S. JEAN QBAY80ST0ME
Baroniusy Dapin , Tillemont (t. H, not. 48), Jtlontf^uoon (Chrys., t. 3, p. 530), et le P. Stiltiag (BoU., t. 4, sept., p. Uù). U kmguear de cette pièce indique assez qu'elle n'a pas été prficbée et n'a pu Tôtre. Jean dit positivement (n. i4, p. 560 du t. S) qu'i/ tcrii pour des témoins vivants. Il est vrai qu'en plusieurs endroits il parle en orateur plutôt qu'en écrivain. Mais c'était son taire habituel, et on n'en peut rien induire, surtout devant son affirmation précise : ypi^w. D'ailleurs, ni le ton général du livre ni les phrases finales n'annoncent une homélie. Jean dit (n. S4) qu'il s'était écoulé vingt ans depuis Julien et l'incendie du temple d'Apollon à Daphné. Sans prendre ce nombre de vingt ans d'une manière rigoureuse, . car en fait de nombres Chrysostdme se pique peu d'exactitude , ce serait faire fausse route que de ne pas tenir compte d'une pareille donnée. Or, l'empereur apostat était à Antioche en 363 : c'est donc de 382 à 384 que le saint docteur aurait écrit son livre sur Babylat contre les Gentils.
(N) Page 246.
Tout ceci n'est pas sans difficultés. Quel est cet empereur? Quel est cet enfant? Pour ce qui est du premier, on ne peut guère douter que ce ne soit l'empereur Philippe. Gbrysostôme , il est vrai , tait son nom ; mais, pour peu qu'on regarde à la manière dont il en parle , on voil qu'/l s'agit d'un empereur qui professait le Christianisme. Or, Philippe, d'après Eusèbe (Hist. 1. 6, c. 34), S. Jérôme (Cof. scrip. eccl., c. 54, t. 4, alter.part.,p.ii6), Orose (Hlst.,1. 7» c. 20)etautres, était chrétien. D'ailleurs, Eusèbe (t6.) raconte de ce prince qu'ayant voulu assister avec le peuple aux prières qui se faisaient dans l'église, la veille de Pâques, l'évoque ne voulut pas le lui permettre, à moins qu'il ne se fût confessé de ses fautes et mis au rang des pénitents, c L'évoque qui le savait coupable de plusieurs crimes , dit l'historien , n'avait garde d'en user autrement. > Eusèbe ne nomme ni le pontife ni la ville , Gbrysostôme ne nomme pas l'empereur. Mais n'est-il pas clair qu'ils parlent tous les deux du même fait et des mêmes personnages ? La Chronique d'Alexandrie (p. 630) raconte, de son côté, que Philippe, étant arrivé à Antioche la veille d'une grande fête , se présenta avec l'impératrice , sa femme , pour entrer dans l'église des Chrétiens, dont la porte lui fut refusée par Tévêque
Babylas. (Rorbbaeh., Ht>^ tceli^iatt.j t. 5, p. 4i6y noiiv. édit.) Mflis qu'est-ce donc que cet enfant confié par un roi barbare à Tempereur des Romains qui devient Taffreux bourreau de son innocent protégé? Ce fait ne se trouve nulle autre part ; et, en vérité , tel que Jean le rapporte, il parait peu vraisemblable. Quel intérêt eût poussé Philippe, ou toiit autre à sa place, à un pareil crime? Mais Philippe, soupçonné d'avoir fait périr par le poison Mysithée , lebeau-pôre de Gordien, dont il convoitait la haute position, est certainement coupable du meurtre de Gordien , prince tout jeune , auquel il avait juré sa foi, qui lui donnait toute sa confiance , et dont il était le tuteur et le pore plus encore que le lieutenant. N'est-ce pas ce fait , altéré par la rumeur publique , qui sert de thème à notre Saint? Le Père Montfaucon le pense ainsi, et nous n'hésitons pas à le suivre et à voir une méprise où des modernes ont osé imputer à Chrysostôme un mensonge et une calomnie (Alb. Thés, sur S. Chry., pag. 368). Ce mensonge n'eût servi en rien la cause chrétienne , puisque Philippe était chrétien.
Quelques-uns croient que l'empereur, à qui S. Babylas refusa l'entrée de l'église et que Jean ne nomme pas , fut plutôt Dèce que Philippe. Us se fondent sur ce que dit Chrysostôme , quelques pages après {ibid.i n. 9, pag. 551 ): que le saint évêque d'Antioche fut mis à au>rt par celui-là même qu'il avait tâché de guérir de ses crimes et de sauver, en l'excluant de l'église. Or, on sait par Eusèbe que Babylas reçut la couronne du martyre sous le règne de Dèce. Selon le P. Stilting, Dèce, ayant été proclamé empereur dans la Pannonie , marcha d'abord contre Philippe , qui fut assassiné ; il mena ensuite son armée en Syrie , où commandait Priscus , frère de Philippe. Enfin , il dissipa le parti de Jopatien qui avait pris la pourpre. Ce fut dans ce temps-lâ que Babylas lui refusa l'entrée de l'église.
