FIN DU TONS PREMIER
(il) Page 38.
Selon fiaronius, Jean serait né en 395; selon Blondel , Hennant , Tillemont, Baillet et autres, en 347. La première de ces dates est inadmissible , la seconde souffre des difficultés.
Acceptant les données de Georges , Baronius croit que le Saint avait cinquante-deux ans huit mois quand il mourut, le ii septembre 407. C'est pourquoi il le fait naître en 355 , quelques mois plus tard que le grand évêque d'Hippone. Au milieu de ces supputations incertaines, nous avons un point de départ incontesté : c'est que Jean fut fait évêque de Constantinople en février 398. Or, il n'est pas moins avéré qu'à cette époque il avait rempli douze ans le ministère sacerdotal dans sa ville natale ; qu'avant d'être prêtre , il était resté cinq ans diacre, et qu'avant sa promotion au diaconat, il avait passé six ans dans les montagnes de Syrie, au milieu des anachorètes qui les peuplaient. Donc, en supposant qu'il ne s'écoula aucun intervalle entre son retour du désert et son ordination comme diacre , il faut placer son départ pour la montagne au commencement de l'année 375 ou à la fin de 374. S'il naquit en 355 , il n'avait alors que vingt ans. Mais ne nous apprend-il pas lui-même {advid, jun., t. i , p. 340) que son père était mort depuis vingt ans, quand il commença d'étudier sous Libanius ? Après des travaux littéraires assez remarquables pour que le maître songeât à lui pour en faire son successeur (Sozom., liv. 8 , c. S) , après quelques essais au barreau , il s'éloigna du monde , et , se plaçant sous la direction de l'évêque de Mélêce , il s'appliqua trois ans durant à Tétude des saints livres , avant d'être attaché à Téglise d*Antioche comme lecteur. Ainsi , en ne donnant qu'une année aux travaux littéraires et au barreau, chose difficile
598 S. JEAN CHRYSOSTOHE.
à admettre , il y a quatre ans qui ne peuvent trouver place dans la supputation qui le fait naître en 399.
D est vrai que Pallade {Dial., c. 9) nous le montre quittant le monde dès dix-huit ans. Hais , outre que ce chiffre ne nous fait gagner que deux ans quand il nous en faut quatre , il est certain que Pallade se trompe. Jean lui-même nous assure qu'il n'avait pas moins de âO ans quand il commença de suivre les leçons de Libanius (loe. cit,). C'est donc une chose évidente qu'il était âgé de 24 ans au moins en 375 , quand il quitta la ville pour aller partager au désert la vie des ascètes. Ceci porte la date de sa naissance en 39i .
Mais , dans cette supputation , Chrysostôme eût été fait lecteur en 379. Or, dît avec raison Tillemont, cela ne se peut ; car S. Méléce , banni d' Antioche vers la lin de 370 ou au commencement de 374 , n*a pu y rentrer qu'en 378. On ne peut pas dire que ce fut à son retour de l'exil qu'il a fait Jean lecteur, ce qui ne laisserait que deux ans et quelques mois jusqu'à son diaconat , quand nous savons qu'il s'en écoula six. On ne peut pas admettre non plus ce que rapporte Socrate (liv. 6 , c. 3 ) , que ce fut je ne sais quel Zenon de Jérusalem * qui ordonna.lecteur notre Saint, en l'absence de Mélèce; car Pallade affirme le contraire , et il est autrement instruit et digne de foi que Socrate (Pall., Dial., c. 9). C'est donc avant le bannissement de Mélèoe , c'est-à-dire en 370 au plus tard , que Jean devint lecteur, et s'il avait alors vingt-quatre ans , comme il est imposible d'en douter, nous devons placer sa naissance en 346.
Cette date elle-même , plus colavenable que celle de 347, est susceptible d'objections. Tillemont le sent ^ bien, qu'il voudrait la remplacer par celle de 349 (t. ii , p. 548), et s'il ne s'arrête pas à cette opinion , c'est par respect pour Hermant. Nous ne pouvons le suivre jusque-là.
