CHAPITRE PREMIER
LA TRAVERSéB DE l'aSIB MIIfEURB. LE SÉJOUR A
NIGÉE. LA CORRESPONDAIfCE AVEC LES DIACCWESSES
DE GONSTANTINOPLE ET LES PRÊTRES d'aNTIOCHE.
Chrysostome partit pour Texil, avec une assez forte escorte de soldats du préfet, qui se montrèrent pour lui très bienveillants, et s'appliquèrent à lui rendre tous les menus services que Fétat assez misérable de sa santé réclamait ^ Il ignorait encore, et n'apprit qu'en cours de route, quelle résidence lui serait assignée. Les amis fidèles qu'il avait laissés à Constantinople espéraient qu'ils pourraient un jour lui être utiles. Une diaconesse, Sabinlenne, avait entendu dire qu'il serait relégué sur les côtes de la
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mer Noire, et se préparait à l'y rejoindre*. D'autres disaiem que ce serait à Sébaste, eu Arménie, et un riche persounage, Arabios, qui y possédait de grands domaines, metuit à sa disposition une maison. Jean sut enûo que sa résidence serait Cucuse, à l'extrémité de la Cappadoce, sur les fronuères de la Cilicie, dans la petite Arménie. Le pays était mal peuplé, d'un climat rude; il était exposé aux incursions des brigands isauriens qui l'avoisi* naient. Jean attribua*, non sans vraisemblance, à Eudoxie ce choix bien combiné pour aggraver la peine.
Si désormais ses homélies nous manquent, la cor-
respondauce qu'il entretint avec les diaconesses de
Constantinople, surtout avec Olympias, ou avec ses
amis d'Antioche, nous permet de suivre pour ainsi
dire jour par jour les péripéties de son pénible
voyage à travers l'Asie Mineure. Ce voyage fut coupé
par certaines stations, dont les unes furent ua repos
pour Clirysostome, tandis que les autres lui réser-
vÀront de graves ennuis. La première fut à Nicée
lut se reposer quatre semaines. 11 était alors
les dispositions d'esprit très sereines ; il recom-
lit à ses diaconesses d'imiter sa résignation.
tu souhaites recevoir beaucoup de lettres de
écrivait-il à Olympias, prouve-nous que nos
I, en se multipliant, te portent profit ; alors tu
verras que nous t'accorderons largement ce que tu demandes .... Je suis en bonne santé et joyeux , disait il un autre jour, et une seule chose me trouble^ c'est de n'être pas certain que vous êtes en joie comme moi*. »
En même temps, ce besoin d'activité qui était si vif en lui le reprenait ; ne pouvant plus se dévouer à son troupeau, il cherchait une autre tâche. Nous avons vu combien il avait pris de peine, déjà, pour travailler à la conversion des derniers païens, et comment en particulier il avait entrepris de rér pandre le christianisme en Phénicie. Non seulement il avait aidé, dans a mesure où il l'avait pu, l'évêque Porphyre de Gaza dans sa propagande, mais encore, profitant des amitiés précieuses qu'il avait conservées à Antioche, il y avait organisé une sorte de mission dont il avait confié la direction au prêtre Constance. A Nicée, pendant les jours plus calmes qu*il y passa, il se reprit d'enthousiasme pour cette oeuvre. On lui montra un moine renommé par s$i sainteté, un de ceux qui se faisaient murer dans une sorte de cellule, en laissant seulement une ouverture par où Ton pût leur faire passer leurs aliments; il l'envoya à Antioche, s'engager parmi les missionnaires de Phénicie, et rien ne montre mieux que ce fait combien, depuis sa jeunesse, s'étaient modifiées certaines de ses idées ; maintenant au-dessus de tout il mettait la charité active. Au moment de partir de