‹ Saint JéromeChapitre 134 sur 387 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

drapé comme un mime. Cet homme venait l'apostroplier sur les places et ouvrir avec lui des discussions dans lesquelles il était censé le battre, puis courait raconter dans les maisons patriciennes les triomphes de son éloquence. « A qui en veut ce joli petit moine avec sa troupe de clercs aux cheveux bouclés? écrivait-il à un de ses amis. Pourquoi revient-il toujours à la charge pour se retirer couvert de mes crachats? Qu'a-t-il donc pour aller me déchirer entre les fuseaux et les corbeilles des jeunes filles, "et dénigrer la chasteté jusque dans la chambre à coucher des femmes ^? »

La réponse au livre d'Helvidius parut en l'année 383, probablement vers le milieu, et causa un grand émoi par des raisons que j'exposerai tout à l'heure. Quant à l'interprétation des passages empruntés aux évangélistes et à saint Paul, Jérôme, avec sa double connaissance des mœurs juives et des textes hébraïques, démontre victorieusement comment, au sein d'une même famille, les titres de frère et sœur étaient appliqués, dans le langage habituel des Juifs, aux collatéraux les plus proches; et à ce propos il fournit de curieux détails sur les diverses Maries qui figurent dans l'Évangile comme les fidèles compagnes du Christ durant sa passion, et qu'Helvidius se plaisait à confondre. Il tire aussi un merveilleux parti de cette scène sublime du Calvaire, où. Jésus, voyant du haut de la croix sa mère « abandonnée et veuve de lui-, )) la confie au disciple bien-aimé par ces touchantes paroles : « Femme, voilà votre filsî » — a Puis, ajoute l'évangéliste, il dit au disciple : « Voilà votre mère! » et depuis cette heure-là le disciple la prit chez lui. » —

Page 1