‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 35 sur 99 · S. Joann.,i · texte numérisé non relu

S. Joann.,i

grec, voilà l'inconcevable et l'irrationnel. Dieu reste Dieu. L'homme reste homme. Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de confusion possible. Seulement Dieu et l'homme se rencontrent dans l'ineffable union théandrique du Verbe fait chair, objet de notre sainte Foi.

Puisqu'on nous dit que cette conception des choses est une conclusion laborieuse des efforts de la pensée grecque et de la pensée judaïque, se combinant après trois siècles de difficiles tentatives, montrons que les métaphysiciens d'Alexandrie demeurent très-loin du « Consuhslantialem Patii » de Nicée, et qu'à son tour cette nette et rigoureuse formule, vrai rayon de lumière dans l'ombre des subtilités sans fin, n'est que l'écho très-exact des affirmations mêmes de l'Evangile. Sans doute le précurseur ne parle pas comme Athauase; le Sauveur non plus. Tout ce qu'il faut dire néanmoins, il le dit. Quand l'heure sera venue de ramasser en un seul mot la pleine vérité « consubstantialem Patin » les éléments de ce mot vainqueur, c'est Jean-Baptiste, c'est Jésus, ce sont les apôtres qui les auront fournis ; ce sont les Evangélistes, les actes, les épîtres, qui en auront gardé la fidèle et authentique mémoire.

Puisqu'enfin sous prétexte de ramener les âmes à l'unité de la paix, on prétend qu'il n'est point indispensable pour être chrétien de croire à Ja divinité du Christ, que quiconque accepte la morale de l'Évangile, peut de plein droit revendiquer l'honneur de ce titre, montrons que le christianisme n'est une Pieligion, la lieligion totale et définitive, que par le dogme de la présence et de l'action immanente de Dieu au sein de Phumanité, que tout l'ordre surnaturel est là, qu'il n'est imposé par force à personne d'entrer en cette grandeur et beauté de doctrine, mais que nul ne saurait sans ironie et sans blasphème se dire chrétien, s'il ne commence point par la foi sincère au Dieu fait homme I

Voilà notre tâche, en présence de la négation ouverte ou dissimulée, hardie ou respectueuse.

Au milieu des assemblées chrétiennes qui entourent la chaire, nous n'aurons pas à venger la vérité contre de semblables attaques. Parlant à des âmes convaincues de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Glirist, nous devrons leur rappeler ce qui est l'objet de leur conviction, plutôt qu'engager devant elles des recherches et discussions difficiles. Contentons-nous alors d'affirmer que Jésus-Christ est Dieu, mais avec énergie, insistance, autorité. Les fidèles ne l'ignorent pas, soit; mais ils ont besoin de le mieux savoir. 11 faut qu'ils dégagent leur croyance de certaines ombres toujours prêtes à l'envelopper, qu'ils la considèrent plus attentivement et de plus près, avec plus d'admiration et d'amour, qu'ils lui demandent pour leur vie pratique plus de lumière et plus de fécondité. Que de chrétiens, je ne dis pas entre les moins bien disposés, pour qui cette foi spleiKÏÏde : Jésus-Christ est Dieu 1 reste engourdie au fond de la conscience, comme semence en terre lourde, sans rien produire, quand elle devrait porter de toutes parts, à travers toute l'existence, la richesse, la joie, l'honneur, la force de la sainteté I

Donc, répétons même aux croyants, que Jésus-Christ vient d'en haut, vient du ciel, pour nous relever, nous qui sommes en bas « deorsùm » ;

Que ses révélations sont l'expression même de ce que Dieu est, ses enseignements l'expression de ce que Dieu ordonne « verha Dei loquitur » ; ses préceptes: Verha Dei, ses menaces : Verba Dei; ses promesses: Verba Dei; jusqu'au moindre mot de l'Évangile, jusqu'au dernier iota, tout ce qui est tombé de ses lèvres : Verba Dei ;

Que tout est entre ses mains, c'est-à-dire qu'il est notre médiateur universel auprès de Dieu, nous transmettant ce

S\INT HvVN-liU'TISTE. 1)7

que Dieu nous niéiiago de grâces et de biens, transmet tant à Dieu ce que nous pouvons offrir de prières, de mérites, d'expiations. Xul rappoit de la Divinité avec les hommes, des hommes avec la Divinité qui ne se ramasse et ne se résume eu Lui I Pcr ipsum, cimi i])xo, in ijtso.

Que pour avoir la vie, la vie éternelle, pour être établi dés ce monde dans le commencement de ce qui ne doit pas tînir, il faut croire au Fils. Le salut initial est là.

Oui, répétons ces choses sans nous lasser, sans craindre de lasser ceux qui nous entendent, à temps et à contretemps: Prœdica verb)im..,. iuata opportune et importune' .

« Ecce Agiuis Dei, ecce qui lollit « peccalum miiiidi. »

Peuse-t-ou que le précurseur se serve indifféremment de celte dénoniination louchante, quand pour la première fois il voit le Messie et qu'il le désigne à ralteution de ceux qui l'enlourenl? Peul-on croire de même que l'Esprii- Saint qui inspire ou dirige l'Évangèlisle suggère sans motif à ce dernier, de rappeler expressément ce délail de la première rencontre de Jean-Baptiste avec Jésus-Cfirist? Manifeslemeut non.

« Voici l'Agneau de Dieu ! Voici Celui qui efface le péché

du monde! » Courtes paroles; inexplorable immensité de

lumière! Sous le voile de celle atlendrissanle image, il

faut recoiuiaîlre la plénitude du mystère chrélien. « il/yv-

.leriiDei Palrisel Christi Jesu^ïi, comme parle saint l'aiil.

L'incarnalion! La Rédemption! termes qui s'appelleui ; idées et croyances indibsolublemenl enchaînées l'une à

Page 1