‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 86 sur 99 · latni., \i. In · texte numérisé non relu

latni., \i. In

« faites ce que je dis, et non pas ce que je fais, » remarque très-justement Mgr Isoard, n'a jamais eu moins de chances d'être acceptée que de nos jours.

Ensuite, parce que la soif ardente du bien-être, l'universel besoin de jouir étant le mal dominant de notre époque, et nous, prêtres et représentants de Jésus-Christ, ayant reçu précisément la mission d'opposer à chaque forme prépondérante du mal l'exemple et le remède de la vertu contraire, l'attitude à prendre, le devoir à remplir empruntent aux circonstances un degré d'évidence et d'obligation de plus.

Citons encore sur ce point l'auteur auquel nous nous sommes souvent déjà référé.

(( Le vice détermine la vertu. Les gens de bien s'appliquent à acquérir une vertu avec une ardeur d'autant plus grande que le vice qui lui est opposé règne plus répandu et plus libre. De même l'hérésie ou l'erreur détermine selon les circonstances, celles des vérités de la foi à laquelle nous devons nous attacher avec plus d'amour.

« Ça été l'usage constant des fidèles de s'adonner aux dévotions et aux pratiques qui condamnaient plus explicitement l'hérésie menaçante... Mettant à profit cette leçon, nous devons nous proposer à nous-mêmes certaines règles de vie propres à éloigner de nos âmes, et à combattre dans celles de nos frères, l'erreur principale et comme maîtresse de l'époque où nous vivons.

« Peut-on dire qu'une erreur est parmi nous plus accusée que les autres? Toutes les vérités fondamentales de notre sainte foi ne sont-elles pas ou formellement contredites et rejetées, ou écartées et laissées de côté par le grand nombre?

(( 11 est vrai. Mais entre ces vérilés il en est une cependant que nous ne pouvons annoncer sans réveiller l'attention, sans provoquer une sorte de colère.

SAINT JEAN-B.VPTISTJE. 2G9

<( C'est le dogme de la vie future.

u Nos contemporains ne veulent pas rometlre leur bonheur à plus tard, lis ne veulent pas qu'on détourne le travail qui a pour but d'améliorer indéfiniment la vie préseiite, et cela au profit d'une vie inconnue. Ils ne veulent pas qu'on prêche la patience en vue de compensations futures. Ils sont persuadés que nous ne promettons le Ciel aux malheureux de toutes catégories que pour obtenir d'eux l'acceptation tranquille de leurs maux, et pour jouir à leur détriment et de complicité avec les classes élevées, de tous les biens qu'on peut recueillir sur la terre.

« La négation obstinée et irritée de la vie éternelle, telle est l'erreur dominante et fatale de notre temps.

(( Notre devoir est de lui opposer une prédication, nne affirmation sans cesse renouvelée du dogme de la vie éternelle et de toutes ses conséquences.

(( Mais à qui faire ces prédications? De qui faire écouter ces affirmations raisonnées? Par qui faire admettre nos démonstrations? Comment atteindre les oreilles de cette foule? Comment obtenir qu'elle nous donne la parole et qu'elle nous la laisse pendant un temps suffisant?

(( On ne veut pas nous entendre, cela n'est que trop vrai, mais on ne peut, du moins, s'empêcher de nous voir. Qu'on nous voie donc repousser les biens que tous convoitent avec une telle passion! Qu'on nous voie simplifier davantage notre vie, à mesure que la plupart des hommes encombrent la leur de plus de vanités * ! »

... Homine)n mollibus vestimentls indutum? ecce qui in veste preciosa sitnt et deliciis, in domibus regiim siint.

Prophetam... Et plus quam Prophetam. C'est le résumé i. Mgr Isoard. La vie chrétienne, chapitre 1", examen.

de toutes les excellences de la destinée de Jean-Baptiste. Nous aurons l'occasion dans un chapitre spécial d'étudier ce verset et le suivant, où se rencontre avec la révélation, de la grandeur exceptionnelle du précurseur, la révélation des grandeurs plus éminentes encore du sacerdoce. Mais comment ne pas remarquer dès maintenant à quel point ces mots : prophetam., plus quam prophetam, appliqués au prêtre sont d'une absolue vérité? Plus que prophète assurément, celui qui n'annonce pas, mais qui montre, qui donne, qui répand le Messie, des mains et des lèvres duquel le Messie s'échappe comme un rayon s'échap.pe du foyer! Plus que prophète, celui qui ne se présente nulle part n'aborde aucun de ses frères, sans avoir pour mission trèsauthentique, très-immédiate de préparer les voies au Messie.

Le prêtre c'est l'ange dont Malachie a parlé : & Mitto angelum ante faciem tuam. » C'est Élie qui doit venir « ipse est Elias qui venturus est ». Le prêtre promulgue lui aussi et plus expressément que Jean-Baptiste le vrai et définitif rapport des créatures à Dieu, la religion parfaite, le royaume du ciel qui n'est plus attaché au seul avantage d'une naissance et d'une nationalité privilégiées, mais qui s'offre à n'importe quel fils d'Adam comme prix de l'effort personnel, de l'ardeur de la foi, de la persévérance courageuse à fuir le mal et pratiquer le bien... n A diebits Joannis reçjnum ncœlorum vimpatitur, et violenti rapiunt illud. »

Et c'est pourquoi ceux qui l'accueillent agissent sagement, ceux qui le repoussent méprisent le dessein de Dieu Consilium Dei spreverunt.

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