Remarquons , en effet , avec le P. Stilting , que ce fut avant le départ de Jean pour la solitude, par conséquent avant 379, qu'il fut question de lui pour l'épiscopat , fardeau redouté de sa modestie , auquel il eut de la peine à se dérober ( de Saard,^ i ). Ceux qui le font naître en 347 sont obligés de dire qu'il avait alors de vingtquatre à vingt-sept ans. Or, le concile de Néo-Césarée (en 3i4) avait défendu d'ordonner prêtre , même le plus digne des hommes , avant trente ans. Comment admettre qu'une assemblée d'évêques tienne
NOTES. rm
assez peu Mmple des lois de l'Eglise , pour vouloir élevM* à U plénitude du sacerdoce un jeune honune encore éloigné de Ttge canoniquement exigé pour la prêtrise ? Ghrysostôine deviÂt donc avoir trente an3 à cette époque , et nous voilà ramenés à la date de 344 , sagement adoptée par le P. Stilting.
On objecte que le Saint, diaprés lui-même (Hom. in Act. 38) y était un tout jeune homme ( /uistpâxcov) quand Valens sévissait à Antioche contre les adeptes des sciences occultes, c'est-shdire en 374. Gbrysost&me, qui , dans notre supputation, avait alors trente ans, pouvàit-il se traiter de tout jeune homme ? Nous répondrons 4|tte, bien des années plus tard , élevé au sacerdoce , et prêchant pour la première fob dans la métropole de la Syrie , il s'appelle lui-même un toutpetit jeune homme, un adolescent (juiseponuffxoc); et le moins qu'il pût avoir alors, dans tous les cas , c'était trentoHsinq à trentesix ans. Il n'y a donc rien à induire de l'emploi de ce mot , que Jean ne prend pas dans le sens rigoureux , contre la date de 344 à laquelle nous nous attachons avec le P. Stilting. {CoUeet.Bolland,^ t. 4, sept., p. 4Sâ,n. 401.)
(B) Page 50.
On a fait de savantes dissertations pour savoir si Jean avait réellement exercé la profession d'avocat. Socrate (1. 6, c. 3.) et Sozomène (1. 8, c. 3.) disent qu'il se détourna du barreau au moment où il se préparait à y entrer. Pour les suivre, il faut dire que l'homme du nom de Jean , auquel écrit Libanius , est un autre que Jean Chrysostôme. n faut aussi tourmenter quelque peu les expressions de notre Saint, quand il parle de son assiduité au barreau ( de Saeerd. > 1. i , n. 4 , t. i , p. 363). Voir la noie X du i^ livre de la traduction du Saeerdoee, par Giacomelli.
(C) Paqe 50.
Cette production de Chrysostôme n'est connue que par quelques mots élogieux de Libanius , en sorte qu'on ne sait pas trop de quels princes il était question dans ce discours. S'agit - il de Constantin et de ses enfants ? Alors le travail du jeune écrivain n'était qu'un pur exercice littéraire. Veut-on que ce fût un hommage à Valentinien I«r ? Jean dut composer sa déclamation en 367 au plus tard. Les jeunes
princes loués ne peuvent être , dans cette hypothèse , que Gratien, déclaré Auguste en 567 , et Valentinien , dit le Galate , fils de Valens, né en 366 et consul en 369. Mais tout ceci concorde assez mal avec ce que dit Libanius. (Voir Tillem., t. ii , p. 549. )
(D) Page 54.
Aide Hanuce Ta dit le premier, et on n'a cessé de le redire sans preuves. Moins qu'aucun autre païen , Aristophane devait être goûté de Chrysostôme. Comment la licence extrême du comique grec aui'ait-elle plu à un homme qui n'eût pas supporté , dans sa conversation, un mot s'écartant de la gravité chrétienne? (Pall., c. 49. ) On a voulu voir un hémistiche d'Aristophane dans une ligne du chap. IV du second livre du Sacerdoce (p. 376 , t. 4.)« En admettant le fait, que prouverait-il? Une coïncidence de hasard, ou tout au plus une réminiscence involontaire de jeunesse. On a allégué aussi la manière dont l'orateur sacré d'Antioche attaque les vices et les ridicules de son temps. Autant vaudrait dire que le ciel et la terre n'en font qu'un , que de voir une analogie entre la satire du saint prêtre , sérieuse , austère , souriant à peine quelquefois , et les plaisanteries si souvent obscènes d'un poëte qui porte à l'excès toutes les licences du théâtre. Que Bengélius, Ménage et autres aient adopté (Fabric, Bibliàth. grœc, liv. 2, c. 21 , 1. 14 , p. 705) sans examen l'assertion de Manuce, supposant qu'il n'avait parlé que sur le témoignage de quelque ancien auteur dont il tait le nom , cela peut ne pas étonner. Mais comment comprendre le P. Le Vavasseur fde ludicrâ dictj quand il se fait l'écho de ces affirmations sans fondement et sans vraisemblance, et qu'il va jusqu'à dire que Jean avait lu et étudié vingt-huit comédies d'Aristophane , dont il ne nous reste que onze, qu'il tenait les œuvres de ce poëte sous le chevet de son lit , et qu'il y avait puisé ce nerf et cette véhémence qu'il déploie dans la peinture et la censure des mœurs ? Le P. Le Vavasseur connaissait mieux Aristophane que Chrysostôme. (Voir la note ii du 2« livre du Sacerdoce^ trad. du Giacomelli.)
