S. Joann., vm
(( Celui que Dieu envoie parle le langage de Dieu. Dieu ne lui mesure pas l'esprit. Les prophètes qui se sont succédés jusque là étaient inspirés, mais en de certaines limites, et pour la révélation de certaines vérités. Celui qui doit venir est en possession directe et plénière de l'esprit. 11 est l'envoyé par excellence, aucune de ses paroles qui ne doive être divine. Le Sauveur dira : A te exivi et crediderunt quia tu me misisti ut cognoscat mundus, quia tu me misisti '.
« Le Père aime le Fils, il remet tout entre ses mains.... Le Père, le Fils, les deux grands noms qui se retrouveront sans cesse sur les lèvres du Sauveur ; le Père et le Fils qui ne font qu'un : « Ego et Pater unum sumus ~. » Le Père aime le Fils. Et le Sauveur: Moi en eux, vous en moi, afin qu'ils soient consommés dans l'unité et que le monde sache que vous m'avez envoyé et que vous les aimez comme vous m'avez aimé moi-même. « Sicut et me dilexisti » '. Le Père remet tout aux mains du Fils. Et le Sauveur: Sachant que son Père a remis tout entre ses mains « sciens quia omnia dédit Pater inmanus'*. »
On le voit, Jean-Baptiste parle du Messie dans les termes dont le Messie usera pour se révéler au monde. Ce simple rapprochement entre les deux langages établit victorieusement, il nous semble, la nature et la sûre exactitude des enseignements du précurseur. Manifestement il prêche la divinité de Jésus-Christ. Non-seulement au sortir des eaux du Jourdain, mais à chaque occasion nouvelle et par une accumulation d'expressions plus significatives les unes que les autres, il témoigne qu'il est le Fils de