LA SOIRÉE DU 29 — LA FÊTE DES MORTS — UNE NOTE DE LA PRESSE
Comme la veille, on eut, cette après-midi du 29 juin, en la fête des saints Pierre et Paul et en la solennité de saint Jean-Baptiste, des vêpres solennelles avec salut et bénédiction du saint Sacrement. Le temps s’était fermement mis au beau. Au cours de la soirée, le programme fixait la deuxième promenade de Mgr le délégué et des hôtes d’honneur par les rues de la paroisse, dans la partie est cette fois. Ce fut un triomphe et ceux qui ont vu cela ne l’oublieront jamais. Suivie de nombreuses automobiles, la voiture de Son Excellence parcourut le territoire, de la rue Saint-Denis à l’avenue Parc-Lafontaine. Les maisons étaient partout décorées, ornées et pavoisées. On acclamait Son Excellence. On lui jetait des fleurs. On criait: “Vive le délégué”, “Vive le
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pape Pie XI...” C’était le jubilé!... Au retour, devant l’église, dont la façade était superbement illuminée de toute une parure d’ampoules incandescentes, sur une foule de plusieurs milliers de personnes agenouillées, Mgr di Maria prononça une dernière fois les paroles de la bénédiction solennelle.
Mgr le délégué fut très ému de ces acclamations et de ces manifestations non équivoques de respect filial pour le pape et pour lui-même. 11 se montra vraiment enthousiaste et, à Mgr Dubuc, qui lui faisait remarquer que ces touchantes expressions de foi et de piété de ses paroissiens rappelaient les acclamations dont tout Montréal salua, en 1910 le légat du Saint-Père au congrès eucharistique international, Son Eminence le cardinal Vannutelli, il répondit: ‘‘Oui, c'est tout pareil, et Pie XI, comme naguère Pie X, en sera bien heureux.” “Soyez profondément remercié, Excellence”, voulut continuer Mgr Dubuc... ‘‘Non, non, c’est moi, Monseigneur, interrompit Mgr di Maria, qui vous remercie de la grande joie que vous m’avez procurée en m’invitant à présider vos belles fêtes. Je n'oublierai jamais ces heureux instants que j’ai passés avec vous et vos chers paroissiens.”
Le lendemain, 30 juin, c’était pour Saint-Jean- Baptiste la fête des morts, par excellence la fête du
souvenir. Assisté de diacre et sous-diacre, Mgr Forbes, évêque de Joliette et ancien curé, officia à l’autel de son ancienne église. A l'orgue, on chanta du Perosi, et magnifiquement. Une fois de plus, la vaste nef était remplie. Tous s’unissaient dans la prière pour les disparus, paroissiens, religieux, religieuses, vicaires et curés, pour M. Maynard, pour M. Dozois, pour M. Auclair. . .
Sur cette note triste, mais que les pensées de la foi savent relever, en union parfaite des vivants et des morts pour les cinquante ans écoulés de la première période de la vie paroissiale, le jubilé d’or prenait fin.
Le soir du même jour, sous la rubrique Un bel anniversaire, la Presse publiait en Premier-Montréal la note que voici :
“Le cinquantième anniversaire de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, célébré hier, a donné lieu à de brillantes fêtes, auxquelles ont participé tous les paroissiens et de nombreux invités. Son Excellence Mgr Pietro di Maria, délégué apostolique au Canada, avait accepté de présider ce joyeux anniversaire.
“Mgr Dubuc, le distingué et dévoué curé de Saint- Jean-Baptiste depuis dix ans, et après lui, M. l’abbé Deschênes, qui a prononcé le sermon de circonstance, ont rappelé les faits principaux qui ont marqué le
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demi-siècle d’existence de la paroisse. Ils ont montré comment, malgré de rudes épreuves, Saint-Jean- Baptiste a continué de grandir et de prospérer, le nombre des fidèles quadruplant dans l’espace de cinquante ans, malgré la création de nouvelles paroisses dans les districts voisins. Ici encore, le grain de senévé, jeté en terre par l’abbé Maynard en 1874, a porté des fruits abondants, grâce au zèle des pasteurs et à la bonne volonté des paroissiens.
“Continuons d’être fidèles à l’excellente habitude de marquer d’une façon particulière et aussi solennelle que possible les principaux anniversaires de nos paroisses. Il suffit de parcourir l’histoire canadienne pour constater quelle part considérable, essentielle, la paroisse a tenue dans nos destinées. On peut affirmer sans crainte que c’est elle qui a sauvé la race canadienne-française et la foi catholique sur ce continent américain.
“Pleins de confiance en leurs prêtres, soumis à leurs directions, nos ancêtres ont fait bloc contre les influences funestes qui les menaçaient de toutes parts. Ils ont surmonté ainsi tous les obstacles et triomphé de toutes les difficultés. Puisse le passé éclairer l’avenir! Ne négligeons rien de ce qui est capable de maintenir l’intégrité de notre organisation paroissiale. C’est là la vraie source de notre force, ne l’oublions jamais!
“A Mgr le curé Dubuc, à ses vicaires -et à tousses paroissiens, la Presse présente ses félicitations et ses meilleurs souhaits de prospérité.”