I. C'est rhomëlîe qu*il a prononcée le jour de Pâques
9. Tbéodose lui-même, nous dit Jean, avait récemment publié un édit, où il ordonnait, pour honorer la fête de Pâques, de libérer les prisonniers, et Flavien le lui rappela dans son discours. — Il faut comparer au récit de tous ces événements, tels que les présente Jean, celui de Libanius (tome i,p. iSi, éd. Reiske),etceluideZosime(IV, 4i)iqui suppriment à peu près le rôle joué par les moines et Flavien. 11 se peut que Cbrjsostome, qui, à cette époque, n'était pas encore tout à fait détaché ae la rhétorique, ait amplifié ce rôle ; mais ce que nous savons des sentiments de Tbéodose nous porte à croire que, en somme, son récit est plus proche de la réalité que celui de Libanius ou de Zosime.
substitué à lui, et, en décrivant Taudience que lui accorda Théodose, il refait après coup, à Tusage de ses auditeurs, non sans rhétorique, non sans quelque verbosité, mais avec une réelle émotion, le discours auquel il semble que Tindulgence du prince avait été due surtout.
La crise de 887 est décisive dans l'histoire de la prédication de Chrysostome. C'est elle qui révéla à son public et lui révéla peut-être à lui-même toute la puissance de son éloquence et tout l'effort dont son zèle était capable; c'est elle qui établit entre son public et lui cette sympathie qui autorisa désormais l'un à tout dire, et disposa l'autre à tout entendre. Elle fut donc capitale par ses résultats. A ne la considérer qu'en elle-même, elle fournit d'abord à Jean quelques-uns de ses plus beaux éclats oratoires; mais ce qui, sans doute, est le plus remarquable, en la circonstance, ce n'est pas celte éloquence, à coup sûr admirablement passionnée -et brillante, mais où entre encore un peu trop de procédé ; c'est que dès lors le prédicateur est passé maitre dans la tactique de son art, qu'il est sûr de l'action qu'il exerce, qu'il en règle en conséquence les effets, selon les besoins de chaque jour, mêlant même aux heures les plus tragiques, au pathétique qui sortait tout naturellement de la réalité ellemême, l'instruction catéchétique qui reste pour lui l'essentiel. Tel sera désormais Chrysostome dans sa prédication, s'élevant au-dessus des misères de la vie de chaque jour, et essayant d'élever avec lui
ses auditeurs, pour s'attacher et les attacher aux devoirs que chaque jour aussi cette vie nous impose, sans distinguer entre ces devoirs, qu'ils soient la simple et humble tâche commune à tous, ou les sacrifices plus difficiles qui sont parfois le lot de quelques-uns.