Mais lo, quoiqu'on dise le P. Stilting, rien n'établit que Dèce ait été à Antioche depuis sa promotion à l'empire; tout indique le contraire. 2<> Eusèbe nous dit positivement que Philippe fut exclu de l'église par un évoque, et il n'est pas probable qu'il s'agisse ici d'un autre pontife que Babylas. o» L'empereur exclu était chrétien. Chry* sostôme ne le dit pas formellement, mais il est impossible de ne pas l'induire de son récit. Le coupable venait à l'église comme un homme
M» S. JEAN CmiTilOSTOME.
tnnooent, il n'eppoee à l^véi|iie'inie«it(Bf Méiilàtidét bu' lè t^nft* Aes auti*es brebis: Ta vOloii«£* nob^dntov 4f(2»}>co^ 1f^., p. M0)/\èt'<m oroit lui appliquer un reaièAd' sfir)dtair« ; êtou.;.. lean dfl^il psArté ainsi d'an emperaiir idcMtre? Et celiii-ci; & qnéi propos serdh-flTeDn a l'âsslinblée des Chrétiens? PMir<lâ disperser, sattsdoùie: Dan^ te cas, comment croire qu'une parole y un geste de t'ëvêque (^t $uft pour Tarrêter?
L'hypothèse du P. Stilting a contre elle Eusëbe, la Chronique d'Alexandrie, et môme le récit de Chrysostdme.Mais eoimnent celuici a-t-tl pu affirmer que Babylas avait été martyrisé par le prin<3e qu'il arait chassé de Tégiise? Il nous en coûte de le dire, -mais il nous seiabie que le saint orateur s'est trompé , pour n'&vofir pas étudié suffisamment et sur des documents authentiques l'histoite du saint pontife dont il célèbre la vertu. Car, d'un cèlé^ il est tiet constant par Eusèbe, S. Jér^eet S. Épiphane, que c'est '"Soiis Dèee et à Antioche que Babylas est mort; et, de l'autre , que l'empereur exclu de l'église est Philippe, et non pas un autre. ( FotrTtHeml., Eimper«, Philip., n. i, et mém., t. 5, p. 798.)
Mais voici une nouvelle difficulté. Les actes de S. Babytasto' f<mt mourir , non sous Dèce , mais sous NnmérieU en 384 , et cVat nos doute pourquoi le nom de Numérien se trouve en marge d'u^ niaB«> scrit de Ghrysostôme , à côté de l'histoire de l'empereilr tkaaaé de l'église par Babylas (t. 9, p. 542 et note). Philosiergè et fiiiidas ont suivi cette opinion ; mais, dit Tillemont, de teUe^ autoritée doivent céder à Eusèbe» à S. Épiphane, à S. Jérôme.
Des critiques ont pris de là occasion de mettre deui. Babylas,. tous deux évêques d'Antioche et mart}TS : l'un, mort en prison setis Dèee ; l'autre , qui , après avoir chassé Numérien de l'église , aurait eu la tôle tranchée. Mais i» Eusèbe n'eût point oublié le second Babylas dans son catalogue des évêques d'Antioche , et Chrysost6itoe n'eût pas manqué d'y faire allusion. ^ On ne peut pas plus reporter à Numérien qu'à Dèce ce qui est dit de l'empereur exclu det l'église , car Numérien était idolâtre. 3© Numérien a régné quelques mois à peine, et n'a pas eu le temps de persécuter les Chrétiens. Dans le court intervalle qui s'écoula entre son élévation à la pourpre et sa mort, il ne fut occupé qu'à pleurer son père et ne parut jamais dans la métropole de la Syrie.
On peut regarder oomme vraisemblable la oonjeeture de Baronius (cul aMiiMi S53, § iS6), d'après laquelle en aurait attribué à Vevor perear Namérien ce qui était le fait d'un lieutenant He Dèce a^lé Nomérius , lequel fut en Orient rinstrument de la haine impériale contre les Chrétiens, comme on le voit dans les actes de S. Isidore de Ghio. (Tillem., t. 3 des mém., ibid.)
(0) Page 247.
, Nous l'avons dit , Philippe est le prince exclu de l'église par Babylas ; mais celui qui fit mourir le saint évoque , c'est Dôce. Parvenu au pouvoir par la trahison et l'assassinat, il se déclara violemment contre l'Évangile. Bien des martyrs furent couronnés sous son règne : entre autres, S. Fabien de Rome et S. Alexandre de Jérusalem (Eusèb. f Higt. eee. , lib. 6, c. 39). Origène fut cruellement torturé et échappa à la mort {ihià,, 4i et 42).