(E) Page 63.
S. Grégoire de Nazianze, dans son panégyrique de S. Athanasa forai. 21, n. 35), s'exprime ainsi : c Pour formuler la distinction
NOTES. eoi
entre la nature de la Di^vinité et les attributs des trois personnes , nous disions : une easence unique^ trois hypo9tases. Les Latins Tentendaient de même; mais, à cause de Tindigence de leur langue qui n'offre pas de terme correspondant , ils ne pouvaient distinguer Thypostase de l'essence ; de sorte que , pour ne pas sembler reconnaître trois substances, à notre mot hjpostme ils substituaient le mot personne. Que résulta-t-il de là? Une querelle ridicule, ou plutôt déplorable. Cette vide et creuse dispute de mots sembla recouvrir une différence dans la foi. Des esprits avides de discordes imaginèrent que le Sabellianisme était caché sous les trois personnes, et l'Arianisme sous les trois hypostases. L'aigreur s'en mêla, une minutie devint un monstre. Le monde se vit sur le point d'être mis en lambeaux pour des syllabes. »
(F) Page 65.
Cette position anormale de Mélèce , en dehors de la communion de Rome , contraste avec le titre de saint qu'il a toujours porté ; aussi est-elle devenue, sous la plume de certains écrivains, une objection contre la primauté du Saint-Siège. Les frères Ballerini , dans leur traité De primat h Romani Pontiftcis (cap. iO; — Migne, Curs. theoL, t. S, p. 9G0 ), ont fort bien répondu à celte objection, en distinguant entre communion médiate et communion immédiate, S. Mélèce, par le malheur des circonstances, ne jouit pas de la communication immédiate du Saint-Siège : mais étant en communion avec S. Basile , S. Grégoire et une foule d'autres qui l'étaient eux-mêmes avec le Pape , on peut dire qu'il jouissait de la communion médiate du chef de l'Église. Rome ne pouvait le traiter comme évoque d'Antioche , puisqu'elle réservait ce titre à Paulin , et que de faux rapports la mettaient en défiance de la foi de Mélèce. Mais jamais il ne fut en dehors de l'Église , puisqu'il était en communion avec les plus saints hommes de l'Église , que ses lettres adressées aux Occidentaux ne furent pas rejetées (Tillem. — Mélèce, art. iO), qu'il ne cessa de déclarer qu'il professait la foi de Damase et qu'il lui était uni (Hier., ep. i6), et enfm que dans le concile d'Antioche, en 379 , il fut le premier à recevoir et à signer les lettres et les décrets qui venaient de la chaire romaine.
OM S. JEAN CHSTSeSTOME.
(G) Page «Oî.
Socrate prétend cpie Chrysostôme évita la communion des Héléciensy sans entrer dans celle de Paulin , et passa trois ans dans une complète abstention. Rien n'est moins admissible. Gomment admettre, en efîet, qu'un homme de la ferveur de Chrysostôme, attaché en qualité de diacre au service des autels, soit resté si long-temps stuu participer à aucun sacrement, vivant comme s'il n'y avait point eu d'église au monde? (Till., not.iS, t. ii, p. 555.) Socrate, dans ce chapitre, entasse bévue sur bévue. N'est-il pas absurde d'afCrmer (Soc, 1. 6, c. 3) que Jean a été ordonné prêtre par Ëvagre, successeur de Paulin? D'abord , Paulin vivait encore en 386, époque de l'ordination de Jean , et , de plus , nous avons le discours que Jean prononça le jour de son ordination, en présence môme de Flavien, et à sa louange. Ce discours ne permet pas de croire que le disciple dévoué de-Mélèce ait hésité un instant entre Flavien et Paulin. (Chrys.,t. 4,p. 442.)
