et in Christo fîde habentes , pro nobis preces offerte Domino^ quia quod superius diximus verum est.

Le premier texte est d'ime barbarie effroyable et d'une absurdité qui passe toute expression. Il fait du pape Léon un contemporain de saint Jacques : c'est le pontife romain de l'année 44. Ce vicaire prématuré de saint Pierre adresse sa lettre aux rois, supposés chrétiens, des Francs, des Vandales, doS Goths et des Romains. On se demande de quelle plume ont pu tomber de telles bévues. Peut-être y a-t-il erreur de copiste à l'endroit où l'on voit le corps de l'apôtre élevé centro solis in aéra; cependant rien ne doit étonner ici.

Cette triple énormité a disparu dans la deuxième rédaction. Le pape écrit aux fidèles en général; il connaît saint Jacques par le livre des Actes ; ce qu'il dit de la translation ne lui a pas été envoyé « en synode » par les témoins du fait ; il n'est plus question du centre du soleil et de l'élévation dans les airs.

Une autre différence entre les deux rédactions, c'est que la deuxième intercale dans le texte primitif toute la notice d'Adon. La première n'off're aucune trace de cette dépendance littéraire. Mais il est clair que son auteur connaît la Titanslatio avec l'épisode du dragon et le mons Ilicinus. Il la suit encore en ce qu'il fait enterrer saint Jacques par les sept saints, dont trois reçoivent la sépulture auprès de l'apôtre; il donne même les noms de ces privilégiés : Torquatus, Ctésiphon et Anastase. Ce dernier ne figure pas, il est vrai, dans

la liste traditionnelle des sept saints; mais c'est sans doute une altération accidentelle, un lapsus memoriae.

Le second rédacteur a conservé tous les détails empruntés à la Translatio. Il est un peu plus précis dans ses indications topograptiiques. Dans la première rédaction, le lieu où la barque (ratis) s'est arrêtée s'appelle Bisria^, terme que l'on explique par inter duos rivos, étymologie bien extraordinaire. Le second rédacteur connaît les noms des deux rivières; autant que je vois, il les appelle Illa et Sare^ noms correspondant à ceux de l'Ulla et de son affluent le Sar. C'est dans l'angle de ces deux cours d'eau que se trouve l'emplacement de l'antique Iria (El Padron). De plus, il introduit le nom d'Iria sous une forme altérée, mais usuelle alors : in locum Iliae.

Une expression significative , qui manque encore à la Translatio, fait son apparition sous la plume de Pseudo-Léon ; c'est celle par laquelle est indiqué le lieu précis de la sépulture apostolique : sub arcis marmaricis. Là se trahit une dépendance littéraire très importante. Cette expression dérive sûrement du Catalogue des apôtres; elle se rattache à l'indication de la Marmarique comme lieu de sépulture de saint Jacques. Grâce à une retouche, arcus pour Achaia {arce, olv/q ?), on est parvenu à transporter en Galice la localité des catalogues.

Ainsi, la première rédaction de la lettre de saint Léon dépend de la Translatio et des Catalogues ; la deuxième dépend aussi d'Adon.

La troisième n'a vraiment de commun avec les précédentes que l'intention, le plan général et le nom de l'auteur supposé. C'est une rédaction toute différente, exempte des absurdités de la première, écrite en un latin à peu près convenable. L'auteur ne s'est point inspiré d'Adon. Ses sources se reconnaissent aisément : la Translatio lui a fourni beaucoup ; de plus, il a eu sous les yeux la Passio s. lacoM qui figure

1 . On appelle ria^ dans le pays galicien, les estuaires profonds qui découpent la côte et auxquels aboutissent les rivières.

dans le recueil du faux Abdias. C'est lu ([u'il a trouvé le grand-prètre Abiathar et le disciple Josias. Le lieu de la sépulture n'est pas indiqué par les mots sub arcis marmaricis ; il s'appelle Liberu77i Donum.

