‹ Saint Jean le Baptiste [microforme]Chapitre 6 sur 14 · VI PREDICATION DE JEAN · texte numérisé non relu

VI PREDICATION DE JEAN

Cet homme de Dieu, au visage pâle et amaigri- ‘ par les longs jeünes, se nourrissait uniquement de miel sauvage et de sauterelles sans jamais boire ni vigs ni autres liqueurs enivrantes. Selon l’ha-

bitude des personnes consacrées à Dieu, ses cheveux et sa barde n'avaient jamais été rasés. Pour vêtement, il portait une rude tunique faite de poil de chameaux serrée aux flancs par une ceinture de cuir.

Ecoutons-le prêcher. Sa parole dépourvue de tout apparat, mais chaude de zèle, suscita un tel émoi dans le pays, que les foules accouraient de Jérusalem et des lieux circonvoisins pour l’entendre. Jean parcourait alors les régions que traverse le Jourdain en criant: “Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.” (S.Math.III.2)

Les foules profondément remuées et converties détestaient leurs péchés et en signe de sincère repentir demandaient le baptême de la pénitence. L'exercice de ce rite lui valut un nom nouveau; on l’appela le Baptiste.

Il disait cependant à ceux qui se faisaient baptiser: “Je vous baptise dans l'eau; mais celui qui viendra après moi baptisera dans l’'Esprit-Saint ” c'est-à-dir:: je ne puis accomplir qu’un rite innefficace, mais Jésus, lui, donnera véritablement la grâce.

La renommée du prédicateur croissait de jour en jour. On savait par les Prophéties que le Messie devait être proche; aussi, en voyant la vie pénitente et sainte du Baptiste et les grandes conversions qu’elle opérait, plusieurs pensèrent qu'il pourrait bien être fui-même ce Messie attendu depuis des siècles.

Jean eut l'intuition qu’un doute naïssait sur l’indentité de sa personne; c'est pourquoi, rempli d’un saint zèle et d’une profonde humilité il disait à tous: “Moi, je vous baptise dans l’eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et dont je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure; lui, il vous baptisera dans l’'Esprit- Saint et le feu” (S.Luc,lIl.16): c'est-à-dire: il brulera avec le feu de l’amour tout ce qu’il y a encore de terrestre dans les âmes et d’incompatible avec

ec

14 SAINT JEAN le royaume de Dieu, qu'il veut instaurer en elles. Aux paroles de Jean, le peuple troublait, et

entourant le Baptiste lui demandait avec une ferveur croissante: Que devons-nous faire? Alors redoublant de zèle il criait d'une voix plus forte: “Faites tous pénitence!”

Pour répondre ensuite aux requêtes particulières, il exhortait les uns à vivre dans la justice et à accomplir fidèlement les devoirs de leur état.Il recommandait aux autres l'exercice des oeuvres de miséricorde et donnait à tous des avis salutaires let opportuns. II condamnait âprement l’avarice des Publicains qui extorquaient l'argent du peuple; aux soldats même, il demandait dvec instances desse tenir dans les limites du devoir et de fuir toute tromperie.

Or, un jour qu'il préchait ainsi, il vit s’avancer dans la foule un groupe composé de Pharisiens et de Saducéens. Le Saint Précurseur tournant vers eux des regards enflammés leur lança ces terribles’ paroles: “Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui -vrent?” (S.Luc.IlI.7)

On ne peut être qu'étonné de cette apostrophe de Jean.- Pour comprendre 1: ‘aison de cette sévérité, il faut savoir ce qu'étaient les Pharisiens et les Saducéens.

Les Pharisiens étaient des hypocrites qui, tout en se vantant d'être les plus exacts observateurs de la Loi, renfermaient dans leur coeur, en affichant: beaucoup de religion et de piété extérieures, le poison de l’orgueil et la fange de tous les vices.

Les Saducéens bien que nobles et riches, vivaient comme des païens et en avaient les moeurs corrompues. C’est pour ces motifs que Jean les appelle: race de vipères, car ils ne se présentaient pas sur les rives du Jourdain avec une âme desincérité, mais au contraire, avec des intentions perverses qui les rendaient sourds à toute exhortation au bien. C'est ce qui poussa Jean à démasquer ces infâmes hypocrites.

Ainsi interpellés, les, Pharisiens et les Saducéens crurent se disculper en se proclamant les descendants d’'Abraham.. Mais Jean leur fit comprendre qu'ils n'en avaient ni la foi ni les oeuvres. Toutefois, dans l'espoir de les gagner au bien il ajouta. “Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits, sera COUPÉ et jeté au feu.” (S.Luc,I 11.9)

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