Le martyre de S. Babylas offre aussi quelques difficultés. D'après Eusébe , il mourut en prison des mauvais traitements qu'on lui fit subir (tfrti^.); d'après Jean, il eut la tête tranchée {xhïà,, p. 554). S. Jérôme suit l'avis d'Eusébe (S. Hier. Script, ecc, c. 54 et 62). Sozomène (I. 5, c. 49) et Théodoret (1. 3, c. iO) laissent la chose en suspens, et se contentent de dire que S. Babylas obtint à Ântioche la palme des martyrs. Phiiostorge (1. 7, c. 8) et Mélêce de Hopsueste, cité par Tillemont (ibid., p. 738), ont adopté le récit de Chrysostôme. Phiiostorge , Théodoret (loc.rit,), ainsi que notre saint orateur {Orat. in Ss. Jurent, et Maxim., t. 2, p. 78) parlent de jeunes enfants martyrisés avec S. Babylas et partageant sa sépulture. (Rorhback., t. 8, p. 4â3.)
(P) Page 254.
On a remarqué que l'auteur de cette S\fnof$e ne compte que trois épitres catholiques : une de S. Pierre, une de S. Jean , et celle de S. Jacques. Cependant S. Âthanase, l'Église romaine , l'Occident presque entier, en comptaient, dès-lors, sept. Cela tient évidemment, et c'est une preuve de plus de l'authenticité de cet écrit , à ce que les Églises de Syrie, et en particulier celle d'Ântioche, n'en admettaient à cette époque que trois (Montf., ib., p. 309 ). Il en est de môme de VÀpocalypse que Chrysostôme passe sous silence, non-seule- T. I. 39
GiO S. JEAN CHRTSaSTOME.
ment ici , mais dans toules 9ea hom^lie&.. S. Athanase » S. Basile , S. Grégoire de Nazianze et toutes les Eglises d'occident ta regardaîeij^ comoie rodttvre incontëstAMe ûé l^aphti^ S. )cùm , ' ei'lâ cfassaient parmi les livres itrspirës. Quelqueé Ë^iééé d^oKetil ' alvaient , dans les premiers siéctes , ufte aufi-e maiiiôre ^ô "tiAvl (SV Hleron., de Scripi errl. ) Elles y ont renoncé, et depuis fong-tenrps l^^sd latine et l'Église grecque professent sur ce point la même opinion.
(Q) Page «57.
Pallade nous apprend que Jean , ordonné prêtre par Flavien , brilla douze ans dans l'Église d'Antioche (Dial., c. 5). Or, d'autre part, nous savons qu'il fut fait évêque en février 398. Sa promotion à la prêtrise remonte donc au commencement de 386. — 11' est certain, en outre, d'après ses propres paroles (Ghrys., hom. 46, ad popuL Àni. ) , qu'il était dans h deuxtèthe année de ses prédications quand éclata la sédition d^Antioche , en mars ou avril 387] Donc , encore, il a été ordonné prêtre dans les premiers mois de 38i5, car il n'a jamais prêché qu'étant prêtre. — Cette date est adoptéirf par Baronius, Tiilemont, Montfaucon, etc. Blondel et Hermànt',''qui préfèrent celle de 585, ont fait un calcul fautif. Jean drdoirtié diàtit^ par Mélèce en 581, passa cinq ans (Pall., t'^'.) dans le diaconat et douze dans la prêtrise, avant d'être appelé â Tépiscopat eii 598 : ce qui nous ramène toujours à l'année 586 , et aur premiers mois de cette année , d'autant plus que nous avons des homélies prêchées par lui au début du carême de 586 (t. 4, p. 644).
(R) Page Î87.
Au commencement de l'année 586, le pape S. Sirice tint, t Rome , un concile de quatre- vingts évoques. A la même époque , S. Ambroise, persécuté par l'impératrice Justine, institua à Milan les veilles et les chants ecclésiastiques, et, quelques mois plus tard, fit la précieuse découverte des reliques des Ss. Gervais et Protais. S. Cyrille de Jérusalem était mort le 18 mars 586. La conversion de S. Augustin est du mois d'août de la même année, et c'est dans le mois de novembre suivant que le futur évêque d'Hippooe publia son livre de la Vie bienheureuse. Il venait de perdre sa mère à Ostie.
NOTES. 6il
(S) Page J74.
De rangée 36f i 970, tro» eondles furent teo^ à AiUiocbe et réunirent les évêques les plus considérés de la Syrie, de la Palestina et de l'Asie-Mineure. Dans le troisième , Paul de Samoeaie^ démasqué par Malchion , fut déposé et excommunié. Gomme il refusait de céder la maison épiscopale à Domnus , nommé à sa place , les Pères du concile provoquèrent cette célèbre décision de l'empereur Aurélien» d'après laquelle l'égKse et la maison épiscopale devaient être remises a celui que le pontife de Rome reconnaissait pour évèque.