Le rédacteur paraît aussi avoir été préoccupé d'une concurrence a propos des ossements sacrés; il a soin de marquer que c'est le corps entier, integrum corpus^ de saint Jacques qui a été transporté en Espagne.

Ce qu'il y a de plus important, c'est que, pour la première fois, on voit ici la translation apostolique dégagée de l'histoire des sept saints. Dans la Translatio, ces personnages ont été convertis en Espagne même par saint Jacques; ils l'ont suivi à Jérusalem, en ont rapporté son corps; puis trois d'entre eux sont restés en Galice, pendant que les autres s'adonnaient à la prédication. Les deux premières rédactions, qui, pas plus que la troisième, ne parlent de l'apostolat de saint Jacques en Espagne, font cependant ramener son corps par sept disciples. Là aussi, trois de ces sept demeurent près du saint tombeau, tandis que les quatre autres repartent pour la Palestine. Nous avons vu que les noms de ceux qui restèrent sont empruntés à la liste des sept saints d'Acci. Le troisième rédacteur de la lettre de Léon respecte le groupe des sept saints; il réduit à deux le nombre des disciples restés en Galice et les appelle Athanase et Théodore, noms nouveaux, en tout cas étrangers à la liste d'Acci. Il sait de plus que ces deux disciples ont été enterrés à droite et à gauche de l'apôtre.

On peut se demander à quelle date remonte ce changement dans la tradition. Il est siir que YHistoria Compostellana (1139) dépend de la troisième rédaction. Un document de l'année 1077, un accord passé entre deux autorités locales de Compostelle, l'évêque Diego Pelaez et Fagild, abbé du monastère de Antealtares, cite également une lettre de saint Léon^ Les

1. « Dubium quidem non esl... sicul leslimonio H. Leonis didicimus papae , quod bealissimus Aposlolus lacobus Ilierosolimis decollatus, a discipulis Ipppem asporlalus, ibi non parvo tempore a Domino cuslodilus, ad ullimum Hispaniam uavigio, manu Domini gubernante sit Iraiislatum... ■ — Le [erme decollatus esl propre à la deuxième rédaction; mais il

expressions dont il se sert semblent plus voisines de la première rédaction que des deux autres; cependant, le port de Joppé y est mentionné comme dans la troisième.- Il est vrai qu'il était aisé de trouver ce détail, Joppé étant connue pour être le port de Jérusalem. S'il était certain que cette mention de Joppé a été fournie au rédacteur de la charte par la lettre de saint Léon, il faudrait admettre que la troisième rédaction de celle-ci existait déjà en 1077.

Il est sûr, en tout cas, que sa première référence, soit que l'on en voie une dans l'acte de 1077, soit que l'on descende jusqu'à VHistoria Compostellana (1139j, se place au temps de la reconstruction de la basilique. Les travaux de construction ne commencèrent, à la vérité, qu'en 1082 [Hist. Comp., III, 1 ; Florez, p. 473), mais ils durent être précédés d'une période d'études préparatoires. Ces travaux durent attirer l'attention sur la crypte et sa distribution intérieure; alors, plus que jamais, on dut se rendre compte du nombre des tombeaux qu'elle contenait et constater qu'il n'y en avait en réalité que trois : celui de l'apôtre et deux autres, à droite et à gauche.