(H) Page 203.
Selon nous , c'est à Àntioche , pendant son diaconat , que JeaB écrivit ses livres à Stagyre. Nous avons suivi Hermant et Montfaucon , •qui, eux-mêmes, ont suivi Socrate. (Socr., 1. 6, c. 3. — Herm., 1. 4, c. 21. — Montf., op., Chrys., t. 4, p. 153.) Toutefois, cette opinion n'est pas sans quelques difficultés. c Stagyre, dit Tillemont, habitait une ville bien connue de Chrysostôme , où il y avait un hôpital pour les malades , des bains, et hors la ville un autre hôpital pour les pauvres. (Chrys., ad Stagyr., 1. 2, p. I et I. 3, n. 13.) Il est difficile de croire que cette ville soit autre qu' Antioche ; et il n'est pas moins difficile de dire que le Saint fût dans la môme ville que Stagyre, puisque la faiblesse de son corps et un mal de tête rempêchaient de l'aller voir, en sorte qu'il lui était plus facile de composer trois grands livres pour le consoler; et , parlant de ce qu'il avait appris de son état , il se sert de ces termes : Ondit; f apprends par le rapport de ceux gut viennent de là ; ils ont touché ici beaU' coup de monde par ce qu'ils nous ont rapporté de votre étal, Est-ee ainsi qu'on parle de ce qui se passe dans la même ville où l'on est ? > (Till., t. il,p. 555.)
La première difBcuhé n'en est pas une. Qa'y a-t-il d'extraordinaire à ce qu'une indisposition qui vous laisse la faculté de travailler , vous prive de celle de sortir? Chrysostôme dit positivement que ses souffrances l'obligent à garder la maison : ôeV.oe f/cvcev xarijvavxavav. Stagyre eût vécu dans le voisinage de son ami , que eelui-ci n'eftt pu davantage le visiter (I. i , c. i).
La deuxième difficulté paraît d'abord plus sérieuse. Chrysostôme , en effet , parle des nouvelles qu'il reçoit de Stagyre comme si elles venaient de loin : Kxï yàp tûv i/.si$sv îp;(oixivuv oèxouu. Conclure de là que les deux amis n'habitaient pa^ la môme ville , c'est peut-être forcer la conclusion.
Antioche , en effet , se composait de quatre quartiers , dont chacun était une ville avec portes et murailles. Que Stagyre habitât un quartier éloigné de celui de Jean , qu'il habitât la campagne y une villa suburbaine , ce que l'état de sa santé peut parfaitement faire admettre, et le langage de Chrysostôme est expliqué.
Hais sur quoi se fonde-t-on pour affirmer que Stagyre résidait à Antioche? Nous voyons qu'il avait quitté le désert et établi sa demeure dans une cité qui possédait des thermes et deux hôpitaux.
Mais A combien de villes de Syrie ce signalement n'était-il pas applicable ? Rien n'est donc moins certain que le séjour de Stagyre à Antioche. Au contraire , il est probable que , forcé de sortir de son monastère , le pauvre malade dut éviter avec soin la résidence d' Antioche , où son père , auquel il voulait cacher son état , pouvait plus facilement en être instruit. Pourquoi , de sa montagne , ne fût-il pas descendu à Laodicée , par exemple , ou dans toute autre ville voisine de la métropole ? Il suffit que cette supposition ne soit pas invraisemblable pour ôter toute base à l'argumentation de Tillemont. Nous maintenons donc avec Hermant et Montfaucon le dire de Socrate : que les livres de Stagyre ont été écrits à Antioche, pendant le diaconat de Chrysostôme.
(I) Page ttt.