(T) Page «76.
Quatre-vingt-dix évoques, selon les uns, qiiatre-vingt-dix-sept, selon les autres, assistaient à ce concile, et parmi eux un trèsgrand nombre d'Ariens. Les Catholiques durent se retirer dés les premières séances. On y dressa plusieurs formulaires de foi captieux pour tromper les simples et se donner quelque autorité. Quant aux règlements disciplinaires, généralement sages, attribués à cette assemblée, bien des auteurs croient qu'ils sont émanés de divers autres conciles. Le synode d'Anfioche renouvela contre S. Athanase les vieilles calomnies du concile de Tyr, et voulut d'abord nommer Eusèbe (d'Émèse) à Alexandrie. La popularité d'Alhanase fit peur à celui-ci , et c'est alors qu'on élut Grégoire de Cappadoce , dont
l'inatallatiim , à main armée , fut accompagnée de mille horreurs.
( U) Page «78.
Il parait qu'à Antioche il n'y avait guère qu'une assemblée publique en un même jour, tantôt dans une église et tantôt en l'autre ; d'où vient, dit Tillemont (t. ii, p. 54), que S. Chrysostôme avait jusqu'à cent mille auditeurs. Mais le passage sur lequel le docte critique appuie son observation ne la justifie pas (hom, 86 , tit Maih,, t. 7, p. 810). Quàntaux cent mille auditeurs, inutile d'en démontrer l'impossibilité. < Par la grâce de Dieu, dit Chrysostôme , je pense que le nombre de ceux qui se réunissent ici petit s'élever
à cent mille > : Tin roO acoû X^P*^' 'U ^<x» fA^jpfâ^«*v àocO/xôv oluae 7ù\j;
hxaxiQx cruvs^e^vovc rff^fiv Ce qui veut dire seulement qu'il y
avait cent mille Chrétiens dans la capitale de la Syrie.
6f3 S. JEAN CflRTSDSTOME.
( V) Page 334.
Dans le panégyrique de S.-PhilogoftQ^ hàn dit! aussi oiairemofti : c Les habitants du ciel voient Dieu perp^tueUement » autant qu'il est permis de le voir, non pas seulement présent^ mais remplissant de sa gloire le ciel teut entier.» (T. i, p. 495.) Et ailleurs :il Si 9 sur bi terre » la pensée de Dieu , quoique couverte de ténèbres^ donne tant de joie , songez quel bonheur nous proobrera la vision manifeste^ • mom. 10, in U ad Corinth.) Et encore, expliquant ees parolea du Psalmiste : Quand parMrai-ji devant la face du Seigneur? c Voyez, dit-il, l'ardeur de cet homme, la Qamme qui l'embrase: sachant qu'au sortir de cette vie il verra Dieu , il n'attend pas même oe moment. » (H&m. in p$. 44, t. 5, p. 140.)
( J} Page 353.
S. Alexandre d'Alexandrie, dans sa lettre célèbre â S. Alexandre de Constantinople ( Théod., 1. i , c. 4 ) , dit que Lucien resta séparé de la communion de l'Église sous trois évèques consécutifs, et le présente comme le continuateur de Paul de Samosate. Ceux (jui en-' seigneni que le Fils de Dieu a été fait du néant, dit-il , oM bu là W de rimpiété de ces hommes ; ils sont leurs rejetons. D'autre part , Arius félicite Eusèbe de Nicomédie (Théod., I. i,c. 5) d'ètfé uû vrai Collucianisîe : c'est le nom que se donnaient entre eux Eusébe de Nicomédie, Maris, Théognis , Eudoxe , Léonce, et les autres chefs de la secte , qui tous faisaient profession d'être les disciples de Lucien et de garder sa doctrine. Marius Yictorinus appelle les Ariens des Lucianistes {voir TiWem., t. 5, p. 770).
D. Ceillier (t. 4, p. 5i) , l'abbé Rorhbacker et d'autres pensent que Lucien dont parle S. Alexandre , celui qui fut le disciple obstiné de Paul de Samosate , le maître d'Eusèbe de Nicomédie et le père de l'Arianisme (Epiph. 45, c. i) , était différent de S. Lucien le Martyr; car d'abord S. Alexandre ne lui donne ni le titre de prêtre , ni celui de martyr ; ensuite S. Chrysostôme , S. Jérôme * RuITm le louent sans restriction , et ne font aucune allusion i sa séparation de l'Eglise et à ses erreurs.
