‹ Saint JéromeChapitre 133 sur 387 · Hieron., adv. Jovian. — Ambros., Ep · texte numérisé non relu

Hieron., adv. Jovian. — Ambros., Ep

2. Dicit virgines, vîduas et maritatas ejusdem esse meriti. Hieron., adv. Jovian.

de ce monde, comme si la création eût été l'œuvre d'un esprit malfaisant. Cette doctrine convenait fort à une grande partie du clergé romain, dont elle approuvait et sanctifiait en quelque sorte les dérèglements; par malheur pour Jovinien, il y mêla des propositions qu'aucun catholique, si tiède qu'il fût, ne pouvait accepter. Ainsi le moine apostat soutenait l'égalité des fautes comme terme corrélatif à l'égalité des mérites, principe stoïcien introduit jadis dans le christianisme par Montanus et anathématisé par l'Église. Il professait en outre l'impeccahilité de l'homme régénéré par le haptéme * : le chrétien, prétendait-il, né à une vie nouvelle et innocente, ne pouvait plus pécher par sa propre volonté, mais seulement par les suggestions du démon, doctrine perverse qui détruisait la responsabilité morale dans les actes humains.

L'énormité de ces dernières propositions effraya le clergé et le retint sur la pente où Jovinien l'entraînait; pourtant le reste de sa doctrine eut un effet immédiat sur les ecclésiastiques des derniers rangs et parmi les femmes affiliées à l'Église. Plus d'une diaconesse en prit texte pour se raffermir dans des habitudes contre lesquelles s'élevaient justement tant d'évêques et de conciles. Desvierges, désertant leurs couvents, se jetèrent à corps perdu dans le monde pour s'y marier ou faire pis-; la plupart, il est vrai, étaient vieilles et laides, si nous en croyons Jérôme, et elles ne rencontrèrent pas ce qu'elles cherchaient. Il nous signale parmi les ecclésiastiques zélateurs ardents de Jovinien un moine encore jeune, bien frisé, bien parfumé, chaussé à l'étroit et

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