J'inclinerais donc à croire, sans toutefois le garantir, que l'apparition d'Athanase et de Théodore est en rapport avec ces constatations ; elles ont pu, d'ailleurs, être faites avant même que l'on ne s'occupât de reconstruire l'église. On aura réfléchi en même temps à l'inconvénient que présentait l'agglutination de la légende des sept saints d'Acci avec la tradition galicienne de la Translation : les sept saints ont été laissés à leur pays et l'on s'est arrangé de manière à ne blesser personne par des revendications incongrues. Ces corrections s'exnrimèrent d'abord dans une nouvelle rédaction de la let-

clail naturel de le substituer au dissecatumdu texte de la rédaction primitive Le, groupe navigio manu Domini gubernanle caractérise la première. — Je cite cette pièce d'après Barlolini, Cenni biografi di s. Giacomo, apostolo. Home, 1885, p. 241, qui ne dit pas où il l'a prise. Florez {Esp. sagr., t. XIX, p. 22 B, 203) l'a connue. Les passages allégués ici l'oral été aussi par Mauro Castellà Ferrer, dans son Hisloria del aposlol Sancliago, publiée en 1610, p. 218.

tre de saint Léon ; de là elles passèrent dans YHistoHa Cornpostellàna, et la tradition prit sa forme définitive.

Mais la Tra7islaiio, fort heureusement, s'est conservée ; elle nous permet de juger de la forme primitive. Or, si de ce document on retranche tout ce qui provient de la légende des sept saints, que reste-t-il ? Il reste :

P Que saint Jacques est venu en Espagne de son vivant;

2° Que les sept saints d'Acci sont ses disciples;

30 Que, l'ayant suivi en Palestine, ils rapportèrent son corps en Galice ;

40 Que trois d'entre eux furent enterrés près de lui.

De ces quatre faits, la tradition postérieure a répudié les trois derniers, attribuant à d'autres disciples le rôle confié aux sept saints et restreignant à deux le nombre des compagnons de sépulture de l'apôtre.

De ce qui vient d'être dit, il résulte que, au temps où la Translatio a été rédigée, on ne savait rien, absolument rien, sur les circonstances du transport de saint Jacques en Galice; le rôle donné aux sept saints est évidemment une conjecture, une combinaison sortie non de la tradition, mais de l'imagination du rédacteur. En éliminant ce système, l'auteur de la lettre définitive de saint Léon l'a traité selon ses mérites. Seulement, il aurait bien fait lui-même d'indiquer où il prenait les deux nouveaux disciples Athanase et Théodore.

Si nous ne pouvons savoir quand et comment saint Jacques a été apporté en Galice, peut-être avons-nous chance de nous renseigner sur la date et les circonstances de l'invention de ses reliques et sur la fondation du sanctuaire galicien? — Hélas! ici encore nous sommes réduits à bien peu de chose. Des trois chartes qui se donnent comme antérieures au martyrologe d'Adon, la deuxième, celle de 844, est certainement apocryphe ; des personnes peu suspectes de sévérité en disent autant de la première, avec laquelle la troisième est tellement apparentée que le sort de l'une entraîne le sort de l'autre. Du reste, nous accepterions les yeux fermés toutes les

pièces du chartrier de Santiago que nous n'en serions pas beaucoup plus avancés. Le diplôme n*» 1, celui d'Alphonse le Chaste, daté de 829, constaterait seulement ' que la « révélation » de saint Jacques eut lieu sous ce roi (792-842), avant la date de la charte, c'est-à-dire entre 792 et 829. La façon dont le culte galicien est mentionné par Adon suppose une possession établie ; le martyrologe tout seul autoriserait à reporter à trente ans au moins en arrière, c'est-à-dire vers les années 820-830 l'établissement d'une dévotion déjà si célèbre au milieu du IX® siècle.

On peut donc faire abstraction des chartes et de leur authenticité en ce qui regarde la date de la « révélation ». Quant aux circonstances du fait, il est inutile de les demander à ces documents; jamais ils n'en disent le moindre mot. Il faut descendre jusqu'à l'acte de 1077. C'est là que nous trouvons le récit suivant^ : « Au temps d'Alphonse le Chaste, un anachorète appelé Pelage fut averti par les anges que le corps de l'apôtre reposait dans son voisinage; puis des fidèles demeurant près de l'église Saint-Félix de Lovio aperçurent des lumières qui indiquaient le lieu précis. Ils avertirent l'évêque d'Iria, Théodemir, lequel fit faire des recherches et trouva le tombeau de saint Jacques, abrité par des pierres de marbre. Aussitôt le roi Alphonse fut averti ».