D'autres croient que Lucien le Martyr est le même dont les Ariens prétendaient avoir recueilli et gardé l'enseignement. Dans cette opi-
..\î, (»7vM0TBBi ' / i - €15
nion, il faut ou cfae S. Alexandre se spit trompé en le présentant conune un disciple de Paul de Samosate , un précurseur d'Arius , k)iig<40mp8>esc)udèlQ<tonkmniloA de^l^Ëglisèi, ou que Lucien, après jivoùr' erré â6 ' bo&ne'foi, Hit» regi^tté- ses torts et les ait noblement bvés dans son sang'. On'peut voir d'âTtleurs une pure calomnie dans h prétention tiès Ariens d'avoir reçu lenr doctrine de Lucien ; d'autant pi«B que, dans une profession de foi , qui lui est attribuée par quarante évèques réunis à Antioche en 341 et qu'ils assurent avoir trouvée écrite de la main du. martyr, Thérésie de Paul de Samosate est condamnée, la divinité du Yerbe établie.
(F) Page 404.
Zosime assure ("loe, tit.J que les déourions d'Antiochey ayant jugé à propos d'envoyer des députés à Théodose pour l'apaiser et lui porter les excuses du peuple, ils choisirent à cet effet Libanius et Hilaire, bomime de noble race, dit-il, et recommandable par sa science. Mais en cela l'historien est démenti par le sophiste, qui se fait |;loire dans sa harangue de s'être adressé à l'empereur de son propre; fnouvement (Lib», or. iâ). D'ailleurs , dans sa vie écrite par ltt|:m£ma, le vieuii ami de Julien ne dit mot de cette députation, et certes U n'eût pas manqué de se prévaloir de ce témoignage flatteur de la confiance publique , s'il l'avait reçu ; au contraire , il donne à entendre qu'il ne, sortit pas d' Antioche.
(Z) Page 434.
En Orient, depuis les temps chrétiens, les femmes honnêtes s'abstenaient du théâtre et eussent rougi d'y paraître (Chrys. , t. 4, p. 739; t. 44, p. 417 ) ; il en était autrement avant les temps chrétiens. Les témoignages de Tatien (adv. Grœc, 2â), de Clément d'Alexandrie (strom. 3, â) et de S. Chrysostôme (t. 4 i, p. 762) démontrent qu'à cette époque les femmes se mêlaient aux hommes dans les spectacles. En Occident, elles n'avaient pas cessé de le faire. (Millier, de gen, morib, et lux, œvi Theodos.; Wallon., t. 3, not. p. 540.)
(À^) Page 435.
Le chrysarg^e était une espèce d'impôt des paienies. Zosime (I. 2. Constant., in fin.) en attribue l'établissement à Constantin.
6i^ S. JEAN GHKYftUSTOHE.
£v«igi« le fait tmraomer plus hmil (Br., twf. M;)v M M m^fUiê de nier qu^l n'existât déjà au temps d'AIexaadrè Sëvèra (Lanpr., hi Sf9.^ Q. 93). Cdtte taie perdue sur les marebands, «ur le» plus nh 4étaill0iir9> sur tons les métiers , sur les meroeBairos même , sur tes chevaux , les boMifs , les chiens , se payait de quatre ea quati^ «t», en t^rgem et en or^ à la difiërenoe d'autres impôts qui ne se payaiem qu'enor, d^>iisonnom éeehrysargyre. Sa perception donnach iiciQ an plus déplorables exactions : il fallait employer le fouet et les tortures pour arracher à la misère ce qu'elle n'avait pas. Gef impôt , toléraUa en des temps ordinaires , ne Tétait pas quand , outre les eonouiveneee qui écrasaient le travail lil^re, la guefre civile, état permanent de l'empire , et l'invasion des barbares paralysaient l'élan dn commerce et de l'industrie. (Natidet , Àdminiitration de V empire , t. % p. âl9.)
(§1) Po^e 435.
< La pf euve^ quie le mi^ m date pas de Conataotin nous est doaiiée ^ la (Jj^oâ^ivre prise déjà par Qioclétien : je veux parler de oe^e loi 4u mfFfi?ii^ qui est restée dans l'inseriptiqu fameuse de Stratonicée comme (e cri d^ dét^es^ 4u vieil eoipùre païen et comme l'aveu de son impuis^Qa. Pour arrêter ce veneliérisaeinent universel qtii portait le \s(w de chaque chose 4 quatre ei juaqu'à huîl fois sa valeur, le prince en fixe la limite ta. plus h^ute par un tarif où il comprend toute chose vénale, journée de travail ou objet de consommation; tarif unique, applicable à toutes les provinces de l'empire, soius peine de mort... Mais une telle loi, inutile en tant qu'elle règle les salaires, est impuissante en tant qii'eUe veut limiter le priiL dss denréea... On oessait de vendre, on cessait encore bien plus de produire, et cette rareté de la skarchandise en élevait encore phis la valeur. La loi devait donc être vaincue, et Laetanoe reconnaît qu'eUe tomba en désuétude, n ( Yoxr Laot., ée mmi. pimeui. 7, 9.)
