‹ Saint Jean-Baptiste, l'évangile et le Canada [microforme]Chapitre 39 sur 65 · RE SR · texte numérisé non relu

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Qui emittit eloquium suum terre, velociter currit sermo éjus.—Car, pour Dieu, la neige est comme la laine des agneaux, et les nuées, comme la poussière du chemin. — Qui dat nivem sicut lanam, nebulam sicut cinerem spargit. — I] a ses plans ; il commence par envelopper les cœurs de glaçons, aussi facilement que l'on ramasse le pain dans les corbeilles. — Afi#it crystallum suam sicut buccellas. — Et dans ce mystérieux secret de sa puissance, personne ne peut supporter la frigidité de sa face, — Ante faciem frigoris ejus quis sustinebit ? Mais ce n’est qu'une épreuve. Il suffit d’une seule parole du Verbe pour faire fondre toutes ces glaces, — Ærmiftet verbum suum et liquefaciet ea. — L'esprit de Dieu n’a qu’à souffler et les eaux affluent, — Æabit spiritus ejus et fluent aque. — Et tout cela n'est pas un rêve, O Sacré Cœur de Jésus ! car, nous dit en terminant ce cantique de l'avenir votre Prophète-Roi qui fui si grand pécheur et si sincère pénitent, — ‘‘ ce n’est pas envers toutes les nations que le Seigneur en agit ainsi et qu’il manifeste en ce mode d'aussi exceptionnels décrets de sa miséricorde, ALLELUIA. *’ — Von fecis taliter omni nationi et judicia sua non manifestavit eis. Alleluia.

Je sais bien que beaucoup de gens, et même appartenant à des classes diverses, traiteront de chimérique la donnée qu’on vient de lire ; mais voici ma réponse; elle sera technique et demande attention, — C'est par cette pensée que j'ai voulu clôturer les pensées de ce Livre.

Ce qui n’est pas une chimère en Canada, ce sont deux grandes tristesses religieuses et qui sont attachées à son sol ; l’une est négative et l’autre est positive.

La Tristesse négative, c'est de voir le Canada, qui est une nation éminement catholique, où la Foi du peuple est profondément enracinée, qui ne connait ni le respect - humain de ses pratiques de piété, ni les complaisances morbides des fausses religions qui s’exercent sur son sol ; bref, qui est merveilleusement réfractaire à toute apostasie de son Baptème ; eh bien, de voir cette forte et dévote nation canadienne avoir si peu fait jusqu'ici pour la conversion des Protestants, déployer si peu de zèle pour une si belle mission pourtant indiquée d’elle-même à la pure charité catholique, et répondre, en un mot, si faiblement, si timidement, à cette vocation évidente du bon Pasteur à son égard.

Quant à la Zristesse positive, nous entendons par là les querelles et les divisions du Clergé. — Inutile de discuter le sujet ; mais on peut affirmer, sans grand’ crainte d'’errement que : Sÿ l’on avait évité, — ET QUAND ON ÉVITERA, — de se donner à soi-même la Tristesse négative que nous venons

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de signaler ; on aurait peut-itre prévenu, —E£T L'ON TERMINERA POUR JAMAIS — la grande Tristesse positive que nous ne faisons que désigner du doigt.

Et je n’ai pas l'intention d’en dire davantage.

Mais, il est bien permis d'émettre le souhait de voir une Œuvre nouvelle se fonder en Canada. — On m'a dit, du reste, un jour que j'en parlais, que l'idée de cette œuvre vit dans le cœur du Saint Pontife de ce pays et de quelques-uns de ses plus fidèles disciples. — Or, cette œuvre, devrait avoir pour principe de créer ici, spécialement à l'égard du Protestantisme Américain, le COLLÉGE DE LA PROPAGANDE du Nouveau Monde.

