‹ Saint JéromeChapitre 109 sur 387 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

de versions que d'exemplaires. Les Évangiles y avaient été fréquemment intervertis et confondus, dans l'intention probable de les développer ou de les compléter les uns par les autres : chaque église, chaque fidèle même avait, — on peut ainsi le dire, — son Évangile à lui^ Un tel désordre, si grave en matière de foi, avait inspiré à Damase l'idée d'une nouvelle traduction soigneusement élaborée sur les meilleurs textes grecs et présentée à l'adoption de toutes les Églises de langue latine. Mais qui charger en Occident d'un pareil travail? L'arrivée de Jérôme offrait cette occasion inespérée. Familier avec les textes usités en Orient, l'ancien disciple de Grégoire de Nazianze révisa les traductions vulgaires sur l'original des quatre évangélistes, remit chaque partie à sa place, corrigea les non-sens ou les fautes, laissant le reste comme il était-. Il adressa le tout au pape Damase, avec l'addition de six canons ou tables de concordance qu'il tira d'Ammonius d'Alexandrie et d'Eusèbe de Gésarée^ Ge ne fut pas, à proprement parler, une œuvre d'érudition spéculative : fait pour l'utilité de l'Église, ce travail tout pratique rétablissait la pureté du texte sacré, sans que des habitudes séculaires fussent choquées ou trop brusquement rompues dans les choses indifférentes. De cette recension, achevée en 383, est sortie la version actuelle qui porte dans l'Église latine le nom de Vulgate.

Les contemporains ne l'acceptèrent pas sans critique d'un côté, sans une vive défense de l'autre. La critique reprochait à l'auteur (et l'inspirateur partageait avec lui

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