(C^) Page 548.
c (hnnes se invicem diligant , disait Ç. Ambroise , ùmnes m invirem foveant, et quoêi unum corpus diverea se membra sustentent : tfno» non martiferi eantus, et acrçamoia soenirorum quœ metUem emoUioiU ad amores , $ed coneentm eeelesiœ, et eonsona rirtà Dei
i^mai^,, notk wlten^^iwa êpmim'e voluptati éU , sed bane pulaskfrritnanh n^undifoiriçiiipk^, Mnc d^j^tantium iiUer $e eim$ntorum 4fQpttlam^ ccdumsieHi ç^mermn extcMum ut ink(rintante$ in hoe mmdo f^g^^ieroEm ad operandum datam^ diffuâum aërem, r4au$a maria 4 pupufum hune divinœ operationis organum^ m quo divini n^odmlam9nr$êuUet aracuH, ttDeiMpintu$ irUùs operetur, templiim >i$tufi Wicraritm Trinitatis , sanctttatis domicilium ^ ecclesiam scmc- $tm in qu4 refulgent aulœa cœleMia j de quibus dictum est ; Dilata loomataberBacoloruia luorum e( auifflorum tuorum... > (S. Âmbr. Hei^aëm, 1, 3 , n. 5 , t. i, p. 34. )
< Sanfuine aqni victus est leo» Ecre spectacula Christ ianorum, RHùculin carnis vident vanitatem, m>$ octdis cordis veritatem. Ne putetis, fratres, quod sine speciaculis nos dimisit Dominus Deus noster. Nam si nulla sint specteteaia ^ ^ur hodiè eonvenistis ? Eecê quod diximus^ vidistis et exelamastis : non exclamaretis, nisi vidissetis. Et magnum hoc est spectare periotum orbem terrarum, victum leonefn saHguine agnij educta de dentihus leoHum membra Christi , et adjuncia corpori Christi... > (S. Aug., Tract, in Evang. Joann.^ n. 6, t.' 5, p. ZiA).-^€ Jérusalem dicta est paeis visio: Sion dicta est specxUatio, Videte si aiiud sonant ista nomina, nisi spectacula : ne putent génies se habere spectacula j et nos non habere. » ( S. Aug., in ps. i47, D. 8 , t. 4 , p. 4656.)
(Di) Page 534.
S. Jérôme célèbre en ces termes la charité de Pammaque et de sa femme Pauline, œs admirables descendants de Camille et de Paul- Emile : « Ardentes gemmœ^ quibus ante coHum et fades ornabantur, egentium ventres saturant. Vestes sericœ, H aurum in fila lenteseens, in mollîa lanarum vestimenta mutata sunt, quibus repellatur frigus, ntm quibus nudetur ambitio. Deliciarum quondàm supellectilem virtus insumit. Ille cacus extendens manum, et, sœpè ubi nemo est, elamitanSj hœres Paulinœ, eohmres Pammachii est. Ulum truneum pedibus, et toto corpore se trahentem, tenerœ puellœ sustentât manus. Fores quœ prius salut antium turbas vomebant, nunc a miseris obsidentur. Àlius tumenti aqualiculo mortem parturit : alius elinguis et mutas, et ne hoc qnidem hnbens unde roget , magis rogot ,
dùm rogare non potest. Hic dehUitatus a parvo, non nbi fnendkai stipem» lUe putrefaetus marbù'regm\ âiàpèihiviS cadaveri tuo.
( Non mihi ti lingua eenium nnt , oraque centum , t » Omnia panarum pereurrere namina pouim. •'
9 Hoc exercitu comitatus incedit, in hi$ Christurh confovet, horum sordibus deaibatur, Munerarius pauperttm , et egeniium çan^id^tu*^ . iic festinat ad rœlum. » (S. Hier., ep. 54 , ad Pammach.» t. 4 , ait. part,, p. 583. )
(E>} Page 542.
< Il y a pour nous, disait Tertuilien (^Ipo/., c. 33), nécessite de prier pour les empereurs et même pour tout Tempire : car nous savons que la grande violence que l'univers doit éprouver et les maux horriUés qui doivent aeeemf agfier la fin dés* siècles sont retardés par fai durée de Tempire romain. » — « Alors , disait Làctance , une désolation affreuse se Répandra partout, et h cause de ce ravage sera que le nom romain sera ôté de dessus la terre. » (Lact., Insi, divin,, 1. 8, c. 15.) « L'antechrist viendra, s'écriait S. Cyrille ♦ lorsque le temps de l'empire romain sera rempli. » (Cyrille» Hter. cateeh, 15.) « Que l'empire romain se retire» disait S. Jérôme, et cesse d'exister, et l'antechrist apparaîtra. » (Ep. ad Algan.) S. Chrysostôroe exprime la même opinion dans ^on coiiioi0iitaik*e 9ihf la deuxième épitre aux Thessaloniciens : < Quand l'empire romain , dit-il, sera détruit, l'antechrist arrivera. >( /n2. ad Thëst, Aom. 4.) Voy, aussi S. Aug., de Civit. Dei., 1. Su, o. 49.