Tillemont et le P. Montfaucon ont pensé, non sans vraisemblance, que les neuf empereurs indiqués ici sont : Constantin le Grand, ses trois fils Constantin, Constance et Constant, puis le césar Gallus,
Julien, Jovien , Valentinien W et Yalens. Constant fut mis à mort par Magnence ; Gallus , par ordre de Constance , qui l'avait élevé à la pourpre; Jovien, par ses gardes, accusés par la rumeur du temps et par quelques historiens d'avoir empoisonné leur maître. Julien , Constant , Valons périrent à la guerre , et la mort de Yalentinien pounait passer, à la rigueur, pour une mort violente. Dans cette opinion , le livre de Jean à une jeune veuve aurait été écrit en 582 , avant la mort de Gratien , et les deux impératrices régnantes seraient Constancia, la femme de celui-ci, et Flacilla, la femme de Théodose. 11 est vrai que l'écrivain parle de neuf empereurs ayant vécu de son temps ^ et que Constantin était mort avant 344, époque présumée de la naissance de notre Saint. Pour que Tobjection fût sérieuse , il faudrait prendre les paroles de Chrysostôme dans un sens très-rigoureux. •
Une autre opinion veut que le livre en question ait été écrit en 584 ou après. Par conséquent, les neuf empereurs auxquels il est fait allusion , seraient : Constance , Constantin et Constant ses frères, Gallus, Julien, Jovien, Valentinien I«, Valens et Gratien, qui tous , Constance et Valentinien exceptés , ont péri de mort violente ; les deux impératrices seraient : Flacilla , la première femme de Théodose , et Justine , mère de Valentinien 11. Mais d'abord , il semble que l'expression de l'écrivain, en parlant des deux impératrices, ne puisse s'appUquer qu'à deux épouses d'empereur ( (ruvoc/.ov(rûv ) ; ensuite , il dit assez clairement qu'à l'époque où il écrit, les Goths étaient menaçants et insolents, ce qui ne peut se rapporter qu'aux premiers temps de Théodose.
L'opinion qui recule ju3qu'à Tépiscopat de notre Saint la composition de ce livre, nous parait insoutenable.
(J) Page 127.
La suscription , la même dans tous les exemplaires , ne laisse point de doute à cet égard. Il est vrai que les conseils renfermés dans ce livre s'appliquent d'une manière générale à toutes les veuves chrétiennes ; cela n'em{)êche pas que l'auteur ne les ait écrits pour une d'elles en particulier. De ce que l'ouvrage finit par l'espèce de doxologie qui termine habituellement les discours de Chrysostôme , on a
conclu que c'était une homélie plutôt qu'un livre ; mais cette doxologie n'existe pas dans tous les exemplaires, et peut n'être que l'addition d'un copiste. Généralement, le ton de ce ce travail n'est pas celui d'une homélie , et ce ton*là se montrât-il dans un ou deux passages, on ne pourrait rien en induire ; car le Saint , en donnant au public cette lettre, a pu la reloucher et la remanier. On sait d'ailleurs que , même la plume à la main, Ghrysostôme est toujours orateur.
(K) Page 230.
C'est l'opinion de Dupin (Bibl. eccl., 5* siècle, 2» part., p. 112), d'Hermant (1. 2, c. 6), de Montfaucon (in monit, op,j t. i, p. 267, et 1. 15, p. 98), du P. Stilting (Boll. , 4. sept., p. 457). Tillemont a objecté (not. 46, t. 11, p. 380) que Jean, dans ce livre, prend un ton d'autorité (Ghrys., t, i, de Virg,, n. 9) qui ne convient qu'à un évoque ; d'où il conclut , contrairement à la déclaration formelle du Saint lui-même, qu'il l'a écrit à Constantinople pendant son épiscopat. Mais, outre que dans le passage allégué Jean fait parler S. Paul, on sait que, même à Anlioche, simple prêtre , il avait l'habitude de s'exprimer en homme investi par Flavien de tout pouvoir sur son troupeau , jusqu'à menacer d'exclure des saints mystères et de l'église ceux qui refusaient d'obtempérer à ses avis. (Chrys., t. 4, p. 42-768, et aîib, passim.)
(L) Page 239.
S. Augustin , qui parle ainsi dans la Cité de Dieii (l. 14, c. 26) , développe la même pensée , presque dans les mêmes termes , dans son livre du péché originel contre Pelage et Célestius : t Nec , sicui nunc fit , virginitatis integritas vi turbidi vitiaretur ardoris , sed obsequeretur imper io tranqnxllisimœ caritatis , et eo modo non esnei dolor et cruor virginis concumheniis , quomodô non esset etiam matris gemitus parturientis.^ (Lib. de pecc. orig. contra Pel. et Celest., c. 5b, n. 40, t. 10, p. 271. — Voir aussi 1. 4 contre Jul.. c. 4 et 14, et 1. 9, de Gènes, ad litt,, c. 5.)
(M) Page 244.
Le docteur Hermant voit , dans ce travail , une homélie prêchée à Antioche, vers 586. Cette opinion, peu méditée, a contre elle