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MO SAINT JEAiN-BAPTISTE.
Nous venons d'entendre Jean -Baptiste. 11 ne fait rien autre sur les bords étonnés du Jourdain. Les évangélistes non plus, saint Paul non plus, l'Église enfin non plus. L'Église résumant toutes les voix qui ont annoncé le jugement affirme qu'il y faut croire. Elle en met la solennelle expression sur les lèvres de ses fils : o Iterûm venturus est judicare vivos et mortuos. « Le Messie viendra de nouveau. 11 jugera les vivants et les morts.
Paraît-il inexact ou^ téméraire de dire que ce dogme capital n'est point prêché de nos jours, autant qu'il serait désirable? 11 semble de plus en plus que le seul missionnaire des campagnes, au milieu des simples gens, puisse et doive aborder ce grand sujet. Nous sommes de ceux qu'un tel préjugé désole et scandalise. ,
Comment! voilà dans l'Évangile, à pleines pages, un enseignement dont les racines plongent aux plus secrètes profondeurs de l'âme humaine, un enseignement que les apôtres de tous les siècles, et de tous les pays se sont fait un devoir d'annoncer sans repos ni trêve, un enseignement qui par ses salutaires menaces a ramené vers Dieu, ou retenu sur les pentes de l'abîme des milliers d'âmes tombées ou cliancelantes, et pour obéir à je ne sais quelles réclamations et exigences du goût public, nous consentirions à nous taire !
Nos contemporains par hasard, auraient-ils moins besoin d'être instruits et tenus en éveil que les contemporains de saint Jean-Baptiste, ou ceux de saint Jean-Chrysostome, ou ceux de saint Bernard, ou ceux de Bourdaloue et de Bossuet? Vraisemblablement non. Pourquoi dès lors cette habitude est comme ce bon ton du silence?
Que nous soyons sobres, très-sobres de descriptions, de peintures, de tableaux •. à la bonne heure ! Contenlônsnous dos textes des Saintes Kcriliires littéralcmeiil repro-
SAINT JEaN-IIAPTISTE. 111
duilos, ahslonons-nous do commentaires fantaisistes. Au siècle où nous vivons, tout ce qui ressemble à la déclamalion est plus que jamais hors de propos. Ce ne sont point les amas d'images et de phrases qui domptent les âmes contemporaines; c'est l'idée, l'idée lumineuse, énergiquemenl affirmée, traduite en chauds et virils accents.
Mais no l'oublions point, ces réserves faites, nous aussi comme le précurseur, nous devons prêcher le Messie Juge!
établissons l'entière certitude de cette vérité, soit au nom de la raison, soit au nom de la foi.
Expliquons la beauté si philosophique de l'approprialion qui est faite du jugement à Jésus -Christ. « Le Père a laissé tout le jugement au Fils. Le Père lui a donné d'exercer tout le jugement parce qu'il est fils de l'homme '. »
Insistons sur la nature et les degrés des exigences divines proportionnelles aux avances de la grâce. « Il sera beaucoup demandé à qui aura beaucoup reçu : Cui multitm datum est, multum quœretur ab eo -. »
C'est du bon sens et de la simple équité; mais le nombre est considérable, de ceux qui l'oublient, même parmi les chrétiens convaincus.