(Fi) Page 544.
On sait qu'Aristote a employé le mot de phUanthrapes (Mor^ 1. 8, c. 1) , et Cicéron celui de charité {caritas generis humani). Sénèque a dit aussi: c Dùm sumus inter homines, colamus humani^ totem > ( de trd , 3 ) ; et ailleurs : Homo ^ sacra res homini ( ep. 195). Mais Sénèque subissait, sans l'avouer, l'influence des idées chrétiennes déjà fort répandues autour de lui; et, quant aux expressions de Cicéron et d'Aristote, il n'est pas clair qu'elles aient la vraie portée de nos mots : humanité et charité, il est certain que les païens se moquaient fort du dévouement des Chrétiens pour les pauvres et de leur ardente affection les uns pour les autres (Tert., Àpol. — Li^cî. de mort, pereyr,)
NbTÉlé. ' • 617
Plusieurs Pores , et en particulier S. Augustin , expliquent de la même manière l'origine de l'esclavage. S. Augustin se sert presque des mêmes termes que S. Chrysostôme {deCivit. Dei, 1. 19^ c, 15). . Cependant, dans ses questions sur la Genèse, il donne à ce célèbre . passage un sens plus restreint, et n'y voit, avec S. Justin ( Dial. cum , Tryph., c. 439) , qu'une prophétie de la future domination des Juifs
sur la terre de Chanaan ( m Gènes, quœst. ^ 17 , t. 3, p. 582.)
{Ht) Page 5t5.
ffot 7r>cto>a «;cetv <rjvt^6>pn(Tt'» o Osoç , où/ tya etç 7:ap>»'tav ^ x«à à^r,fxyixy , xai tjxaTtojv Tro^uré^scav , xat tïjv aÀ^Tjv p>.9exf tav àvaÀ<ûi7n;, àîk'AÎvàc T0Î7 âsouivdiç avrà ^tavec^xiic ; .. b Tr^oûcrioç yTrooi/.Tij; Ttç i<7Tt Twv' tolç hntiatv ^^ftc^opiv^iov ^^pïipiaTwv ^ixvtiirtOrivat., . to pyj ^STat^i- ^ôvat «Aifvita^ è*e twv •(kieuv ^ûigpàTwv, âpizayri irzvinttv fiïTt xat iTroa-- Tfpn«rif T«3v ttii)nn' Ç«^ç* xx't ôv rà yiiiirspx , âUà rà s/sîvfiav x7?i-
XOfAfïv (.Chrys.,,t. i , p. 733-736.)
O^na le même sens , S. Augustin a dit : « Multa super /lua habemus, si mn nm .necessaria teneamus ; nam si inania qutBtimus , nihil sufficit. Qu(Briiequed suf/lcit operi Deij non quod suffieit cupiditati vestrœ, Cupiditas vestra non est opus Dei. Forma vestra ^ corpus vestrum, anima ve^ra, hoc totum opus Dei. Quœre quœ sufficiant, et videbis quam pauca sint.,, Sed nec ipse Deus multa a vobis requirit, Quœre quantiim tibi dederit , et ex eo toile quod suffieit. Cœtera qua super flua jacent j aliorum sunt necessaria. Super flua divitum neeessaria sunt pauperum, Res alienae possidentur , ciim superfiua possidentwr.*{ S.Aug., Ennrrat. inps, 147, n. 42, t. 4, p. 1658- 1659). — S. Ambroise s'exprime ainsi : t Misericordia quidemjustitiœ
portio est Quia ronformis tuus injustum est ut non adjuvetur
a socio j cùm prœsertim Dominus Deus noster terram liane passessionem voluerit esse communem et fructus omnibus ministrari ; sed avant ia possessionum jura distribuit, Justum est igiturut si aliqnid tibi privatum vindicas j quod generi humano^ imà omnibus Imimantibus in commune collatum est , saltem aliquid indè pauperibus
