‹ Saint JéromeChapitre 13 sur 387 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

l'éclata Les chevaux cependant frémissent sous des caparaçons d'or, les cochers sont armés de baguettes d'or en guise de fouet. La valetaille, accourue de tous côtés, est réunie au grand complet : esclaves, serviteurs libres, affranchis, aucun ne manque à l'appel, u pas même Sannio le bouffon, » comme disait la comédie antique: Le majordome, une verge dorée en main, les compte, les ordonne, les aligne, avec la dignité d'un centurion alignant ses manipules. En tête est la grosse infanterie, qui doit recevoir le choc et le donner, puis l'infanterie légère-, composée d'esclaves jeunes, élégants, richement habillés. Vient après le troupeau des eunuques aux faces blafardes: ils environnent le char, l'œil perpétuellement fixé sur le maître, dont ils épient le moindre mouvement. Les suppôts de la cuisine succèdent en bon ordre : cuisiniers, marmitons, rôtisseurs... reconnaissables à leur teint enfumé; enfin arrivent les porteurs d'eau, les balayeurs, la séquelle entière des gens gagés qui forment l' arrière-garde. On emprunterait au besoin les esclaves des maisons voisines, on enrégimenterait volontiers les passants pour grossir l'escorte, tant un patricien met d'orgueil à étaler autour de lui une nation de domestiques. Lorsque tout est prêt, la troupe s'ébranle : hommes et chevaux se précipitent de la même vitesse; Tavant-garde repousse et bouscule les citadins qui ne se rangent pas à temps, et les dalles noires des rues résonnent au loin sous le sabot des chevaux, a On dirait une irruption de barbares dans une ville prise d'assaut, » ajoute le contemporain qui nous fournit ces détails, et n'est autre que l'historien Ammien

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