S. Joann., i
manifestation de la sainte Trinité est pleine d'enseignements qu'il faut au moins indiquer.
Au moment où, pour la première fois, le Messie se montre aux hommes, le ciel s'ouvre, et le mystère de la vie divine se révèle en ses profondeurs, le Père, le Fils, l'Esprit ! Les deux événements se produisent à la fois ; ils sont absolument contemporains. Connaître Jésus-Christ, le rencontrer, le voir, c'est ?e trouver en présence de la pleine essence divine. Au cours de son ministère apostolique, le Sauveur insistera fréquemment sur cette vérité capitale : « Philippe, celui qui me voit, voit aussi le Père! Philippe qui videtme, videt et Patrem ' ; en d'autres termes, pour arriver à la parfaite et sûre notion de Dieu, le meilleur est de partir de moi. La preuve en est donnée par avance dans la scène grandiose des bords du Jourdain.
Et, par voie de conséquence, il est permis de dire encore que, dans la mesure où l'on se refuse à voir Jésus-Christ, on s'expose à perdre aussi l'idée de Dieu. Saint Jean le déclare expressément en sa première épître : « Quiconque nie le Fils, dit-il, ne retient même plus le Père ^. » Parole terrible, redoutable menace trop justifiée par l'expérience. Assurément, sans être chrétien ni catholique, on peut très-fermement croire au Dieu personnel, créateur, providence, juge. La religion naturelle n'est pas une chimère, il s'en faut. Mais combien souvent n'arrive-t il pas à ceux qui, ayant connu ou pu connaître Jésus-Christ, se sont détournés de lui, de glisser sur une pente fatale et de se perdre en quelqu'un des abîmes de la négation complète. On dirait qu'un châtiment affreux s'attache à leurs premières résistances, à leur infidélité de la première heure et les détourne