648 S. JEAN CHRTBOSTOME.
adspergas , ut quibus juri^ tut confortwm debes , Ids alimerUa non denege8,ji{S.Amb.y in ps, ii8/n/22, t. i, p. 4064.) — S. Jérôme dit en deui motala même chofler €j(mûiu>n^m^4npkyfitmpomies, êed dUtpenuUio tibi eredUa est. > (S. Hi9tom*i'\€pié (fd IVitf<໫y 49» t. 4 , ait. p0rt^, p« 866. ) Et ailleurs : ^Uài vidmtfv^mre paHnat), et pkoêides ave$ leniis vapombw éfcapn^^ ébi 4Ërg€fiÊi pùndué, «4i ferventeê man»08 , eomatulat^s pweroSjf prettoéas'ie^ikn à ptH« tapetia, ibi ditior $st largitor^ cui ittrgiendum €s$. Puis sacrile^ èêt rem pauperum dare non pauperibus^ > ( 9. Hieroo , y). S4-.ad Pin»*tnach.y t. 4, ait. part., p. $89.)£iifin. S* Basile parle ainsi : t^fmaquoi es-tu riche quand ton frère est pauvre ?ill n'yi ai^'une cdaan de cela : c'est que Dieu a .v<>ulu te ménagerie mérite de< h bonlB. ai
d'une fidèle administration, et préparer au pauvre le prix magnifique de la patience. Quand ton insatiable^ avarïee saisit ce qui appartient à tant d'hommes , pensifs- tu .ne. Ijjser .personfie !•«•.. %l dpn^ est voleur? Celui qui s'arrctge à lui s^ul cfi qui ^t à^tous...,. ^t tu^nétends n'ôtre pas voleur qua^i^ tu ^appropries ce,q,«e t^ ae^j^eRu^four le distribuer! Dépouiller cejiui qui est v^tu esf^.ui^ voL; ui^jf^s^i^ celui qui est nu, qu'est-ce autre cl^ose? Qe,p9Jiuqu^ia,gy4^ie^ la propriété de ton frère qui a faim* Çef vé^m^i^t^qvi^ tu^coi^rvis dans tes armoires appartient à celui qui est m. ,Ce$. ohai^fliui;^ qui pourriss^t chez toi sont le bien du pauvre déçh^J^r^»-* (S.Basil.» in illud: Desiruam horrea ». 1. 1 » p.,336-337v9éd.de Paris, 4658.)
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S. Basile exprime ainsi la môme pensée : < Ne dis pas : A qui faiaje tort en gardant ce qui m'appartient? car qu'y a-t-il qui t'appartienne? Tu fais comme un homme qui , entré au théâtre et s'étant bien placé, voudrait fermer la porte aux autres spectateurs et garder pour lui seul ce qui est à l'usage de tous. D y a des riches comme cela : ils se sont emparés les premiers de ce qui est commun, et, par droit d'occupation , ils en ont fait leur propriété. Si nul ne prenait pour soi que ce qu'U lui faut pour vivre , donnant aux pauvres le superfiu , il n'y aurait pas de riches, mais il n'y aurait pas dindigents. » f S. Basil., hom. in illtid : Destruam horrea , t. 4 , p. 335, édit. de Paris, 4658.)
(J«} Page 683.
Les Àpameii^ptuéiaieDl une branche d'Encratites qui, aux erreurs de cen!t*^ , ajoutaient h nécessité de renoncer aux biens de ce monde, et regardaient comme réprouvés tous ceux qui possédaient quelque chose ici*bas. Ils parurent dans la Qlicie et la Pamphilie, À la fin du II« siècie : c'étaient les précurseurs et les ancêtres des Albigeois. — Eusthate, moine du IV* siècle, condamnait le mariage et la famille , poussait la femme à quitter son mari, Tesclave à se révolter contre son maître, le fils à secouer le joug de son père, et déclarait qu'on ne pouvait se sauver sans un entier renoncement à toute propriété. Il fut condamné par le concile de Langres, en 570.
(£'< ) Page 583.
Voir, en particulier, ce que dit S. Basile du désespoir des colons (flbm. m diiii, temp, siccit.j t. i, p. 350). Ailleurs (Hom. in itlud : Destruam horrea, ih„ p. 352), il met en scène un p^e obligé , pour vivre, de vendre l'un de ses enfants. S. Ambroise s'écrie : c L'histoire de Naboth se renouvelle tous les jours.... Tous les jours d'autres Achab disputent au pauvre son petit champ et le chassent de l'héritage paternel. Achab ne meurt jamais , et tous les jours Naboth est sa victime, tous les jours le pauvre est immolé. » (S. Amb., de Naboth., c. i , t. 4 , p. 5S5.) Il cite, ainsi que S. Basile et S. Chrysostôme, des enfants vendus pour soulager la misère de leurs familles ( Amb.^ de Tobid F, § i9, t. i ; — Basil., loc, laudat. ; — Ghrys., in II ad Corinth. hom. 2i, n. 5), ou par l'ordre d'un cruel usurier pour la dette de leur père (id., de Tobid 4ii, n. iO, ii).
PI(f DIS NOTES DU TOME I.
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