‹ Saint JéromeChapitre 12 sur 387 · Amni. Marc, xiv, (j · texte numérisé non relu

Amni. Marc, xiv, (j

dait pousser des cris plaintifs. « Siiis-je donc né chez les Cimmériens, disait-il en gémissant, pour qu'on m'inflige de pareilles tortures ^ ? » S'agissait-il d'assister à une chasse, que ses esclaves faisaient pour lui, ou de se transporter, pour quelque afî'aire indispensable, du lac Averne à Pouzzoles, ou à Gaëte, dans une gondole élégamment peinte, il se montrait tout étonné de luimême et ne tarissait pas sur le récit de ses fatigues : à l'entendre, il avait égalé les campagnes d'Alexandre et laissé loin derrière lui les expéditions de César - . En revanche, il pouvait passer le jour et la nuit à jouer aux dés. Quant à l'étude, elle lui inspirait autant d'horreur que le poison ; car, suivant le mot de l'historien à qui nous empruntons ces portraits contemporains, la bibliothèque d'un patricien était aussi hermétiquement fermée et aussi respectée qu'une tombée Quelques tirades de Juvénal sur les mœurs, quelques anecdotes de Suétone ou de Marius Maximus sur la vie privée des empereurs, composaient toute la littérature de ces anciens maîtres du monde, appelés encore à prononcer sur sa destinée.

Si le sénateur quitte son palais pour quelques visites d'apparat, pour se rendre à la curie, à l'amphithéâtre, aux boutiques du Forum , il faut que Rome en soit informée. On le hisse dans . un char d'une hauteur démesurée, afin que tout le monde le contemple à loisir, et là, renversé en arrière, dans une attitude nonchalante, il agite de la main gauche un pan de sa robe pour en faire remarquer la finesse et

i. Amni. Marc, xxviii, i.

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