VHisioria Compostellana raconte à peu près les mêmes choses; cependant elle ne cite pas le nom du moine Pelage^,

1. M Huius enim bealissimi aposloli pignora, videlicet sanclissimum corpus, revelalum est in nosiro lempore. Quod ego audiens cuni magna (levolione, elc. » (Florez, t. XIX, p. 329.)

2. « Temporibus... Adefonsi qui vocatur Castus, cuidam anachorelae, nomine Pelagius, qui non longe a loco in quo aposlolicum corpus tumulalum iacfcbat degere consueverat, primitus revelalum esse angelicis oraculis dignoscitur. Deinde sacris luminaribus quam pluribus lidelibus in ecclesia s. Felicis de Lovio commoranlibus oslenditur. Qui inilo consilio Iriensem episcopum dominum Theodomirum arcessiverunt sanctam visionem illi detegentes. Qui indicto triduano ieiunio fidelium coelibus aggregatis, b. lacobi sepulchrum marmoreis lapidibus conteclum invenil; qui maxime gavisus gaudio religiosissimum regem praefatum vocare non distulit. »

3. On conçoit que le document de 4077 ne l'ait pas négligé. Le monas-

ni l'église Saint-Félix de Lovio*. Ce sont des personnages considérables, quidam personati et magnae aicctoritatis viriy qui viennent trouver l'évêque Théodemir et lui disent avoir vu souvent des lumières dans un bois de leur voisinage ot que des anges leur ont apparu à plusieurs reprises. L'évêque se rend sur les lieux et voit lui-même briller les lumières. Alors, il entre dans le bois et découvre, au milieu des arbres et des broussailles, un petit édifice, à l'intérieur duquel se trouvait un tombeau de marbre, quamdam domunculam, marmoream tumbam intra se coniinentem. Il avertit aussitôt le roi.

Ce récit, qui ne se manifeste que deux siècles et demi après le fait, n'est pas tout à fait rassurant. Pour des gens du ix« siècle ou du xi®, ces lumières merveilleuses, ces apparitions d'anges étaient des garanties suffisantes. Le critique de notre temps, qui n'a ni vu les lumières ni entendu les anges et qui ne perçoit ces manifestations célestes qu'à travers des témoignages tardifs, serait beaucoup plus satisfait si on lui exhibait un document plus terre à terre, comme serait, par exemple, une inscription, une épitaphe trouvée dans la fameuse tombe. Mais il faut savoir se contenter. Quel que soit le motif qui ait poussé à entreprendre des fouilles dans le bois en question, il est sûr que l'on y a trouvé une chambre funéraire avec un sarcophage. Le sarcophage a disparu depuis; mais une crypte subsiste sous la basilique de Compostelle. La disposition et l'appareil en ont été étudiés par M. Fernandez Guerra et le P. Fedel Fita, deux archéologues expérimentés. Suivant eux, cette construction serait des « premières années de l'ère chrétienne ». C'est beaucoup de précision, et les savants archéologues ne nous renseignent pas sur les raisons qui les ont conduits à cette date. Tout ce qu'on peut admettre, je crois, c'est que le monument est de

1ère de l'abbé Fagild s'élevait juste à l'endroit où Pelage avait eu sa cellule.

1. Sur celte église, très voisine de la basilique de Santiago, v. Florez, t. XIX, pp. 65, 406.

l'époque romaine. Du reste, il est arrivé souvent que les tombeaux aient préexisté de beaucoup aux défunts. En ce qui regarde celui-ci, la légende elle-même le reconnaît, puisqu'elle fait déposer saint Jacques dans un temple autrefois consacré aux idoles.