Les reliques de St. Jean-Baptiste sont conservées à Gênes ct sont vénérées dans la Cathédrale de cette ville qui s’appelle Swperée. Un jour, ilya quelque quatre siècles de cela, on apporta, pour être baptisé dans cette Cathédrale, un enfant qui venait de naître ; c'était le fils d’un marchand de drap des environs. Au moment où s’accomplit le Sacrement qui rachetait une âme à Jésus-Christ, oh bien sûr ! les ossements sacrés de St. Jean- Baptiste durent tressaillir d’un tressaillement tout particulier, comme lorsque de son vivant, il voyait passer de loin le Sauveur du monde en personne. C'est que, quelques années plus tard, cet enfant devenu homme, après avoir vainement sollicité de sa propre patrie. — Nul n’est prophète dans son pays, dit le Seigneur lui-même, (1)—une grande faveur dont l'ambition n'avait cessé de tourmenter sa studieuse jeunesse, venait enfin de voir ses vœux comblés par la Catholique Espagne. — Il avait un vaisseau à lui ! — Et quand il l’eut, quand il y mit le pied, il portait tout un monde nouveau dans sa tête et l'Evangile dans son cœur. (Cet enfant, cet homme, ce navigateur, c'était Christophe Colomb. Or, pendant que le baptisé de la cathédrale de Gênes naviguait sur la vaste étendue des mers, St. Jean-Baptiste le suivait du haut du Ciel et toujours Précurseur, toujours Prophète, toujours Conquérant, prenait sa part du grand héritage qui allait être découvert. Il exerçait ainsi ce Droit d’Aînesse sur l'humanité tout entière dont le Christ l’avait investi de son vivant et le beau Majorat qu’il se choisissait dans la conquête c'était le Canada. Et l’on peut bien dire, sans jeur de se tromper, que pénétrant jusqu'aux extrémités des grandeurs futures de ce Canada, qui sont encore inconnues à ses habitants de l’heure actuelle, St. Jean-Baptiste leur Patron avant la découverte du pays, de même qu’il fut sanctifié avant sa propre naissance, paraphrasait, devant le Trône de cet Agneau de Dieu qu’il avait chanté sur la terre, ce verset de l'Ecclésiastique (2) qui nous a

(1) Amen dico vobis quia nemo propheta acceptus est in patria sua, — Lue. 1V 24. (2j Eccli. XXIV. 6.

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paru bien approprié pour servir d’épigraphe à un livre consacré au culte de ce Saint.

Et radicavi in populo honorificato. — Je me suis enraciné dans un peuple substantiel dans l'honneur, *

Et in parte Dei mei hereditas illius. — Et l'héritage de ce peuple est une portion elle-même de Dieu.

Etin plenitudine sanctorum detentio mea, — Et c'est dans la plénitude des Saints que je me fais l'HABITANT de ce sol.

PRIÈRE

O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — PATER NoSTER QUI ES IN CŒLIS ; — Jésus son Fils Unique, fait Homme par miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel de doutes les nations du monde ; et Vous, Esprit-Saint, qui procédez du Père et du Fils, par la vertu incompréhensible de l'incommensurable amour, qui, seul, pouvez éclairer nos intelligences, feconder nos volontés, pacifier, purifier et sanctifier nos cœurs ! — nous avons faim ! c'est le cri général de s'humanité contemporaine, dont les entrailles sont si torturées. Nous avons faim ! © Jésus- Voyageur, que les foules suivaient, ayez pitié de nous, comme vous avez eu pitié d'elles, quand par deux fois, attendri de les voir privées de nourriture, vous avez opéré en leur faveur le miracle de la multiplication des bains. Mais c'est surtout du pain des idées, du pain de la morale, du pain des sentiments, du pain de la vraie joie que le monde est affamé, à l'heure où il se trouve être DParvenu; heure étrange ef maladive, où la disette augmente à mesure que l'appétit se trouve aiguisé dans les masses. Tous ces pains enviès, Seigneur ! ous ces pains, qui peuvent être substantiels à l'intelligence, nutritifs pour le cœur et restaurateurs de toute vie morale ; tous ces pains, ts sont faits du pur froment de la Doctrine. Ah! donnez-le nous donc, ce pain qui vous ressemble, étant unigrie et multiple comme vous. Donnez-le nous, et ne permettez pas que nous le jetions jamais aux chiens, selon vos propres paroles divines." Donnez-le nous ; c'est le pain de notre mission, c'est lui qui constitue et qui reconstitue la vitalité de tout en ce monde, qu'il s'agisse des plus grandes comme des plus petites choses, des in\érêts les plus personnels ou les plus collectifs, des besoins les plus

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intimes ou les plus sociaux ; car tout est un en vous. Faites donc quotidienne cette nourriture une que nous vous demandons à genoux ; ef que chaque jour nous venions en chercher sur vos genoux notre ration de chaque jour. — PANEM NOSTRUM QUOTIDIANUM DA NOBIS HODIE.

Nous vous demandons cette grâce, pour la Chrétienté tout entitre, et spécialement pour le Canada, notre patrie, par les mérites de son Bienheursux Protecteur du Ciel, St. Fean-Baptiste, et en mémorial de la MisSioN, dont il fut le modèle parfait, l'exemplaire achevé et le type idéal ; mission, dont notre vie nationale et patriotique doit être, en retour, la copie fidèle, limitation conciencieuse et la franche reproduction, — AM,

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