Hieron., Prœfat. in quatuor Evang. ad Damas
ce blâme) de mépriser l'autorité des anciens, de rejeter ce que tout le monde avait admis, d'oser enfin corriger jusqu'aux paroles de Jésus-Christ telles qu'elles avaient passé traditionnellement dans la vénération des fidèles depuis l'origine du christianisme. Ces objections, que peut soulever toute innovation, n'arrêtèrentpas les gens sensés. Ils applaudirent à l'idée de Damase et firent bon accueil au travail de Jérôme. Augustin, dans un élan d'impartiale justice, en rendait grâce à Dieu, a L'ouvrage est excellent, écrivait-il, on reconnaît que le grec y est suivi pas à pas. S'il s'est glissé quelques fautes cà et là, il est vraiment déraisonnable de ne les pas pardonner, vu l'utilité de l'entreprise et le mérite incomparable de l'exécution ^ »
Après le Nouveau Testament, Damase voulut avoir de la môme main le psautier de David, d'un usage si fréquent dans FÉglise. La traduction dont on se servait en Occident avait été faite sur le texte grec des Septante; mais beaucoup d'éditions des Septante étaient incorrectes, et un grand nombre de fautes s'étaient glissées en outre dans l'interprétation latine-. Jérôme, pour son
1. Et si quœdam rarissima merito movent, quis tam durus est qui labori tam utili non facile ignoscat, cui vicem laudis referre non sufficit? Augustin., Ep. 10, ap. Hieron.
2. Longum est revolvere quanta Septuaginta de suo addiderint, quanta dimiserint quœ in exemplaribus Ecclesiœ, obelis astericisque distincta sunt... Et tamen jure Septuaginta editio obtinuit in Ecclesiis vel quia prima est et ante Gliristi facta adventum, vel quia ab Apostolis (in quibus tamen ab Hebraïco non discrepat) usurpata. Hieron., Ep. 34. — Septuaginta, quod nesciebant dubiis protulere sententiis. Id., in B.uf,, 1. II, — Saint Jérôme croit que les Septante ont caché volontairement les mystères de leur religion pour ne pas les livrer aux païens. « Conjicio noluisse tune temporis Septuaginta interprètes fidei suîb sacramenta perspicue Ethnicis prodere. » Ihid,