L'expertise récente a constaté aussi qu'il y avait deux tombes, l'une à droite et l'autre à gauche de l'emplacement du sarcophage apostolique , dont elles étaient séparées par des cloisons en tuiles. En somme, tout concorde avec l'état de choses dont témoignent la charte de 1077, la lettre de saint Léon dans sa troisième rédaction et VHistoria Compostellana.

Il y a donc tout lieu de croire qu'un grand tombeau de l'époque romaine a été réellement découvert en cet endroit dans le premier tiers du ix^ siècle; que ce tombeau était alors couvert de broussailles et entouré de bois; que, pour des raisons que l'autorité ecclésiastique du temps jugea suffisantes, il fut considéré comme celui de l'apôtre Jacques, fils de Zébédée, décapité en 44 à Jérusalem. Ces raisons, nous ne les connaissons pas.

De ce que j'ai exposé plus haut, il résulte que, antérieurement au déclin du viii® siècle ^ il n'y a pas trace, en Espagne, d'une préoccupation spéciale de l'apôtre Jacques, et que cette préoccupation paraît avoir été aussi nulle en Galice qu'ailleurs. J'ai constaté aussi que les catalogues byzantins, qui, dans leurs rédactions latines, parlent de l'Espagne comme du théâtre de la prédication de saint Jacques, s'accordent à enterrer l'apôtre très loin de ce pays, et que, par suite, ils n'ont pu suggérer l'idée d'y chercher ses reliques.

En somme, à cette question ; Pourquoi le tombeau galicien a-t-il été considéré comme celui de saint Jacques ? il n'y a pas de réponse. Il faut s'en tenir au témoignage des anges, attesté lui-même par des documents bien tardifs, bien peu explicites, ou se résigner à l'ignorance. Trois choses sont certaines : 1° à

1. Je pense ici à s. Béat et à l'hymne cilé plus haut, p. 13, noie 3.

un certain moineat, les gens d'Amaea, dans le diocèse d'iria Flavia, ont cru que saint Jacques reposait dans un ancien tombeau, sur leur territoire; 2» cette croyance ne leur avait été suggérée par aucun document connu de nous; 3" ils l'ont admise avant de savoir comment le corps de l'apôtre était arrivé de Palestine.

11 était inévitable qu'un jour ou l'autre on ne trouvât ce comment. La Translation résolut le problème en faisant intervenir les sept saints. Cette solution, suggérée tant bien que mal par la tradition relative à ces saints, laissait à désirer î elle fut amendée vers la fin du xi« siècle, mais maintenue pour le fond des choses.

Une autre voie fut ouverte par ce document : c'est, autant que l'on peut voir, le plus ancien texte de provenance espagnole qui parle de saint Jacques comme ayant prêché en Espagne ^ On croira difficilement que ce trait n'ait pas son origine dans les catalogues apostoliques. Je ne voudrais cependant pas affirmer que l'auteur ait eu un de ces livrets sous les yeux ; il n'a de commun avec eux que l'idée de la prédication espagnole. On ne constate aucuns coïncidence littéraire, verbale, entre les textes.

Il n'en est pas de même des documents postérieurs. La lettre de saint Léon présente déjà les fameux arcus marmarici qui proviennent sûrement des catalogues. Partout où on les trouve, il faut les faire remonter aux catalogues, immédiatt^ment ou par intermédiaire. Dans la série des diplômes, ils apparaissent dès l'année 899 2; c'est, pour les rédacteurs des chartes, une désignation de lieu qui se cumule quelquefois avec l'ancien nom d'Amaea. On s'en sert ainsi jusque très avant dans le xi^ siècle 3. Plus tard, on employa au même usage le terme Liherum Donum, mis en avant dans la troi-

1. Il en esl question aussi dans Télrange lellre adressée au pape Jean XII, en 962, par Césaire, abbé de Monlserral (Florez, t. XIX, p. 3'70). Celle lettre, comme ou va le voir, esl de beaucoup postérieure à la Translation.

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